Faut-il manger les animaux – Jonathan Safran Foer

 

Gerard Baïle (FB)

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« Qu’elles soient prisonnières de cages de gestation ou de
petits enclos durant leur grossesse, quand elles accouchent –
ce que le secteur appelle la « mise bas » –, elles sont
immanquablement enfermées dans des cages tout aussi
étouffantes. D’après un ouvrier, il est nécessaire de
« tabasser sévèrement [les truies gestantes] pour les faire
entrer dans les cages parce qu’elles ne veulent pas y aller ».
Dans un autre élevage, un employé a rapporté qu’il était
normal de frapper les truies à coups de barre jusqu’au sang :
« Un type a fracassé le groin d’une truie, à tel point qu’elle a
fini par mourir de faim. »

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Les partisans de l’élevage porcin industriel affirment que la
cage de mise bas est nécessaire car il arrive parfois que les
truies écrasent leurs porcelets. La logique de cette affirmation
est quelque peu tordue, un peu comme si l’on disait que, pour
éviter les incendies de forêts, il suffisait d’abattre tous les
arbres.

La cage de mise bas, comme celle de gestation,
enferme la mère dans un espace si étroit qu’elle ne peut pas se
retourner. Parfois, elle est également attachée au plancher.

Ces pratiques, effectivement, l’empêchent d’écraser ses petits.

Faut-il vraiment s’étonner que lorsque les éleveurs ont sélectionné une truie pour sa« capacité maternelle », si son odorat n’est pas submergé parla puanteur de ses propres excréments liquéfiés sous elle, si elle a de la place pour savoir où sont ses porcelets, si elle peut se déplacer et ainsi s’allonger doucement, elle ne semble guère avoir de mal à éviter d’écraser ses petits Une étude menée par le Comité scientifique vétérinaire de la Commission européenne a montré que les porcs en cage présentaient des faiblesses osseuses, de plus grands risques de blessures aux pattes, des problèmes cardiovasculaires, des infections urinaires et une réduction de la masse musculaire si grave qu’elle affectait leur capacité à se coucher. Selon d’autres études, du fait d’un patrimoine génétique défectueux, du manque de mouvement et de la malnutrition, entre 10 et 40 % des porcs ne sont pas structurellement en bonne santé, souffrant de faiblesses
articulaires, de pattes arquées et de malformations des doigts.

National Hog Farmer, publication spécialisée du secteur, a
rapporté que 7 % des truies reproductrices mouraient
prématurément à cause du stress dû au confinement et de la
reproduction intensive – parfois, le taux de mortalité dépasse
15 %. Beaucoup de cochons deviennent fous du fait du
confinement et rongent nerveusement les barreaux de leurs
cages, tirent en permanence sur leurs biberons d’eau, ou
boivent de l’urine. D’autres affichent des comportements de
deuil que les scientifiques décrivent comme une « impuissance
acquise ».

 

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