Lourdes : les miracles des lecteurs

 

 

 

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Chère lectrice, cher lecteur,

Suite à ma lettre du 15 août sur Lourdes, des lecteurs de Santé Nature Innovation ont écrit sur mon site Internet qu’ils avaient personnellement été témoins de miracles. [1]

Immédiatement, d’autres leur ont répondu :

« Des processus mentaux purement matériels peuvent produire le même type d’expérience que ce que l’on rapporte comme étant mystiques. 

En fait, on peut les provoquer par différents moyens physiques et chimiques… 

Malheureusement, le spectacle du monde depuis l’invention mythique du judéo-christianisme et ce que j’ai lu dans la Bible ne m’assurent absolument pas qu’il existe un Dieu véritablement bon. 

Pour gouverner la nature, il faut la comprendre et, pour ce faire, l’étudier, l’observer, expérimenter et non la sacraliser. »

Les hostilités sont ouvertes !

D’un côté, les croyants qui font confiance à Notre-Dame. De l’autre, ceux qui croient à la toute puissance de « l’étude, l’observation et l’expérimentation scientifiques » qui nous permettront bientôt de « gouverner la Nature ».

Qu’en pensent les médecins ?

Il faut préciser que les miracles de Lourdes sont validés par des médecins laïcs qui n’adhèrent à aucune forme de croyance.

Le problème énorme de la médecine est qu’elle intervient sur un système ultra-complexe : l’être humain.

L’être humain est influencé par le climat, ce qu’il mange, sa spiritualité, son sommeil, les microbes, ses semblables…

Il y a tant de paramètres que, jamais, vous ne savez au juste ce qui explique quoi, quand vous prenez un cas individuel.

Il arrive que des personnes cancéreuses en phase terminale guérissent. C’est rare mais cela arrive. Une personne sur cent mille environ.

En pleine santé au milieu d’une épidémie de peste

Au milieu des pires épidémies, de nombreuses personnes, qui ne sont ni mieux nourries, ni mieux soignées que les autres, se portent comme des charmes.

Elles peuvent même en profiter pour créer les plus belles œuvres.

Je pense par exemple au grand architecte florentin Brunelleschi, né en 1377. Il construisit la plus grande et la plus belle coupole de l’univers, à la cathédrale de Florence, tandis que la peste éliminait la moitié de la population de la ville ! Partout, des cadavres jonchaient les rues !

L’épidémie de peste qui ravageait Florence au XVe siècle n’a pas empêché l’architecte Brunelleschi et ses ouvriers, manifestement au plus haut de leur forme, de construire la plus haute et la plus belle coupole de l’univers ! Brunelleschi a dû développer pour cela des modèles mathématiques d’une extrême complexité, dans une époque réputée pour son hostilité à la Science (au moment où la cathédrale fut inaugurée, on brûlait Jeanne d’Arc à Rouen !).

Mort d’une diarrhée dans un hôpital ultra-moderne

Réciproquement, à l’heure où nous disposons des plus puissants moyens préventifs et thérapeutiques,des antibiotiques et de la microchirurgie assistée par ordinateur, des personnes décèdent, jeunes, et en bonne santé, de grippes, de crises d’appendicite, de diarrhées !

Et je ne parle pas de toutes celles qui ont « tout pour être heureuses », nourriture, habits, loisirs, argent, activités sociales en tout genre, mais qui ne pensent qu’à se droguer, qu’à se mutiler, à s’auto-détruire – et la médecine n’y peut rien.

Pourquoi ?

La médecine impuissante devant des questions simplissimes

On veut croire que les choses sont simples.

Que nous sommes « sortis » de l’ombre, de l’ignorance médiévale, pour entrer dans l’âge glorieux de la Science et de la Connaissance, où tous les mystères seront expliqués.

On nous prouve d’ailleurs tous les jours, en nous montrant l’iPhone, le GPS et les écrans numériques, que cette science avance à pas de géants, que rien ne pourra plus arrêter le progrès, que nous serons bientôt éternels.

Et moi je demande à un médecin :

  • Pourquoi, parmi mes enfants, qui vivent sous le même toit et mangent la même chose, y en a-t-il deux qui sont enrhumés depuis une semaine, avec toux grasse et chandelle jaunes-vertes tandis que les autres n’ont rien du tout ?
  • Pourquoi, après avoir bu l’eau du même torrent de montagne, y en a-t-il un qui a la diarrhée et pas les autres ?
  • Pourquoi le deuxième a-t-il eu des verrues qui ont résisté à tout traitement médical, pour disparaître du jour au lendemain, sans n’avoir rien fait de spécial ?
  • Pourquoi le mal de tête du troisième disparaît-il avec 250 mg d’aspirine alors que celui du 4e résiste à l’imigrane (le nouveau médicament prétendument miracle contre les migraines) ?
  • Pourquoi une minorité d’enfants vaccinés contre la rougeole attrapent la rougeole ?

A ces simples questions, il n’y a aucune réponse, seulement des sourcils qui se lèvent, des regards dubitatifs, des raclements de gorge, des visages qui se détournent, des soupirs et des grognements :

« Ah, vous savez, c’est compliqué tout ça, la médecine n’est pas une science… »

Je veux bien.

Mais tout de même.

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