Deux petits pains

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Chlomo, un juif rescapé de la Shoa, est récemment décédé. Il a passé toute la période de la Shoa dans le camp de concentration de Bergen-Belsen en Allemagne.

A l’époque, il n’y a là-bas que quelques dizaines de juifs mélangés à d’autres prisonniers de nationalités différentes. Un jour, les nazis arrivent dans le camp avec un camion rempli de petits pains chauds en disant :

– Que tout celui qui veut un pain fasse la queue !

Avant sa mort, Chlomo a expliqué que celui qui n’a pas vécu la Shoa ne peut pas comprendre ce qu’était la faim à cette époque. Ce n’était pas une faim d’un jour ou deux, d’une semaine ou deux, ou d’un mois ou deux. C’était une faim qui durait depuis des années, une telle faim que pour avoir un petit pain, vous seriez prêt à tout donner. Si on vous donnait le choix entre un million de dollars et un petit pain, vous preniez le pain sans hésiter une seconde !

En quelques instants, tout le monde se regroupe et fait la queue devant le camion, puis un officier SS sort une caisse et commence à distribuer un pain pour chacun. Chlomo attend son tour avec impatience, s’imaginant l’instant où il savourerait son pain. A un moment, il voit que la caisse se vide jusqu’à ce qu’il ne reste plus que 6 pains, alors qu’il est le sixième dans la file d’attente. Il commence à s’inquiéter et se dit :

– Et si je ne recevais rien ? Peut-être qu’avant moi, quelqu’un va en prendre un deuxième !

Le tour de Chlomo arrive. Il s’approche, et à son grand soulagement, l’officier lui donne le dernier petit pain, avant de sortir une autre caisse et de crier :

– A qui le tour ?

A ce moment-là, Chlomo a tellement faim qu’une idée lui vient en tête. Il se dit :

– Je vais essayer de repasser devant l’officier pour recevoir un deuxième pain. De toute façon, tout le monde se ressemble, il ne me reconnaîtra pas. Mais d’un autre côté, s’il s’en aperçoit, je suis un homme mort ! Mais tant pis, je vais quand même tenter ma chance.

Quelques instants plus tard, Chlomo se présente à nouveau devant l’officier SS qui lui donne un deuxième petit pain. Il n’arrive pas à en croire ses yeux : deux petits pains pour lui tout seul ! Il se sent alors comme un millionnaire…

Chlomo s’empresse de se mettre à l’écart pour manger son repas tranquillement. Mais alors qu’il s’apprête à manger, il sent une main qui se pose sur son épaule et entend la voix d’un prisonnier russe lui dire :

– Donne-moi ces pains tout de suite !

Chlomo est terrifié, mais il n’envisage pas une seconde d’obéir. Il lui dit :

– Pas question, ils sont à moi !

Le visage du prisonnier russe commence à devenir extrêmement menaçant :

– Donne-moi immédiatement ces pains, sinon…

Mais Chlomo ne cède pas :

– Jamais je ne te les donnerai ! Tu n’as qu’à faire la queue comme tout le monde !

A bout de nerfs, le russe fait appel à deux de ses amis et ensemble, ils commencent à le rouer de coups avec une violence terrible. Chlomo ne veut pas lâcher ses pains, mais le russe finit par les prendre de force. Complètement sonné, Chlomo reste au sol. Il lève les yeux vers le Ciel et crie :

– Maître du monde, pourquoi ? Pourquoi me fais-Tu vivre cela maintenant, alors que j’avais l’occasion de faire un vrai repas depuis des années ? Pourquoi ?

Puis, très affaibli par les coups qu’il vient de prendre, il finit par perdre connaissance. Quelques heures plus tard, il se réveille et découvre des cadavres partout autour de lui, y compris ceux du russe et de ses amis qui lui ont fait passer un sale quart d’heure. Chlomo finit par comprendre qu’en réalité, tous les pains étaient… empoisonnés !

Il lève alors une nouvelle fois les yeux vers le ciel en pleurant :

– Papa, merci ! Merci pour tous les coups que Tu m’as donnés car maintenant, je comprends qu’ils n’étaient là que pour mon bien !

Parfois, on reçoit des coups. Ce n’est pas agréable, mais soyons patients car plus tard, on se rendra compte à quel point ces coups étaient pour notre bien le plus total.

Rav Its’hak FANGER – © Torah-Box
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