« Il y a toujours pour moi cet aspect bouleversant de l’animal qui ne possède rien, sauf sa vie, que si souvent nous lui prenons. Il y a cette immense liberté de l’animal, enfermé certes dans les limites de son espèce, mais vivant sans plus sa réalité d’être, sans tout le faux que nous ajoutons à la sensation d’exister. c’est pourquoi la souffrance des animaux me touche à ce point. Comme la souffrance des enfants: j’y vois l’horreur toute particulière d’engager dans nos erreurs, dans nos folies, des êtres qui en sont totalement innocents .

Quand il nous arrive des coups durs, nous pouvons toujours nous dire que nous avons toujours notre intelligence pour nous tirer d’affaire, et c’est vrai, jusqu’à un certain point; nous pouvons toujours nous dire, et c’est aussi tristement vrai, que nous sommes en fait impliqués, que nous avons tous, jusqu’à un certain point, fait le mal ou l’avons laissé faire, ce qui est encore pire.

Tandis que répondre par la brutalité à la totale innocence de l’enfant ou de l’animal, qui ne comprend pas ce qui lui arrive, c’est un crime odieux. »

Marguerite Yourcenar
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