Psychologie du crime » Par Philippe Laporte

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Gerard Baïle

« L’expérience a mis en évidence le plaisir de dominer, même chez ceux de la part de qui on s’y attendait le moins. Mais il existe une seconde raison, au fond évidente, au développement du sadisme dans toute forme de domination institutionnelle.

Imaginez que pendant la Seconde Guerre Mondiale, vous ayez, en tant qu’officier allemand, été affecté contre votre volonté dans un camp d’extermination. Puisque vous n’avez pas le courage d’affronter le peloton d’exécution en désertant, voilà que votre fonction sociale devient celle de tuer des Juifs, des Roms, des communistes, des homosexuels, des asociaux et des dissidents .

Il vous est évidemment impossible d’assumer cette fonction dans l’indifférence. Comment vous justifier à vos propres yeux ? “Suis-je un être aussi abject ? ”, vous demandez-vous. Pour éviter cette idée, il n’existe qu’une issue psychologique : les êtres abjects sont vos victimes, ce qui justifie leur exécution.

 Plus vous les considèrerez comme haïssables, plus vous les dévaloriserez par des tortures et plus vous vous justifierez à vos propres yeux.

Un ami dentiste m’a raconté avoir été amené au cours de ses études à opérer des mâchoires de cadavres. La réaction de beaucoup d’étudiants était alors de manifester une cruauté apparemment gratuite à l’encontre du corps de ces malheureux qui venaient de trépasser, en leur crevant les yeux par exemple. Cela ne relève-t-il pas du même phénomène ?

Si l’on vous demandait de découper le corps de quelqu’un qui vient de mourir et envers qui vous n’éprouvez aucune animosité, pourriez-vous le faire sans la moindre gêne ? Ne serait-ce pas plus facile si ce corps était celui d’un être abject ? Puisque vous êtes en position de dominant, c’est le jeu que vous jouerez inconsciemment.

Vous êtes maintenant payé pour tuer deux cents cochons par jour. Au lieu de les faire descendre du camion sans leur faire mal, vous les ferez tomber de deux mètres de haut pour qu’ils se brisent les côtes, et comme cela ne suffira pas vous leur décocherez encore un coup de pied dans le ventre. Vous n’avez guère le choix : sinon c’est vous-même que vous considérerez comme abject.

On reproche souvent aux vivisecteurs leur cruauté “ gratuite ”. Non contents d’effectuer sur les animaux des tests et des opérations sans anesthésie, ils les manipulent parfois sadiquement, les laissant par exemple cruellement souffrir sur une table d’opération pendant leur repas . Ne trouvant pas d’explication à cette cruauté, certains sous-entendent volontiers que tout individu normalement constitué éviterait ces tortures inutiles et que le comportement de ceux-là prouve qu’ils sont des monstres.

 C’est ne pas comprendre qu’il s’agit pour eux de la seule issue psychologique à la cruauté qu’implique leur rôle social et que chacun de nous serait très fortement tenté d’adopter le même comportement dans une situation semblable.

Comment ne pas en conclure qu’à l’échelle de notre société il est utopique de vouloir mettre fin à ce type de sadisme sans renoncer à l’exploitation animale elle-même ? »

Philippe Laporte

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