L’amour des bêtes

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Gerard Baïle

La mort nous est due depuis la naissance.
C’est la douleur, la souffrance, toutes les douleurs, toutes les souffrances qu’il est impératif de bannir de cette existence.

Emile Zola,
Le Figaro, 24 mars 1896,

L’amour des bêtes

« Et voilà que j’ai fait un rêve, à l’appel que j’ai reçu de Rome, cette lettre suppliante d’un vieux soldat, qui me demande de venir au secours des bêtes.

Les bêtes n’ont pas encore de patrie. Il n’y a pas encore des chiens allemands, des chiens italiens et des chiens français. Il n’y a partout que des chiens qui souffrent quand on leur allonge des coups de canne.

Alors, est-ce qu’on ne pourrait pas, de nation à nation, commencer par tomber d’accord sur l’amour qu’on doit aux bêtes ?

De cet amour universel des bêtes, par dessus les frontières, peut-être en arriverait-on à l’universel amour des hommes.

Les chiens du monde entier devenus frères, caressés en tous lieux avec la même tendresse, traités selon le même code de justice, réalisant le peuple unique des libertaires, en dehors de l’idée guerroyante et fratricide de patrie, n’est-ce pas là le rêve d’un acheminement vers la cité du bonheur futur ?

Des chiens internationaux que tous les peuples pourraient aimer et protéger, en qui tous les peuples pourraient communier, ah! grand Dieu! le bel exemple, et comme il serait désirable que l’humanité se mît dès aujourd’hui à cette école, dans l’espoir de l’entendre se dire plus tard que de telles lois ne sont pas faites uniquement pour les chiens!

Et cela, simplement, au nom de la souffrance, pour tuer la souffrance, l’abominable souffrance dont vit la nature et que l’humanité devrait s’efforcer de réduire le plus possible, d’une lutte continue, la seule lutte à laquelle il serait sage de s’entêter.

Des lois qui empêcheraient les hommes d’être battus, qui leur assureraient le pain quotidien, qui les uniraient dans les vastes liens d’une société universelle de protection contre eux-mêmes, de façon que la paix régnât enfin sur la terre.

Et, comme pour les pauvres bêtes errantes, se mettre d’accord, tout modestement, à l’unique fin de ne pas recevoir des coups de canne et de moins souffrir. »

Emile Zola,
Le Figaro, 24 mars 1896,

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