Les aventures de Monsieur Hallux

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Il y avait une fois un orteil qui, bien qu’issu d’un milieu prolétaire, rêvait de rivaliser avec les plus grands danseurs et pour cela, il ne se promenait qu’avec des « Louboutin » se rendant le plus souvent possible dans les thés dansants et autres clubs huppés.

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Hélas même là, des souliers vernis mais qui confondaient slow et lambada le piétinaient allègrement.

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Il avait résisté de toutes ses forces  mais  devenu une bouillie infâme, il dut revêtir, à son grand regret, des charentaises, certes bien plus confortables mais si laides qu’il fut interdit d’entrée dans tous les dancings dignes de ce nom.

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Et c’est alors que, désespérant de trouver chaussure à son pied, il rencontra un « va nu pied » qui, au premier regard, lui fit un « clin d’ongle » qui en disait long sur l’aventure qui commençait

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A vous d’imaginer la suite.

L’histoire de « Petit Rrené »

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Le gros problème quand on écrit à l’aveuglette c’est de ne pas savoir où les mots vont nous conduire.

L’histoire que je suis en train d’écrire m’a été inspirée durant mon sommeil mais en me réveillant, il n’en restait pas grand-chose, si ce n’est,  un petit garçon africain à qui il arrivait toutes sortes d’aventures. Celles-ci s’étaient évanouies dès que j’ai ouvert les yeux il fallait donc tout inventer pour faire vivre cet enfant.

Je ne sais pas comment font les autres personnes qui écrivent sous l’impulsion du moment mais je sais que pour moi, il me suffit de me mettre devant une feuille et de laisser courir mon imagination pour que les premiers mots s’impriment sur ma page « word »

Malheureusement, il n’est pas toujours facile d’écrire « non stop » , surtout si les idées affluent  par saccades mais le problème c’est que quand on s’arrête, il peut arriver que la suite ne vienne pas ou plus et là, on se sent frustré car pourtant, l’histoire est là, au bord des lèvres.

Si quelqu’un me voyait, il penserait « mais elle est folle celle-là » et il aurait peut-être raison, car je me surprends, alors que j’épluche une patate, à courir vers mon clavier pour y écrire une idée venue de je ne sais où et dès que cette phrase est posée sur la feuille, le reste suit et la pomme de terre à beau crier « au secours » je ne retourne la déshabiller qu’une fois, lorsque mon esprit est à sec.

Voila donc la raison (dont tout le monde se fout) pour laquelle je n’ai presque pas posté d’articles  ces derniers temps car je suis occupée, et à concocter une nouvelle histoire, et à courir après les idées, et à les déposer en lieu sûr pour les retrouver.

Toutefois, j’aimerais bien savoir si ceux qui ont la démangeaison de l’écriture, ressentent la même chose que moi.

 

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Déjà onze pages d’écrites et je ne sais pas où cela va s’arrêter mais j’aimerais poser une question à celles et ceux qui, comme moi, ont des démangeaisons épistolaires :

-est ce pareil pour vous ?

-comment se manifeste votre talent ?

-que ressentez vous au moment de pondre vos œuvres magistrales ?

 

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J’ai vécu 6 ans en Afrique, en Côte d’Ivoire, de 1973 à 1979.

Mon mari avait, par le plus grand des hasards, trouvé du travail à Abidjan et c’est avec mes deux enfants âgés alors de 11 et 4 ans, que je l’ai rejoint.

Six années que je ne voudrais revivre pour rien au monde mais qui pourtant, dans ma vie, un tournant sans lequel je ne serais pas devenue ce que je suis.

Avec le temps, la douleur de cette expérience s’est estompée pour faire place à des souvenirs emprunts de beaucoup de douceur pour ce peuple que j’ai alors découvert, aimé, défendu et aussi admiré.

A ma façon, j’ai écrit poèmes et contes, transposition surement des émotions ressenties et aujourd’hui, je vous livre l’histoire de « Petit Rrené »

 

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Destins croisés

 

Quand on vit dans ce coin d’Afrique, il faut avoir le coeur sacrément bien accroché pour supporter cette fringale qui vous taraude du matin jusqu’au soir et du courage, « petit Rrené » en avait à revendre car cela faisait des années qu’il ne mangeait pas à sa faim et pourtant, il était toujours debout.

Ce matin, il s’était levé de bonne humeur et après s’être frotté les yeux pour y voir plus clair, décrotté le nez pour mieux respirer et gratté le derrière qui le démangeait encore plus que d’habitude, il avait décidé que ce jour là ne serait pas comme les autres.

Sans but précis, il déambulait dans les ruelles étroites se dirigeant vers la place du marché dont les poubelles, il le savait, regorgeraient de nourriture qui ferait son dimanche même si on n’était que mardi.

Lorgnant le soleil déjà très haut dans le ciel, il décida qu’il devait être au moins midi, heure propice aux recherches et aux trouvailles.

Tout en se rendant vers ce lieu de délices, il passait en revue sa petite vie qui avait assez mal commencé, avait continué sous les mêmes auspices en se jurant qu’un jour, tout cela changerait à son avantage.

Il se souvenait de l’arrivée des blancs qui, sous le prétexte de mettre de l‘ordre  là  où il n’y en avait pas,  avaient foutu un bazar pas possible.

Dans un premier temps, ils avaient voulu relever l’identité de chacun afin de donner une carte d’identité à tous mais comme ils posaient des questions dans une langue que personne ne comprenait mais que par ailleurs on savait  qu’il ne fallait pas décevoir les « grandes oreilles » sous aucun prétexte, on faisait de son mieux, sans trop se mouiller, pour répondre quelque chose.

Quand était arrivé son tour, il se trouvait devant un blanc assez ventru, une moustache imposante qu’il semblait mâchouiller et des yeux globuleux qui avaient l’air de vouloir tomber sur la table de bois, il avait demandé :

-Et toi, comment tu t’appelles ?

-Voui Missié

– ton nom ?

-Voui Missié

Ayant compris qu’il ne tirerait rien de ce petit abruti, il avait décidé qu’il s’appelait « René » et comme il roulait les « R » il en fallait au moins deux pour respecter la consonance de cette nouvelle identité .

René s’était donc de ce jour là appelé « Rrené » et il aimait bien ça.

Ensuite, d’autres questions avaient fusé du genre :

-Quel âge as-tu Rrené ?

-Voui Missié

-ouvre la bouche !

L’homme avait regardé ce qui se trouvait à  l’intérieur, il avait compté le nombre de dents puis avait consulté un carnet sur lequel étaient notées toutes les réponses à ses questions et content de lui, il avait décrété que « Rrené avait 8 ans.

Pour s’assurer qu’il ne s’était pas trompé, il avait mesuré le gamin mais là, il avait eu un petit problème car la taille ne correspondait pas du tout à l’âge qu’il lui  avait donné ;  en effet, en fonction du nombre de centimètres trouvés, (toujours d’après le carnet) Rrené n’avait pas plus de 6 ans.

Usant alors d’une logique implacable et après s’être gratté l’oreille, le blanc avait écrit sur la carte d’identité : 7 ans.

Fier de lui (on le serait à moins) il avait roté discrètement, caressé sa moustache et avait demandé à « Petit Rrené » de signer.

Pour ce faire, il lui avait trempé l’index dans l’encrier, l’avait légèrement essuyé  et il l’avait posé  sur la carte  le faisant rouler de droite à gauche,  dessinant de ce fait de belles circonvolutions violettes.

Petit Rrené, pour ne pas se salir davantage, avait sucé son doigt mais le goût qu’il en avait tiré ne lui avait pas vraiment plu.

Derrière lui, se tenait dans la file indienne, un copain qu’il connaissait bien et avec qui il jouait assez souvent mais il se demandait quel âge « grande oreille » lui donnerait car il avait au moins une tête de plus que lui alors qu’ils étaient nés la même année.

Ce que les blancs ne savaient pas, c’est qu’en fonction de l’ethnie à laquelle on appartenait, on était grand ou petit, l’âge ne faisant rien à l’affaire.

 

Un peu plus tard, on avait offert à tous ces galopins le droit d’aller apprendre à lire et à écrire le français, à compter sans oublier quelques leçons d’histoire dont une qui commençait par ces mots :« nos ancêtres les gaulois »

Le gamin avait donc entendu parler, des trois groupes de verbe, des hiboux qui prennent un « x » au pluriel  et aussi que 3 fois 3  font 9, l’apothéose étant qu’il était même possible  de savoir exactement où se croiseraient deux trains partis de deux endroits et vitesses différents, lorsqu’ils se rencontrent et aussi, encore plus fort, le problème des robinets qui fuient en  étant capable de déterminer la quantité d’eau perdue à la goutte près (et D-ieu sait si, en Afrique, la moindre goutte d’eau est sacrée).

Les années avaient passé, des bons points avaient été distribués aux meilleurs et des coups de règle sur les doigts  pour les autres.

Petit Rrené avait eu droit très souvent  à ce supplice qu’il n’aimait pas du tout et un jour, allez savoir pourquoi ? (un réflexe probablement) il avait retiré ses doigts juste au moment où la baguette allait s’abattre sur cette main martyrisée ;  la badine avait alors continué sa course et était arrivée à toute allure entre les jambes de l’instituteur le frappant violemment là où ça fait si mal.

Est-ce pour cela qu’il avait été exclu à vie de l’école du  savoir ?  on ne le lui avait pas dit mais tout idiot qu’il était, il avait quand même fait le rapprochement entre ceci et cela.

Il n’avait plus de père et mère  depuis fort longtemps mais par contre, oncles tantes et cousins foisonnaient dans sa petite vie, lui assurant le gîte et le couvert et lui apprenant les rudiments de ce que serait sa vie plus tard.

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Il aimait bien le sorcier du village qui, assis sous un grand arbre, racontait de belles histoires dont il fallait trouver tout seul le message car le vieil homme ne livrait aucun de ses secrets. Il profitait aussi de toutes ces années qui défilaient devant lui, pour observer les gamins groupés autour de lui car il savait qu’il lui faudrait, un jour, trouver son successeur, celui à qui il devrait transmettre toutes ses connaissances médicales et autres.

La vie au village était immuable, rythmée par les différentes saisons des pluies, au nombre de quatre : la saison des petites pluies, celle des grandes grandes pluies puis ensuite, les petites grandes pluies pour finir par les grandes petites pluies, chacune déterminant  les actions à entreprendre, labourage, semence, moisson, récolte.

 Pendant les périodes creuses, on fiançait, mariait, divorçait. En ce qui concerne les funérailles, on ne leur fixait aucune date précise, les laissant venir à leur guise, le plus tard possible. C’était alors l’occasion de se vêtir de boubous flamboyants, de beaucoup pleurer, de palabrer, honorant comme il se doit celui ou celle qui venait de disparaître et comme il fallait bien se remonter le moral comme on pouvait, on buvait aussi plus que de raison, Whisky, Ricard, Gin, et toutes les boissons apportées par les blancs venus en voyeurs visiter les villages de ceux dont ils rigolaient bien une fois partis. A tout cela s’ajoutait de l’alcool de riz fait maison et de la bière bien chaude et inutile de préciser que quelques heures plus tard, tout le monde était pompette, une  façon comme une autre d’oublier la peine ressentie par le départ de ceux qui ne reviendraient jamais.

Les enfants n’avaient, en principe, pas le droit de boire de l’alcool mais très vite, ils avaient compris qu’en attendant un peu, la surveillance exercée sur eux s’édulcorerait jusqu’à disparaître complètement, après quoi, les gamins se servaient copieusement de tous ces délices qui  étaient interdits.

Et puis un jour, petit Rrené en avait eu marre de cette vie bien rangée et il avait quitté le village sans rien dire à personne et était parti pour « la grande aventure », ce qui l’avait conduit à la ville la plus proche où il ne connaissait personne et c’est là que sa galère avait commencé car le village, c’est peut-être lassant mais on est assuré du gîte et du couvert alors que dans cette cité démesurée, ou personne ne connaît personne, c’est chacun pour soi.

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Il venait tout juste d’arriver au marché grouillant de monde et la faim le tenaillant plus que de coutume, il se dirigea droit vers la poubelle centrale (la mieux approvisionnée).

Dégageant délicatement les arêtes et têtes de poissons, puis les intestins de plusieurs poulets occis pour la vente du jour, il découvrit, encore enveloppé dans un sac de plastic, un demi sandwich dégoulinant de ketchup (ses préférés).

Il allait refermer le couvercle de ce super marché ambulant quand il aperçut un truc bizarre, une  de ces choses qu’il n’avait jamais vue.

 Se méfiant un peu au début, il sorti de sa cachette une pochette assez grande, avec fermeture éclair. Il décida alors d’aller se cacher pour ouvrir la boite à malice afin que personne ne lui vole son trésor.

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Bien installé dans le terrain vague, entouré de broussailles, de pierres et de bouses de vaches, il avait posé sur ses genoux son merveilleux trésor qu’il n’osait pas ouvrir. En effet, tout le temps qu’il ne savait pas ce qu’il contenait, il pouvait rêver aux choses les plus folles mais une fois que la zip aurait fait son ouvrage, que trouverait-il ?

Rien !  ça, ce n’était pas possible car il sentait bien, au toucher, que cette valisette contenait quelque chose, mais cela vaudrait-il le coup, s’il était pris sur le fait, d’être accusé de l’avoir volée alors qu’il l’avait seulement trouvée ?

De toutes façons, les grandes oreilles ne croyaient jamais ce qu’un noir leur racontait, sauf si c’était déjà marqué dans leur carnet magique, et encore !!!

Et comme par ailleurs ses mains n’écoutaient jamais ce que son esprit lui conseillait, il vit qu’il avait ouvert le sac à malice qui baillait aux corneilles.

En premier lieu, il trouva une sorte d’écharpe qui sentait très bon, les blancs se parfumaient toujours beaucoup et c’était tant mieux car au réveil, ils devaient avoir une odeur fade, un peu écoeurante.

Venait ensuite, un joli stylo tout en métal attaché à un carnet de cuir et ciselé d’arabesques en argent et comme Rrené avait retenu quelques leçons de lecture apprises voici bien longtemps déjà, il se promit de lire cela à tête reposée.

Au fond du sac, un gros portefeuille bourré de cachettes qui contenaient toutes quelque chose : dans l’une des photos, dans une autre des papiers divers, ailleurs encore, des billets et dans la dernière fermée par un bouton pression, des pièces comme il n’en avait jamais vues ; de toutes les formes, de toutes les couleurs, de tous les montants mais même si le gamin ne savait vraiment compter que jusqu’à 10 là, il en était sûr, il y avait une somme considérable.

Sur les billets, figuraient en toutes lettres la mention : « francs CFA » suivie de différents chiffres : 10-20-50-100 ce qui lui rappelait vaguement que 20 était plus grand que 10 et que cent dépassait tous les autres d’une bonne tête.

S’il avait pu, il serait bien retourné au village pour demander au sorcier, et le montant de sa fortune, et ce qu’il pouvait s’acheter avec tout cela mais le vieux, malgré sa sagesse légendaire, était bien capable de le saouler de mots débités à vive allure, rendant incompréhensible ce qu’il disait pendant qu’il lui subtiliserait l’argent et le portefeuille ne lui laissant même pas les photos.

Le mieux était donc de se fier à son intelligence ou a défaut, à son instinct et décider tout seul de ce qu’il convenait de faire, étant bien entendu qu’il était exclu de rendre quoi que ce soit à qui que ce soit.

Mais c’est alors qu’un autre problème surgit et pour lequel il devait trouver la solution au plus vite : s’il se présentait chez un commerçant et qu’il paie avec une infime partie de son trésor, celui-ci se demanderait où il avait eu cet argent, lui poserait des tas de question auxquelles il serait bien incapable de répondre et comme les blancs, il penserait que cette fortune était volée et par conséquent qu’il pouvait se l’approprier à son tour, ceci afin de débarrasser la société d’une petit voleur de bas étage.

Une seule solution s’imposait alors : faire la manche près de l’épicerie et si par chance, il récoltait quelques pièces, au vu de tous, il pourrait alors acheter de quoi se sustenter sans attirer l’attention pour autant, après quoi, on verrait bien.

Ce qui fut pensé fut fait et c’est ainsi qu’il put échanger les quelques pièces reçues en aumône contre un gros sandwich au poulet et un coca bien chaud mais qui pétillait encore.

La journée était maintenant bien avancée et la question était de savoir où aller dormir.

D’habitude il ne se posait pas la question mais comme il avait un trésor à protéger et éventuellement à défendre, il ne pouvait pas se permettre d’aller n’importe où. Après avoir passé en revue tous les endroits qu’il connaissait, il n’en restait qu’un qui avait sa préférence bien qu’il n’y soit jamais allé : l’église.

D-ieu, il en avait entendu parler mais on lui avait raconté tellement de choses contradictoires qu’il avait bien essayé de démêler le faux du vrai mais n’y étant pas arrivé, il avait décidé, comme pour tout ce qu’il ne comprenait pas, de ne plus s’en occuper mais là, il lui fallait quand même savoir où il allait mettre les pieds (et son trésor).

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En Afrique, les églises de villages  ne ressemblent pas du tout au sacré cœur de Montmartre, ce sont bien souvent des baraques en bois qui se fissurent de partout, des bancs et non des chaises, des bénitiers qui fuient de partout et des petites boites dans lesquelles on entre pour raconter sa vie (sans rien oublier) après quoi, le curé donne une punition pour tous les péchés commis et quand on sort de l’édifice, on peut  recommencer jusqu’à la prochaine confession.

Donc petit Rrené en avait conclu qu’on pouvait faire n’importe quoi tout le temps qu’on le racontait ensuite.

Le curé était un vieux bonhomme un peu voûté, myope depuis des lustres et qui  marchait en dodelinant  de la tête. L’enfant ne le connaissait pas vraiment mais il l’avait vu souvent parler aux adultes, caresser la tête des enfants, et surtout faire un signe cabalistique qui semblait vouloir dire : allez va ! je t’ai pardonné.

Il n’était pas installé depuis longtemps sur un des bancs du fond que le vieil homme s’approcha de lui :

-bonsoir petit, comment vas-tu ?

– ça va monsieur

-on ne dit pas monsieur mais « mon père »

-mais vous n’êtes pas mon papa

– non mais c’est quand même comme ça qu’on dit. Que veux-tu ? tu as des problèmes ?

-non, enfin si, au fond je ne sais pas c’est vous qui allez me le dire

-je t’écoute :

– voilà ! je ne sais pas où dormir

– et où dors-tu d’habitude ?

– ben ça dépend

– ça dépend de quoi ?

– de plein de trucs

Et tout à coup, il ne comprit pas pourquoi mais il sentit un irrépressible besoin de parler à ce grand père et de lui raconter son secret, alors, il parla.

Il avait tout raconté d’un trait. Il ne savait pas s’il avait été bien clair mais il se sentait mieux tout à coup comme si son secret qui, au départ pesait une tonne, avait diminué de moitié. Il n’osait pas regarder le vieillard qui, pour l’instant ne disait rien.

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-Ecoute petit, quand on trouve quelque chose d’aussi important que le sont des papiers, des photos et de l’argent, on doit tout faire pour retrouver le propriétaire

– ah ben ça non alors, je l’ai trouvé dans une poubelle et ce n’est pas moi qui l’y ai mis

– Mais D-ieu lui, a tout vu et c’est lui qui te demande de restituer tous ces documents à son propriétaire,

– D-ieu n’a rien vu du tout, vu qu’ il n’était pas auprès des poubelles à ce moment là

– Il y était, mais tu ne l’a pas vu

– comment vous le savez ?

– Parce que D-ieu est partout !

– donc en ce moment il est auprès de nous ?

– oui !

– alors qu’il le dise qu’il a tout vu !

– D-ieu ne nous parle pas à nous, il parle à notre conscience

– c’est qui celle-la ?

– une petite voix qui parfois te dit ce que tu dois faire et que tu n’écoutes pas toujours.

c’ est vrai que souvent, il entendait quelque chose lui parler et lui donner des conseils mais comme en général il n’aimait pas ce qu’il entendait, il faisait comme si il n’avait rien entendu.

-Ecoute, reprit le curé, tu vas d’abord aller te reposer et demain, quand tu te réveilleras, nous reparlerons de tout cela et essayerons de trouver la meilleure solution pour toi et pour ces gens qui doivent chercher leur bien tout en désespérant de le retrouver.

A vrai dire, il tombait de sommeil car des émotions pareilles, ça fatigue vraiment et il ne mit pas plus de cinq minutes pour s’endormir, son trésor bien caché sous sa chemise, retenu prisonnier par ses deux bras qui ne le lâchaient pas d’une semelle.

 

Tôt le lendemain matin, il se réveilla en pleine forme car il avait dormi comme un loir et son trésor était toujours là, c’est alors qu’il sentit l’odeur d’un bon café que le vieux curé avait préparé pour lui.

Dans la sacristie, la table était mise et trônaient, bien en vu, de belles tartines beurrées comme il n’en avait pas vues depuis longtemps.

-Approche gamin et vient manger.

Un peu inquiet de la suite, « petit  Rrené » décida que quoi qu’il arrive, il valait mieux avoir le ventre plein c’est pourquoi, il enfourna à la suite les unes des autres, toutes les tartines qui se trouvaient dans l’assiette, il but aussi d’un trait, le bol de café bien sucré et…. Il attendit.

-Alors ! as-tu réfléchi à ce que je t’ai dit questionna le prêtre ?

– non pas vraiment mais ce que j’ai trouvé est à moi !

– mais tu sais bien qu’en fouillant un peu, on risque de trouver des indices qui vont nous mettre sur les traces des propriétaires de toutes ces choses et là, tu diras quoi ?

-qu’on n’a qu’a pas regarder ce qui est écrit sur les papiers ! si vous voulez, on prend les billets et les pièces et je peux aller jeter de nouveau ce sac, dans la poubelle du marché ; comme ça, ça va ?

– non pas vraiment car ta conscience, elle, ne pense pas comme toi,  les consciences disent toujours la vérité.

-ah ! parce qu’on en a plusieurs maintenant ? 

– non mais toi et moi en avons une donc je sais ce que la mienne me dit.

– elle ne vous a jamais menti ?

-non jamais ! mais parfois elle m’a bien embêté et lorsque je ne l’ai pas écoutée, je m’en suis mordu les doigts

Portant ces doigts à sa bouche, il essaya cette technique mais à par la douleur qu’il ressentit, il n’était pas plus avancé.

-Alors qu’en penses tu de mon idée : on met tout ce que ce sac contient sur la table, on sépare l’argent du reste, et comme si nous étions des détectives, on voit si on a des traces des propriétaires et si on ne trouve rien, alors le tout sera à toi.

– la fin de la phrase plaisait beaucoup à « Petit Rrené » qui alors adressa une prière muette au D-ieu des aveugles, pour que celui-ci les aide dans leurs recherches.

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Le curé était un très brave homme qui comprenait fort bien le désir que  l’enfant  avait de garder ce qu’il  avait trouvé alors, lui aussi adressa une prière muette  à son D-ieu, lui demandant de subtiliser, l’espace d’un instant, à sa vue, les documents fournissant des preuves de leur appartenance, qu’au moins sa myopie serve à quelque chose de positif pour une fois, après quoi, il les étala sur la table mais avant de commencer ses recherches, il se posait une question : comment se pouvait il que quelqu’un ait pu jeter un sac contenant tant de choses ? Soit il s’agissait d’un voleur, auquel cas il aurait au moins pris l’argent avant de se séparer du reste, ou bien  c’était une vengeance à l’encontre de cette famille et là, ce sont les documents qui auraient dû disparaitre.

 

Etalées devant lui, des photos et le calepin. Sur les premières apparaissaient un joli bambin d’environ trois ans aux yeux bleus et aux cheveux blonds bouclés et une femme, sûrement la maman, très belle et semblant heureuse. Puis venait le calepin dont les pages étaient toutes recouvertes d’une écriture fine, élégante  et appliquée.

Des mots  avaient été jetés ça et là sans pour autant former des phrases compréhensibles, des dates aussi y figuraient, quelques nombres,  qui auraient pu être des numéros de téléphone mais pour le détective qu’il n’était pas, tout ceci ne semblait pas vouloir le mener bien loin alors, cherchant de l’aide là où il espérait ne pas en trouver, il murmura : Mon D-ieu, mon D-ieu êtes vous toujours à mes côtés ? et n’obtenant aucun signe, il en déduisit que D-ieu devait être occupé ailleurs.

« Petit Rrené » lui, avait essayé de  comptabiliser sa fortune mais voila ce qui  arrive quand, au lieu de s’appliquer à l’école, on baille aux corneilles, on est incapable de savoir combien on possède et comment savoir si celui qui comptera à votre place ne vous mentira pas  en énonçant une fausse somme dont vous êtes le détenteur. Il se rendait compte aussi que le fait d’être riche créait de gros problèmes qu’on n’avait pas quand on était pauvre comme Job ce qui ne voulait pas encore dire que sans rien, on n’était plus heureux qu’avec beaucoup  mais………………..

Les investigations premières étant pour l’instant dans l’impasse, l’homme et l’enfant firent une pause  devant un autre café agrémenté de « petits beurre » bien bons ma foi, chacun espérant que l’autre avait quelque chose à annoncer, mais devant ce silence assourdissant, les deux humains retournèrent à leurs pensées.

 

Le temps avait passé, les recherches pour retrouver les possesseurs des trésors de Petit Rrené étaient restées infructueuses. Il y avait bien eu cet article dans la presse, consultée à la bibliothèque nationale, qui relatait un terrible accident d’avion survenu des années auparavant et dans lequel de nombreuses personnes, dont des français, y avaient laissé la vie mais la piste s’était arrêtée là et au fond, Le père Grégoire n’avait pas voulu chercher plus loin, comme par exemple décortiquer les renseignements contenus dans les divers papiers placés dans une des poches du portefeuille car, il le pressentait, cette trouvaille était un petit clin d’œil de l’Eternel, pour donner une chance à Petit Rrené de sortir de sa misère.

Le gamin lui était toujours à la cure. Il aidait le curé dans ses petites tâches quotidiennes, et quand il  avait le temps, le prêtre réapprenait à l’enfant à lire et à écrire et ma foi, il était assez doué le petit quand il voulait bien s’en donner la peine.

Ils avaient fait un pacte tous les deux : la cagnotte resterait cachée tout le temps qu’aucun indice n’obligerait à la déterrer et plus tard, beaucoup plus tard, elle servirait à donner un petit coup de pouce au jeune garçon, quand celui-ci saurait ce qu’il voudrait faire de sa vie.

Petit Rrené avait accepté le deal et  constatait avec plaisir que c’était bien agréable de pouvoir faire confiance à quelqu’un . Et puis, il aimait bien l’église, ses odeurs d’encens, sa fraîcheur et aussi ce qui y rôdait de mystérieux. Par contre, avant d’enterrer le précieux magot, il avait subtilisé  l’écharpe qui sentait si bon, ainsi que la photo de la jolie blanche et parfois le soir, il la prenait  dans le creux de sa main et lui parlait comme à une amie et des fois  même….. elle lui répondait mais sa voix venait de si loin qu’il entendait mal ce qu’elle lui disait ; une fois il lui avait semblé ouïr un mot qui revenait sans cesse : file, ou bien phil, ou encore fils mais il n’était sûr de rien.

 

Le temps passait, « petit  Rrené grandissait », le curé vieillissait, la vie apportait de temps en temps son lot de surprises, de joie, de méprise ou de peine mais D-ieu devait sûrement veiller à ce que rien ne change afin que les humains sachent ce qu’ils avaient à faire, quand et comment le faire. L’Afrique sommeillait comme à son ordinaire.

 

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Lorsque Philippe émergea de son profond sommeil, il lui fallut quelques minutes pour comprendre  que tout ce qui avait peuplé sa nuit n’était qu’un rêve mais qui était donc ce « petit Rrené » ? qu’avait il à voir avec lui ? sa vie ? son destin ?

Comme à l’accoutumé, sa première pensée fut pour cette mère qu’il avait perdue alors qu’il était enfant, lors d’un crash  qui la ramenait en France, après un long séjour en Afrique et qui ne vivrait pas son succès de ce jour dont pourtant elle serait si fière.  Il l’avait attendue si longtemps cette maman adorée dont le visage s’était peu à peu estompé de sa mémoire. Plus tard il avait voulu entreprendre des recherches pour mieux comprendre ce qui était arrivé mais il n’avait abouti à rien, manquant de trop de détails et de preuves.

 

Au fond de lui, il savait pourtant que parfois, les rêves sont porteurs de messages, souvent déformés mais qui aident à découvrir pour mieux comprendre,  le sens qu’on doit donner à sa vie mais insouciance du moment ou paresse, peut-être même les deux, Philippe, le beau blond aux yeux bleus, le brillant commercial bientôt promu au poste d’adjoint du PDG décida de remettre à plus tard ses recherches.

Il sauta du lit et se prépara à vivre une des plus belles et prometteuses  journées de sa vie.

Pourtant, s’il avait su………

Mais ne dit-on pas que la chance frappe toujours deux fois ? Yaël

 

 

 

 

 

 

 

 

La vie, la mienne, la vôtre.

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La vie est une succession d’allers et retours dans l’essai, le doute, l’élan, et puis un jour, on a assez fait d’expériences pour se croire adulte et responsable.

Alors on s’arrête un peu, on réfléchit et on choisit, parmi toutes les possibilités offertes, son métier, ses amis, son chemin de vie et avec la nature qui est devenue la nôtre, on agit.

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Plus tard, beaucoup plus tard, quand le temps n’est plus aux expériences, on pose un regard sur son passé et on mesure le chemin parcouru avec ses courses folles, ses dérapages, ses victoires, ses défaites et on décide alors si on a réussi sa vie, ou dans sa vie où si encore, on a tout raté.

Il a été donné à chacun une vie, avec tous les outils pour la réussir, certains bien visibles, d’autres étaient à découvrir voire même à inventer et c’est en fonction des efforts que nous avons faits que nous sommes heureux du résultat ou non.

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Dans ce troisième âge, si attendu par certains et si redouté par d’autres, nous sommes les spectateurs de nos échecs et de notre réussite et c’est à nous de tirer les leçons de notre passage sur terre pour qu’ au prochain voyage, nous soyons mieux armés pour affronter les épreuves qui nous attendent.

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Je vais bientôt quitter cette terre et la leçon que j’ai tirée de ma vie passée est que ma conscience et mon âme ont été mes plus fidèles amies et parce que je les ai laissées me parler, elles m’ont toujours aidée à ne pas commettre l’irréparable.

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Ne mettez pas de côté ces deux joyaux indispensables à votre réussite, la vraie, celle qui fait de vous un être humain digne de ce nom. Yaël

Ce printemps qu’on oubliera pas. Stéphane Laporte

Des mots pleins de sens et de tendresse

Il écrit comme un Dieu, ce Stéphane Laporte. Le 20 juin dernier, il y allait de toute son énergie et de toutes ses pensées pour produire le texte qui suit, dans La Presse+, et qui résume à sa manière, le printemps déjà passé. Un texte profond qui décrit immensément bien le printemps unique et sans précédent, qui fut le nôtre.

C’est ce que je veux partager avec vous aujourd’hui…

CE PRINTEMPS QU’ON N’OUBLIERA PAS

C’est aujourd’hui que le printemps s’en va. À 17 h 44, il laisse sa place à l’été. Vous vous rappelez son arrivée, le 19 mars dernier ? Il y a une éternité. Nous n’étions pas là. Il nous a cherchés partout, le printemps. Dans les rues, dans le métro, sur les terrasses. Nous n’étions nulle part. Cachés. Confinés. Covidés. Il a trouvé le temps long. Il a quand même fait son travail de printemps. Tout seul. Comme un grand. Il a mis des feuilles dans les arbres. Du vert sur le gazon. Des fleurs aux maisons. Au soleil, des rayons. C’est un accessoiriste, le printemps. La scène était prête. La scène était belle. Il ne manquait que les artistes. C’est nous, ça. Enfermés dans nos loges. Morts de peur.

Il nous a attendus, le printemps. C’est les rôles inversés. D’habitude, c’est nous qui l’attendons, désespérément. Il a su ce que c’était d’attendre en ayant froid en dedans. Il a eu peur de nous perdre, le printemps. Assis sur son banc, à 1000 mètres de distance avec qui que ce soit. Les oiseaux venaient lui donner de nos nouvelles. Comme sur Twitter : « Ça ne va vraiment pas. Tellement de cas. Tellement de morts. La courbe ne cesse de monter et le moral de descendre. » Le printemps s’est beaucoup inquiété.

Il aurait pu s’en aller, en avril ou en mai. Se dire : on va oublier ça pour cette année. Ce n’est pas ici que l’on va s’amuser. Mais il est resté. En sachant que même si on le voyait de loin, du fond de nos demeures, ça nous faisait du bien de savoir qu’il était là. Comme un ami à notre chevet. Avec qui on ne fait rien, mais qu’on peut au moins regarder. Sentir sa présence, le temps d’un muguet.

Puis un jour, il a vu des enfants sortir de leur maison et se mettre à courir. Courir espacé, mais courir quand même. Ça l’a fait sourire de les voir jouer à la tag, sans jamais se toucher. Puis il a entendu des rires. De vrais rires dans les airs, pas des rires sortis de petits haut-parleurs. Ça provenait d’une cour arrière. Il est allé voir, et il a vu des amis ensemble. Une dizaine. Distancés, mais ensemble. Heureux d’être dehors, enfin. Émus de regarder le soleil se coucher. Avec eux. En vrai. Le printemps s’est dit qu’il n’était pas venu pour rien.

Un dimanche, il a vu les rues se remplir. Une marée humaine. Wow ! Ils ont trouvé le vaccin ? Ça ne se peut pas ! Pas déjà ! Le Canadien a gagné la Coupe Stanley ? Ça se peut encore moins. Ils vont trouver le vaccin avant. Alors quoi ? Un oiseau lui a expliqué le genou sur le cou. Ça l’a révolté. Il a mis un masque et est allé manifester. Le printemps est toujours du côté des opprimés. Le printemps est toujours du côté de la liberté.

Le printemps est en train de faire son sac. Il ne rapporte pas grand-chose. Il laisse tout à l’été. Tout ce qu’il a installé. Les fleurs, la chaleur et le ciel bleu. Peut-être que le monde pourra enfin en profiter.

Il rapporte deux branches de lilas et une photo de la baleine perdue, qu’il aurait aimé sauver. Il avait pourtant bien placé les étoiles pour la guider, mais elle n’a pas regardé. On ne regarde jamais assez les étoiles. Les vraies.

Avant de s’en aller, le printemps veut saluer la seule personne qu’il avait croisée à son arrivée. Vous savez, la vieille dame sur son balcon. Celle qui lui avait appris que nous étions en pleine pandémie. Il lui avait promis d’être toujours là quand elle ferait sa marche de santé. Il l’a été. C’est la vieille dame qui très vite ne l’était plus. Elle n’avait plus le droit de sortir. Pour sa santé.

Il arrive devant chez elle. Elle n’est pas sur son balcon. Il sonne. Personne ne répond. Elle est peut-être déjà sortie. Il fait tellement chaud aujourd’hui. L’été approche, et ça paraît. Il sonne encore, toujours rien. Et si elle faisait partie de tous ces gens qu’on ne reverra plus ? Tous ces gens pour qui ce fut le dernier printemps. Tous ces gens pour qui ça n’a pas bien été. Le printemps a de la pluie dans les yeux.

Il est presque 17 h 44, le printemps s’en va, déjà. Il n’a pas le choix. C’est la loi des saisons. Il aurait tant aimé la revoir. Et lui faire un câlin de loin. Lui dire d’être toujours là lorsqu’il reviendra.

Il prend ses deux branches de lilas, les dépose sur le seuil de la porte. Si elle revient, elle saura qu’il est venu. Et l’attendra.

Si elle ne revient pas, ses proches sauront que le printemps ne l’oublie pas. Que le printemps n’oubliera jamais toutes celles et tous ceux qui sont partis, avant lui.

Il est 17 h 44, l’été vient d’arriver. Il se demande où est le party. Est-ce un bal masqué ? Qui va lui expliquer que ça va être un peu plus tranquille, cette année, pour qu’au printemps prochain on puisse tous se retrouver ?

Un gamin est en train de lui parler :

« Durant le confinement, il n’y avait plus rien. Durant le déconfinement, il y a comme toutes les choses, mais à moitié. Il n’y a comme pas de festivals, mais les rues sont quand même toutes bloquées. On peut aller se baigner, mais il faut sortir de l’eau avant la deuxième vague. Tu comprends, l’été ?

— Moi, pourvu que je n’aie pas à être à deux mètres de mon drink, ça va bien aller !

— Excuse-moi, l’été, il faut que j’y aille, ma grand-mère vient d’arriver. »

L’enfant court vers sa grand-mère et s’arrête à quelques pieds :

« Qu’est-ce que tu as dans les mains, grand-maman ?

— Deux branches de lilas, c’est pour toi. »

Bon été !

Vieillir

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A ce texte trouvé sur un blog que j’affectionne particulièrement, j’ai eu envie d’ajouter mon petit grain de sel.

Mes « ajouts » sont en caractères épais en en italique Yaël

 

Trois gouttes de lumière…

LE 14 JUIN 2020 PAR NORMAND NANTELDANS RÉFLEXION

On n’a pas le choix, les années cumulent comme le lever et le coucher du soleil. Une grande roue qui tourne et qu’il nous faut accepter avec optimiste en se disant que beaucoup n’ont pas la chance de se rendre à un âge vénérable.

Aujourd’hui les trois gouttes de lumières sont consacrées à cette réflexion.

VIEILLIR

L’âge mûr c’est un cœur jeune, doublé d’un esprit mature, dans un corps qui a accumulé de l’expérience.

Vieillir c’est transformer graduellement la passion en compassion.

Plein de gens n’arrivent pas à 80 ans car pendant trop longtemps ils se sont battus pour rester à 40 ans.

Plein de gens n’arrivent pas à 80 ans car pendant trop longtemps ils ont malmené la vie qui leur a été donnée, la vivant dans l’excès de presque tout.

Passé le cap de la soixantaine, peu de choses paraissent absurdes.

Passé le cap de la soixantaine, beaucoup de choses paraissent absurdes

Les jeunes pensent que les vieux sont fous, les vieux pensent que les jeunes le sont. Dans les deux cas, il ne faut pas sauter aux conclusions.

Les jeunes pensent que les vieux n‘ont rien compris, les vieux pensent que les jeunes ne savent pas profiter de la vie, les deux ayant, selon eux, raison car les premiers n’ont pas le recul nécessaire pour juger et les seconds trop de mauvaise foi pour se souvenir de leurs folies.

Personne ne va plus vite que les années.

Les années ont toujours le même rythme qui est perçu différent selon que l’on est heureux ou malheureux, comblé ou dans l’attente.

Dans les yeux d’un jeune brille la flamme, dans les yeux d’un vieux brille la lumière.

La première s’appelant « désir » et la seconde «expérience»

L’initiative des jeunes vaut autant que l’expérience des vieux. Les deux ensembles font des miracles.

L’initiative des jeunes est nécessaire à l’expérience des vieux car ce sont les deux qui font exister le monde.

Derrière chaque adulte il y a un enfant. Devant chaque enfant il y a un adulte.

……………Même si parfois certains adultes restent toute leur vie des enfants et certains enfants ont bien du mal à devenir adultes.

Heureux celui qui a été jeune pendant sa jeunesse. Et sage, l’âge venu.

……………………Mais pour certains c’est le contraire qui se produit.

Pour vivre vieux et heureux, il faut accueillir notre vieillesse comme un couronnement.

Ce n’est que si nos choix ont été judicieux que nous pourrons accueillir notre vieillesse comme un couronnement

Émile Couture et Yaël

 

L’autre n’a sur nous que le pouvoir qu’on lui accorde

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Un jour Bouddha se fit insulter !

Ce jour là, dans la foule venue l’écouter se trouva un homme que le Bouddha exaspérait, à tel point qu’il finit par lui hurler des insultes et à l’issue de quoi, il s’en alla rouge de colère.

Longeant les rizières du village, sa colère s’apaisa et petit à petit, un profond sentiment de honte l’envahissait.
« Comment ai-je pu me comporter ainsi ? » Pensait-il. Il décida alors de revenir au village et de demander pardon à Bouddha pour lui avoir proféré des insultes.

Arrivant devant ce dernier, il se prosterna et demanda pardon pour la violence de ses propos.
Bouddha, débordant de compassion, le releva, lui expliquant qu’il n’avait rien à pardonner.
Etonné, l’homme rappela les injures proférées.

– « Que faites-vous si quelqu’un vous tend un objet dont vous n’avez pas usage, ou que vous ne voulez pas ? » lui demanda Bouddha.

– « Et bien, je ne le prends simplement pas » remarqua l’homme.

– « Que fait alors le donateur ? » s’enquiert Bouddha.

– « Ma foi, il garde son objet » répondit l’homme.

– « C’est sans doute pourquoi vous semblez souffrir des injures et des grossièretés que vous avez proférées. Quant à moi, rassurez-vous, je n’ai pas été accablé. Cette violence que vous donniez, il n’y avait personne pour la prendre » répondit le sage.

Auteur inconnu

 

REFLECHISSEZ AVANT DE DIRE « JE T’AIME »

QUESTIONNEMENT ET DROIT DE REPONSE

Nathalie Pirsoul

Aujourd’hui, ça fait 6 ans que je n’ai plus avalé un seul morceau d’animal mort.

Je n’oublierai jamais le jour où je suis tombée sur un reportage expliquant comment le jambon de parme était fait. C’était un reportage dit « positif », c’est-à-dire qu’il devait donner envie de le consommer. Ça n’avait rien à voir avec des images dures, mais l’une d’entre elles m’a retourné le cerveau à tout jamais. L’éleveur marquait d’un trait rouge les cochons prêts à être prochainement abattus. D’un coup de marqueur, l’humain se permettait d’inscrire la date de mort d’un autre être sentient, sur son propre corps. D’un simple trait, toute la vie de l’animal que je considérerai bientôt comme étant QUELQU’UN, prenait fin. Brutalement, inutilement. L’humain souriait, c’était la routine. Et c’était insoutenable.

Le soir même, je mangeais un steak, et je le vomissais. Il fût dès ce jour impossible pour moi de mettre ma conscience d’un côté et mon appétit de l’autre. D’énorme mangeuse de cette dite « viande », je passai à une alimentation végétale, du je m’en foutisme total envers la cause animale, je devins une consommatrice consciente et engagée, même si le veganisme n’arriva que 3ans après.

Quand vous me dites « je saurais jamais arrêter, j’aime trop la viande ! », j’aimerais tellement que vous sachiez à quel point j’ai pu l’aimer, et à quel point je l’ai arrêtée radicalement. Tout est possible si nous le faisons avec le cœur et l’esprit. Pensez aux animaux, nous ne sommes pas seuls sur cette Terre magnifique.
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DROIT DE REPONSE

bonjour, Fille de cuisinier et de mère cordon bleu et française de surcroît, j’ai adoré la cuisine française et je suis devenue moi-même bonne cuisinière jusqu’au jour où……..

Dans un premier temps, j’ai pris conscience de l’horreur des élevages et des abattoirs mais sans pour autant faire la liaison entre ce que je découvrais et mon appétit.

Je ne sais plus si j’ai lu quelque chose de spécial ou s’il s’agissait d’un jour comme les autres, mais voici que tout à coup, je réalise que la vie est un spectacle, que je me trouve dans un théâtre, bien assise dans un fauteuil moelleux, regardant le jeu de scène mais que celui-ci ne peut exister que s’il y a des spectateurs qui ont payé leur place.

Du même coup, je me rends compte que je fais partie de ceux qui savent et qui ne font rien, qui pensent que les coupables, ce sont les autres.

Le choc a été si violent que j’ai arrêté presque immédiatement la viande, ce qui était assez facile puisque déjà, je n’en mangeais pas beaucoup pour une tout autre raison.

Ce n’est que quelques temps après, que j’ai compris que ce que j’avais commencé à faire ne prenait tout son sens que si je continuais à retirer de mon existence tout acte que l’on commettrait en mon nom pour mon plaisir.

Le plus dur a été d’abord les fromages que j’adorais puis les oeufs sans lesquels je ne savais pas cuisiner sauces et gâteaux..

6 ans que je suis végétarienne, 4 ans de végétalisme et 3 ans de véganisme. J’ai 80 ans 1/2 et je suis si heureuse d’avoir pu changer mon existence avant le grand voyage.

Une vie m’a été confiée, je devais la modeler de façon à lui donner une apparence telle que celle que l’on attendait de moi, empreinte de réflexion et de compassion .
J’espère avoir réussi. Yaël

L’enfant oiseau

This boy’s name is Ganapathy. He belongs to a tribe called Siddhi. They stay in the forests near Yellapur , Uttara Kannada. He knows to talk to several birds in their language. The birds also respond to his call with utmost respect. A great talent. He is called the Mogli of Yellapur.

Traduction : Ce garçon s’appelle Ganapathy. Il appartient à la tribu appelée « Siddhi » demeurant dans la forêt près de Yellapur, Uttara Kannada.

Il sait parler dans le langage de plusieurs oiseaux qui lui répondent avec respect.

Un grand talent. Il est appelé le « Mogli de Yellapur »