Eloge du végétarisme

« décider du bien fondé de la nourriture animale, d’après les appétits pervertis générés par son adoption forcée, c’est faire du criminel le juge de sa propre cause : – c’est même pire, c’est consul­ter l’ivrogne invétéré sur la salubrité du cognac. »

Percy Bysshe Shelley,(1792-1822 Poète britannique)
Eloge du végétarisme,
Justification du végétalisme
« L’anatomie comparée nous enseigne que l’homme ressemble en tous points aux animaux frugivores, et en aucune façon aux carnivores ; il n’a ni griffe pour saisir sa proie, ni dents pointues spécifiques pour déchirer les fibres vivantes. Un mandarin de première classe, aux ongles longs de deux pouces, les trouverait probablement insuffisantes à eux seuls pour maintenir ne fût-ce qu’un lièvre. Après tous les subterfuges de la gloutonnerie, le taureau doit être dégradé en boeuf, et le bélier en mouton, au moyen d’une opération dénaturée et inhumaine, afin que les fibres ramollies offrent une moindre résistance à la nature rebelle. C’est seulement en attendrissant et en déguisant la chair morte par des préparations culi­naires, qu’on la rend susceptible d’être mas­tiquée et digérée ; que la vue de ses jus sanglants et de sa crudité horrible ne suscite pas une répulsion et un dégoût intolérables. Que l’avocat de la nourriture animale se force à tenter une expérience décisive quant à sa convenance : ainsi que le recommande Plutarque, qu’il déchire de ses dents un agneau vivant, plongeant sa tête dans ses organes vitaux, étanchant sa soif au sang qui ruisselle, puis, ayant accompli cet acte d’horreur, qu’il se retourne vers les irrésistibles instincts de la nature, s’élevant en jugement contre la chose, et qu’il dise : La nature m’a créé pour un tel travail. Alors, et seulement à ce moment, sera-t-il conséquent avec lui-même.
L’homme ne ressemble à aucun animal carnivore. Il n’y a point d’exception, à moins que l’homme n’en soit une, à la règle qui attribue aux animaux herbivores des colons celluleux.
L’orang-outang ressemble parfaitement à l’homme à la fois par la disposition et le nombre de ses dents. L’orang-outang est le plus anthropomorphe des singes, lesquels sont tous strictement frugivores. Il n’y a pas d’autre espèce d’animaux chez laquelle on retrouve cette analogie[1]. Chez beaucoup d’animaux frugivores, les canines sont plus pointues et spécifiques que celles de l’hom­me. La ressemblance aussi de l’estomac humain avec celui de l’orang-outang est plus grande qu’avec celui de tout autre animal.
Ses intestins sont aussi identiques à ceux des herbivores, qui présentent une plus grande surface d’absorption, et ont des colons simples et celluleux. Le caecum, bien que plus court, est plus grand que celui des carnivores; et même en ce domaine l’orang-outang conserve sa ressemblance habituelle.
La structure du corps humain est adaptée à un régime purement végétal, dans chacune de ses caractéristiques. Il est vrai que la répugnance à s’abstenir de nourriture animale chez ceux qui ont été longtemps habitués à son effet stimulant est si grande chez des personnes à l’esprit faible, qu’elle peut difficilement être surmontée; mais ce n’est pas, loin s’en faut, un argument en sa faveur. – Un agneau, qui avait été nourri quelque temps de viande par l’équipage d’un navire, refusa son régi­me naturel à la fin du voyage. Il y a de nombreux exemples de chevaux, de moutons, de boeufs et même de pigeons ramiers, à qui l’on a enseigné à vivre de chair, jusqu’à leur faire détester leur alimentation naturelle. Les jeunes enfants préfèrent à l’évidence les pâtisseries, les oranges, les pommes et d’autres fruits, à la chair des animaux ; jus­qu’à ce que, par suite de la dégradation pro­gressive des organes digestifs, le libre usage des légumes ait entraîné quelque temps de sérieux dérangements. Pendant quelque temps ai-je dit, car en aucun cas un changement de régime entre la nourriture animale et les spiritueux contre des légumes et de l’eau pure n’a manqué de revivifier le corps en rendant ses sécrétions plus douces et plus fluides, et de restituer à l’esprit sa gaieté et sa souplesse, – qualités qu’une personne sur cinquante possède dans le présent système ? On enseigne aussi difficilement aux enfants le goût des liqueurs fortes. Nous nous rappelons presque tous les grimaces provoquées par le premier verre de porto. L’instinct dépourvu de justification ne se trompe jamais ; mais décider du bien fondé de la nourriture animale, d’après les appétits pervertis générés par son adoption forcée, c’est faire du criminel le juge de sa propre cause : – c’est même pire, c’est consul­ter l’ivrogne invétéré sur la salubrité du cognac. »Percy Bysshe Shelley,
Eloge du végétarisme,

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