Les zoos doivent fermer

 

Ours qui tourne en rond, gorille qui mange son vomi… Il est temps de fermer les zoos

LE PLUS. Après la cohue provoquée par le documentaire « Blackfish », une polémique enfle dans le sud de la France. Le zoo de Fréjus serait mal entretenu et manquerait aux soins des animaux. Est-il temps de fermer nos zoos et autres parcs animaliers ?

Pour Daphné Lacroix, ça ne fait aucun doute.

Imaginez ne pas pouvoir contrôler le moindre aspect de votre vie – quand vous mangez, ce que vous mangez, quand vous dormez, où vous pouvez aller ou encore avec qui vous fondez une famille.

C’est la réalité pour les animaux dans les zoos, qui sont transformés en objets d’exhibition vivants. Certains animaux de zoo sont maintenus dans des enclos beaucoup trop petits pour eux, tandis que d’autres sont obligés de se livrer à des tours dégradants.

Même dans les meilleurs zoos, dans les meilleures conditions, une vie de captivité n’est pas une vie pour les animaux sauvages.

Une cage ne remplacera jamais une forêt

Fréjus et les autres zoos en France ne peuvent pas remplacer les forêts luxuriantes d’Afrique et d’Indonésie pour les animaux sauvages emprisonnés à l’intérieur de leurs murs.

Dans la nature, ces animaux peuvent parcourir des centaines de kilomètres, chasser leurs proies, élever leurs enfants, explorer, jouer et jouir de relations sociales complexes. Dans les zoos, l’emprisonnement et le manque de stimulation se traduisent souvent par un comportement névrotique comme le balancement, l’automutilation ou le fait de faire les cents pas de manière incessante et de tourner en rond.

Les soigneurs donnent parfois aux animaux des antidépresseurs, des tranquillisants ou des médicaments antipsychotiques pour essayer de dissimuler leur détresse.

Vomi de gorille, ours polaire qui fait les cent pas

Les zoos prétendent éduquer les gens, mais les visiteurs quittent les zoos sans rien avoir appris de significatif sur les comportements naturels, l’intelligence ou la beauté des animaux.

Dans la nature, les gorilles ne mangent pas leur propre vomi et ne s’arrachent pas leurs poils de frustration. Les ours polaires libres ne font pas les cents pas d’avant en arrière en permanence sur le béton.

https://www.youtube.com/watch?v=fGWEKhvODNM

Le comportement typique des animaux en captivité, tels que les morsures aux barreaux, l’automutilation et le balancement, n’a jamais été vu parmi leurs congénères libres.

Avouons-le : nous n’irions pas dans une prison pour en savoir plus sur la société humaine authentique ; il n’y a donc aucun sens à observer les animaux emprisonnés dans le but d’en apprendre plus à leur sujet.

Un zoo n’agit pas sur la préservation des espèces

Aujourd’hui, nous avons des films IMAX et des chaînes de télévision entières dédiées à montrer des documentaires animaliers, qui servent d’excursions virtuelles et enseignent à des générations d’enfants les animaux sans les blesser. Nous n’avons plus aucune excuse pour garder des animaux sociaux intelligents incarcérés et leur refuser tout ce qui est naturel et important pour eux.

Les zoos tentent aussi de duper le public en mettant en avant la préservation des espèces et en lui faisant croire que le salut des espèces en voie de disparition réside dans l’entreposage d’animaux sensibles.

La vérité est que la plupart des espèces animales sélectionnées par les zoos ne sont pas en voie de disparition ni menacées, et la grande majorité des espèces de mammifères et d’oiseaux menacées n’est pas représentée du tout dans les zoos.

Des animaux tués faute de place

Les animaux nés dans les zoos ne sont rarement, voire jamais, réintroduits dans leurs habitats naturels. Pour les zoos, la reproduction et l’élevage d’animaux sont motivés par l’appât de clients qui déboursent à leurs portes, parce que les bébés attirent les visiteurs.

Ce que les visiteurs ne savent pas, c’est que l’élevage d’animaux dans les zoos n’est pas une pratique durable en raison du manque d’espace ainsi que du surplus qu’elle créée de non désirés, les animaux plus âgés.

On estime à environ 7.500 le nombre d’animaux en surplus dans les zoos européens.

Ces animaux sont destinés au commerce des animaux exotiques de compagnie, de cirque, ou constamment vendus à d’autres zoos ou tués. S’il n’y avait jamais eu le moindre doute sur le fait que les zoos ne servent à rien au-delà de l’incarcération d’animaux intelligents pour le profit, l’abattage de Marius, un girafon de 18 mois, qui a suscité l’indignation mondiale au début de l’année, a sûrement réglé la question.

Le Zoo de Copenhague a mis au monde Marius dans une vie de captivité, permettant à sa mère de donner naissance à son petit tout en sachant que le bébé serait « de trop » et « inutile » pour le programme de reproduction parce que ses gènes étaient trop communs.

Peu de réintroductions dans la nature

Alors que les zoos dépensent des millions pour exhiber des animaux en vitrine, les animaux sauvages continuent de subir la destruction de leur habitat et le braconnage.

Peu d’espèces élevées en captivité qui sont menacées d’extinction à l’état sauvage – dont les éléphants, les ours polaires, les gorilles, les tigres, les chimpanzés et les pandas – seront un jour relâchées dans leur milieu naturel pour renforcer les populations en baisse. La vérité est que peu de zoos sont en contact avec des programmes de réintroduction.

Beaucoup de zoos participent également à des projets de rénovation coûteux pour leurs espèces les plus populaires. Quand en 2007, la Société zoologique de Londres (ZSL) a dépensé 6,6 millions d’euros pour une nouvelle enceinte de gorille, le consultant en chef auprès du partenariat de l’ONU pour la survie des grands singes a déclaré :

« Cinq millions de livres pour trois gorilles quand les parcs nationaux voient ce nombre de tués tous les jours faute de certains véhicules Land Rover, d’hommes formés et de patrouilles anti-braconnage. Ça doit être très frustrant à voir pour le gardien d’un parc national. »

Boycottons les zoos

À partir du moment où ils naissent, les animaux dans les zoos sont destinés à mener une vie de misère à la merci de leurs ravisseurs humains. Le salut ultime pour les animaux en voie de disparition réside dans la protection de leurs habitats, pas dans un emprisonnement à vie dans un zoo.

Pour tous ceux qui se soucient réellement des animaux sauvages, vous pouvez les aider en refusant d’acheter un billet pour un zoo et donner cet argent à la place à des campagnes qui protègent réellement les animaux dans leur habitat naturel.

Source : L’OBS
Par Daphné Lacroix
chargée de campagne PETA France

Édité par Louise Auvitu Auteur parrainé par Aude Baron

Photo 1 : Un ours polaire dans le zoo de Nuremberg en Allemagne.(AFP/T. SCHAMBERGER)

Photo 2 : Marius, un girafon d’un an et demi, a été euthanasié et disséqué dans un zoo de Copenhague, le 9/02/14 (Sipa/ P. Hove Olesen)

Lydie*

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