Les vétérinaires – 4ème partie

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Patrizia Muttoni

Chapitre 4 – TOXIC CROQUETTES
Dr Jutta Ziegler

CHAPITRE 4
POURQUOI, ABUSIVEMENT
VACCINÉE, LA CHATTE BETINA
NE PUT EN RÉCHAPPER

Sens et non-sens des vaccinations annuelles

QUAND Betina vient au monde dans une ferme, c’est une chatte
magnifique aux longs poils noirs, au bout des pattes blanches et au front
orné d’une étoile blanche.

C’est à l’âge de sept semaines que Betina arrive dans sa famille qui l’accueille avec tendresse. Les trois enfants en particulier sont ravis de la présence de l’adorable bébé chat avec lequel ils jouent en permanence.

Betina n’a pas le droit de sortir, c’est un pur félin de salon. Mais c’est sans importance, car les journées en famille sont bien remplies et suffisamment passionnantes.

Bien sûr, Betina est vermifugée et reçoit tous les vaccins possibles à neuf semaines, comme il se doit. Pour l’immunisation de base, le vétérinaire habituel procède à une vaccination combinée contre le typhus, le coryza et la chlamydiose, associée à un vaccin contre la leucose féline. La première immunisation contre la rage est également réalisée. Un rappel de l’ensemble de ces vaccins est prévu dans un délai de trois à quatre semaines. La vaccination
contre la PIF (péritonite infectieuse féline, qui ne touche que les chats) est
recommandée à une date ultérieure.

À la question inquiète de Madame G. qui se demande si tant de
vaccinations à la fois sont nécessaires et saines pour un pur chat
d’appartement, la réponse est lapidaire : « Si vous voulez vraiment
protéger votre chat contre toutes les maladies éventuelles, toutes sont
vitales. De nos jours, les vaccins sont bien tolérés et dépourvus
d’inconvénients. Et au cas où votre chat réussirait à sortir, on est paré
contre toutes les maladies possibles, y compris contre la rage, d’autant
qu’elle est aussi dangereuse pour l’homme. Mieux vaut donc jouer la
carte de la sécurité et vacciner contre toutes les maladies pour lesquelles
un vaccin existe, histoire de ne rien laisser au hasard. »

Madame G. se laisse convaincre et Betina reçoit tous les vaccins
recommandés. Elle se présente ponctuellement avec le chaton pour tous
les rappels et après un délai de deux mois, l’immunisation également en
deux injections contre la PIF est entreprise.

Entre-temps, Betina est régulièrement vermifugée, trois fois en tout. Madame G. apprend par le vétérinaire que, chez le chat, les vaccins ne font effet qu’un an et qu’elle devra venir chaque année pour les rappels. Très consciencieuse et ne
voulant commettre aucun erreur, elle note soigneusement chaque
échéance.

Betina se développe très bien, elle est stérilisée à six mois et,
les années qui suivent, elle reçoit les rappels prescrits. Tout va pour le
mieux et la belle Betina, aussi démonstrative que câline, procure
beaucoup de joie à sa famille.

Mais quand Betina atteint l’âge de six ans, Madame G. découvre,
quelques semaines après la séance de rappels annuels, une tuméfaction
dans son cou à l’endroit de l’injection. Très inquiète, elle la fait examiner
par le vétérinaire. Il la tranquillise en lui disant qu’il s’agit là d’une réaction
tout à fait normale au vaccin, qui peut parfois se produire et qu’on
appelle granulome post-vaccinal.

Au bout de quelques semaines, la tuméfaction prend l’aspect d’un nodule ferme, de la taille d’une noisette.

Sur le conseil de son vétérinaire qui ne parle plus de granulome bénin,
Madame G. fait faire un prélèvement qui est analysé en laboratoire. Le
diagnostic est accablant : Betina a un sarcome malin, c’est-à-dire un
cancer.

Le vétérinaire recommande de retirer chirurgicalement le sarcome
sans attendre, ce que Madame G. accepte, étant donné que Betina n’a
que six ans et a toujours été en excellente santé. Ses enfants aussi sont
pour l’opération puisque, selon le vétérinaire, c’est la seule chance de
sauver la chatte.

Après l’opération, Betina ne va pas très bien, chaque
mouvement la fait souffrir, si bien qu’elle reste toute la journée sans
bouger dans un coin. Elle n’a pas vraiment appétit non plus et perd
beaucoup de poids. Impossible de la déloger de son coin, rien n’y fait,
même pas ses friandises préférées.

Au bout d’un certain temps, Betina finit quand même par aller mieux.
Elle se rétablit à vue d’œil, se remet à bien manger et ronronne de plaisir
quand on la caresse. La famille G. est pleine d’espoir ; c’est un succès, le
cancer a manifestement été vaincu !

Malheureusement, non. Peu de jours après, Madame G. découvre un nouveau nodule sur Betina. Il est cette fois plus profond de quelques centimètres. La tumeur a repoussé !

Que faire ?

Le vétérinaire conseille une nouvelle opération. Mais Madame G., en
citoyenne Dieu merci responsable et non paralysée de respect devant le
« demi-dieu en blanc », ne se laisse pas convaincre une seconde fois. Elle
se met à faire des recherches sur Internet, dans les livres et fait le tour de
ses connaissances. Elle réalise rapidement plusieurs choses :

-Betina a reçu plusieurs vaccins, contre la rage et la leucose, avec adjuvant. Outre les adjuvants (solutions, émulsions ou mélanges physico-chimiques censés renforcer un vaccin), les vaccins en question contiennent comme
conservateur du thiomersal, un composé de mercure hautement toxique.
Un sarcome post-vaccinal survient à partir d’une inflammation
chronique à l’endroit de l’injection. Cette inflammation chronique est
intentionnelle et massivement renforcée par l’adjuvant. Le phénomène est
expressément souhaité dans le cas des vaccins dits inactivés, afin
d’accroître la réponse immunitaire. Les vaccins dits vivants n’ont pas
besoin de ces amplificateurs. L’inflammation chronique présente à
l’endroit de l’injection disparaît dans la plupart des cas, mais peut aussi
évoluer vers un sarcome, une tumeur cancéreuse. Les cellules
commencent à dégénérer, des cellules cancéreuses se formant à partir de
cellules conjonctives.

Malheureusement, il n’existe pas de vaccin contre la rage sans
adjuvant. La seule protection contre les sarcomes provoqués par le
vaccin contre la rage consiste à vacciner le plus rarement possible ou à ne
pas vacciner du tout, en particulier les purs chats d’appartement.

En ce qui concerne la leucose, le typhus et le coryza, il existe désormais des
produits sans adjuvant (Purevax, par exemple). Ces vaccins sont
toutefois un peu plus chers à l’achat que la version courante avec
adjuvant. De nombreux vétérinaires continuent d’affirmer que les
sarcomes post-vaccinaux seraient causés par des injections mal faites
(non pas sous la peau, mais dans la peau) ou par des impuretés présentes
au moment de l’injection. Ce qui revient à dire que le risque de sarcome
existerait lors de toute injection de médicament, ce qui n’est évidemment
pas le cas !

Au cours de ses recherches, Madame G. apprend aussi que le degré
de malignité des sarcomes est généralement élevé. Dans la région du cou
précisément, la probabilité est grande, en raison de l’accès difficile, que le
chirurgien ne puisse retirer l’ensemble du tissu tumoral. Le taux de
récidive croît en conséquence et la tumeur repousse plus vite. Il est
aujourd’hui recommandé, en raison de la fréquence des sarcomes,
d’injecter les vaccins avec adjuvant dans la patte, celle-ci pouvant être
amputée en cas de formation de sarcome. Il ne s’agit pas là d’une
mauvaise blague, mais de la triste réalité.

Madame G. ne fait pas opérer Betina une seconde fois. La famille
patiente quelques semaines de plus et refuse de la torturer davantage. La
tumeur atteint en peu de temps la taille d’une orange, si bien que la peau
tendue commence à se déchirer. Lorsqu’un liquide s’en écoule, la
famille G. se résout, le cœur lourd, à délivrer Betina.

Jamais le vétérinaire ne s’abaissera à reconnaître que le
développement du sarcome était dû aux vaccinations. Il continuera à s’en
tenir à son schéma consistant à vacciner régulièrement tous les ans tous
les chats – y compris d’appartement – contre la rage et la leucose. Il
persistera aussi à effectuer les rappels annuels de la combinaison contre
le typhus et le coryza.

Entre-temps, l’information concernant la dangerosité potentielle pour
nos animaux domestiques des vaccins avec adjuvant a circulé dans le
milieu vétérinaire. Et le fait que ces vaccins provoquent des sarcomes a
été depuis scientifiquement prouvé. Aucun doute ne subsiste plus. Mais
au lieu de réagir en fonction de ces connaissances et d’utiliser des vaccins
sans adjuvant, on continue joyeusement, dans la plupart des cabinets, à
administrer des vaccins avec adjuvant et à s’en tenir à des calendriers
vaccinaux complètement dépassés, c’est-à-dire avec rappels annuels.

Je dois malheureusement avouer, qu’il y a encore quelques années, je
procédais moi aussi à des rappels annuels. Moi aussi, durant des années,
j’ai pris pour argent comptant les fausses informations délivrées par
l’industrie pharmaceutique. Je ne fais pas exception. Aujourd’hui, je me
reproche de ne m’être pas tournée plus tôt vers des sources
d’information indépendantes. Pour ma défense, je suis néanmoins en
mesure de prouver que je n’ai jamais vacciné contre la rage et la leucose
de purs chats d’appartement.

Il va sans dire que la famille G. fut franchement choquée de réaliser
que leur Betina avait été la victime docile de l’ignorance vétérinaire.

Maintenant, quelle fut l’erreur, d’un point de vue vétérinaire, dans le
cas de Betina ? Qu’était-il possible d’éviter ?

Une première chose : vacciner un authentique chat d’appartement contre la rage est vraiment une pure bêtise à visées exclusivement mercantiles. En effet, à combien estimez-vous la probabilité de croiser un renard enragé dans votre
appartement ? Il se trouve en outre que l’Allemagne et l’Autriche, par
exemple, sont indemnes de la rage (rage du renard) depuis des années,
tout comme la France. La vaccination contre la rage n’est nécessaire que
pour les chiens et les chats qui voyagent à l’étranger et il existe à cet effet
des vaccins valides trois ans (Ordonnance européenne 998/2003), même
si la protection persiste bien au-delà. En ce qui concerne l’immunisation
de base, il suffit de pratiquer une seule injection et non pas deux comme
ce fut le cas pour Betina, à l’image de ce qui se passe d’ordinaire dans
les cabinets vétérinaires, malheureusement.

Un pur chat d’appartement n’a pas besoin non plus d’être vacciné
contre la leucose. Le virus de la leucose féline ne se transmet que d’un
individu à l’autre et ne tombe pas du ciel, pas plus qu’il ne s’attrape
parce qu’un oiseau s’est posé sur la balustrade du balcon ou sur la
terrasse. On ne peut pas non plus rapporter le virus sous ses chaussures
à la maison, comme cela peut se produire pour le typhus.

Regardons maintenant ensemble les différentes maladies du chat
contre lesquelles la vaccination est pratiquée de manière routinière.

Leucose : virus de la leucose féline (FeLV)
La leucose féline prend différentes formes de leucémie. Il s’agit d’une
maladie cancéreuse du tissu lymphatique qui se manifeste dans un premier
temps par une sensibilité accrue aux infections. Seuls devraient être
vaccinés les chatons de moins d’un an qui ont le droit de sortir, et cela
uniquement après un test sanguin ayant révélé que l’animal est indemne
du virus. La leucose est surtout dangereuse pour les jeunes animaux ; plus
ils grandissent, plus leur résistance contre une infection par la leucose
s’accroît.
Selon le professeur Ronald Schultz qui compte parmi les spécialistes
de l’immunologie vétérinaire les plus connus et les plus éminents au
monde (Université du Wisconsin, États-Unis), quatre-vingt-dix pour cent
des chatons sont infectés avant l’âge de trois semaines. À l’âge d’un an,
le taux d’infection durable est inférieur à quinze pour cent. Plus un chat
grandit, plus son système immunitaire est capable de se défendre en cas
de contamination. L’immunité acquise par l’animal lui-même est bien plus
efficace que celle induite par la vaccination. D’autre part, un chat même
vacciné peut contracter la maladie, car en cas de contact permanent avec
des animaux excrétant le virus, la vaccination même régulière ne protège
pas.
Il n’existe pas d’études scientifiques portant sur la durée de la
protection par le vaccin. Les recommandations des laboratoires
pharmaceutiques sont donc purement arbitraires et dépourvues de
fondement scientifique. On peut supposer que la protection vaccinale
persiste bien au-delà d’un an. En considérant la capacité des chats de
plus d’un an à se défendre contre le virus de la leucose, on peut
s’interroger sur le sens du rappel annuel. Le risque de développer un
sarcome post-vaccinal est en l’occurrence bien supérieur à celui d’être
contaminé. Dans le cas de Betina, son système immunitaire a de surcroît
été affaibli par les inutiles rappels annuels contre le typhus et le coryza.

Typhus
Le typhus est une affection virale qui s’accompagne d’une baisse radicale
du nombre de globules blancs. C’est le tube digestif du chat qui est
principalement touché. Lorsque la maladie se déclare, elle prend la forme
de violents vomissements et de diarrhées. Chez le chaton, elle peut être
fatale en très peu de temps. Tous les chatons devraient être vaccinés, y
compris les chats d’appartement, puisque l’homme peut rapporter l’agent
pathogène à la maison.
La protection par le vaccin est bonne et se maintient bien au-delà
d’un an. Les scientifiques Scott et Geissinger ont montré dans leurs
études portant sur la durée de l’immunité qu’après deux injections, les
chats sont protégés pendant au moins sept ans et demi, les tests s’étant
arrêtés là. D’éminents experts américains pensent même que la
vaccination procure une protection à vie. Un rappel annuel n’est donc
pas nécessaire. D’inutiles vaccinations contre le typhus ne font
qu’exposer les chats aux risques d’effets secondaires sans augmenter leur
protection.

D’autre part, réaliser un dosage sanguin des anticorps ne sert
à rien dans la mesure où la valeur du dosage ne renseigne pas sur la
protection vaccinale. Un taux d’anticorps même très faible peut garantir
une protection suffisante. Pour justifier les recommandations consistant en
des rappels fréquents, le plus souvent annuels, les fabricants de vaccins
se sont appuyés sur des dosages, puis ils ont arrêté de manière purement
arbitraire la valeur en deçà de laquelle la protection vaccinale est censée
avoir disparu.

Pourtant, selon une étude menée par Michael R. Lappin
(Professor of Small Animal Medicine, Colorado State University, 2002),
la valeur du dosage mesuré n’est pas révélatrice de cette protection
vaccinale. Des tests de résistance ont montré que des taux à peine
détectables assuraient quand même une protection aux chats concernés.
Les cellules dites mémoire jouent ici un rôle déterminant : elles sont
capables de reconnaître les virus des années plus tard et d’entrer en
action en cas de contamination. Ces cellules mémoire sont produites au
moment de la vaccination, de la même manière que les anticorps, mais ne
sont pas détectables par des techniques de laboratoire. Ceci vaut
d’ailleurs pour toutes les vaccinations. Les dosages n’ont donc de sens
que s’il s’agit de déterminer si les anticorps maternels sont encore
présents chez le chiot ou le chaton, ce qui permet de fixer une date de
vaccination optimale.
La prolongation à trois ans récemment proposée par certaines
« commissions permanentes » officielles est, comme les rappels annuels,
complètement arbitraire. Les études portant sur la durée de l’immunité
réalisées par Scott et d’autres chercheurs démontrent qu’elle n’est pas
nécessaire. L’immunisation de base en deux injections est amplement
suffisante.

Coryza
Le complexe vaccinal comprend le plus souvent plusieurs composants :
virus herpès, calicivirus, bactéries bordetella et chlamydias. Les vaccins
contre le coryza ne démontrent pas d’efficacité particulière, surtout
contre les calicivirus en constante évolution. Si la vaccination s’avère
indispensable (cas des refuges en particulier), une immunisation de base
consistant en deux vaccinations partielles suffit alors. Concernant le
calicivirus, les chercheurs partent du principe que la vaccination favorise
des souches particulièrement agressives, ce qui expliquerait la soudaine
incidence disproportionnée de cette maladie dans les années quatrevingt-dix.
La meilleure protection dans les refuges reste l’hygiène, une
bonne aération et un nombre d’animaux aussi restreint que possible. Par
ailleurs, les animaux vaccinés peuvent eux aussi attraper le coryza.
Comme dans le cas de la vaccination contre la grippe chez l’homme, cela
s’explique par l’évolution constante des virus.

PIF (péritonite infectieuse féline)
La péritonite infectieuse féline est une inflammation du péritoine (la
membrane qui tapisse l’abdomen et les viscères) causée par des
coronavirus mutants. Les chats atteints ont de la fièvre, maigrissent
beaucoup et présentent une ascite (accumulation de liquide dans
l’abdomen). La maladie est presque toujours mortelle. Le vecteur est un
coronavirus dont tous les chats ou presque sont porteurs, mais qui ne
devient dangereux et ne peut provoquer les symptômes de la PIF
qu’après mutation (modification génétique). Les chatons s’infectent à
l’âge de quatre à six semaines, principalement au contact de leur mère.
La plupart du temps, l’infection a une évolution bénigne ; cependant des
mutants du virus se développent parfois avec une issue le plus souvent
mortelle. En l’absence de preuve de son efficacité, la vaccination est à
déconseiller ; les vaccins sont même soupçonnés de favoriser le
déclenchement de la maladie. Étant donné que tous les chats ou presque
(50 à 100 % en fonction des conditions de vie) sont déjà infectés par le
coronavirus, la vaccination n’a de toute façon aucun sens. Même chez les
chats indemnes du coronavirus, la protection est incertaine comme l’ont
montré des études allemandes menées dans des refuges. Parmi vingt
chats vaccinés, douze sont tombés malades, contre dix parmi vingt autres
animaux non vaccinés.
En résumé, nous arrivons à la conclusion que notre Betina a bel et
bien été vaccinée à mort. Combien de fois, ces derniers temps, ai-je
abordé des confrères pour savoir si leurs habitudes vaccinales avaient
changé depuis qu’ont été rendues publiques les données concernant les
sarcomes post-vaccinaux et les preuves relatives aux durées de
protection bien supérieures à un an. Difficile de le croire, pourtant
presque tous ceux à qui j’ai posé la question directement continuent de
vacciner comme avant ! Un petit nombre est quand même passé aux
vaccins sans adjuvant. Les confrères continuent de se référer aux notices
des fabricants de vaccins, selon lesquelles il n’existe pas d’homologations
pluriannuelles pour les vaccins. Ce n’est pas tout à fait vrai puisque le
Purevax par exemple, un vaccin sans adjuvant pour chat contre le typhus
et le coryza, est homologué pour trois ans partout en Europe.
L’association de vétérinaires allemande BPT (Bundesverband
Praktizieren der Tieràrztee.V.) recommande depuis peu de faire vacciner
son animal tous les trois ans contre le typhus et tous les deux ans contre
le coryza. Ces chiffres sont eux aussi arbitraires, mais ils constituent tout
de même un progrès par rapport aux vaccinations ou mises à jour
annuelles recommandées auparavant.

Comment expliquer ces divergences d’opinion sur la durée
d’efficacité de divers vaccins ? Toute vaccination va de pair avec un
dosage des anticorps. Le niveau que le taux d’anticorps doit atteindre
pour offrir une protection suffisante a été fixé unilatéralement par les
entreprises pharmaceutiques. Plus ce niveau est fixé haut, plus la
vaccination est nécessaire. Le fait que le dosage vaccinal ne révèle rien
ou pas grand-chose sur la réponse immunitaire d’un individu, mais
permette uniquement de savoir s’il a ou non été vacciné, cadre mal dans
les plans d’entreprises pharmaceutiques cherchant à réaliser des
bénéfices. La vaccination entraîne la formation de cellules dites mémoire
qui, bien que non détectables, jouent un rôle essentiel dans la réponse
immunitaire. Leur mémoire persiste et elles sont capables d’entrer en
action plusieurs dizaines d’année plus tard. Pensons aux vaccinations
effectuées une ou deux fois chez nous humains et qui n’en restent pas
moins efficaces à vie. Pourquoi en irait-il autrement chez les chiens et les
chats ?
Ces éléments expliquent pourquoi on peut en arriver à des
interprétations si différentes.

Mais revenons à mes confrères : de l’ignorance complète au rejet des connaissances les plus récentes, en passant par des comportements agressifs face à toute critique (confraternelle !), la palette des réactions est large et je les ai toutes rencontrées. Il m’est facile d’imaginer comment ces vétérinaires se
comportent avec les propriétaires d’animaux abordant avec eux la
question des vaccinations et les problèmes associés. Certains d’entre eux
me le racontent quand ils changent de vétérinaire et trouvent le chemin qui
mène à mon cabinet.
Pourquoi en est-il ainsi ? Comme c’est si souvent le cas, l’aspect
économique occupe le devant de la scène. « Je n’ai plus qu’à mettre la
clé sous la porte si je ne vaccine plus que tous les trois ans et si je me
contente des vaccinations de base. Les vaccinations sont la plus grosse
part de mon gagne-pain. »

Voilà ce que m’a récemment dit un confrère d’un certain âge. Cher confrère ! Que vous dire, sinon que si la vaccination annuelle est votre principale source de revenu, c’est sûrement que quelque chose est allé de travers dans votre cabinet.

Avons-nous le droit, nous vétérinaires, même en laissant de côté les
questions de morale et d’éthique, d’effectuer des vaccinations inutiles qui
peuvent même parfois s’avérer fatales (vaccin avec adjuvant), alors que
nous sommes parfaitement au courant des risques ? Cela revient, par pur
intérêt financier, à accepter en toute connaissance de cause le risque de
porter préjudice aux animaux qui nous sont confiés et dont la protection
nous incombe.

Que l’on ne vienne pas me raconter, pour justifier les
rappels annuels, que l’on se fie aux vieux schémas vaccinaux préconisés
par l’industrie pharmaceutique pour le seul bien des animaux !
Il n’est pas difficile de persuader un propriétaire qu’il fait courir un
danger à son animal s’il ne le fait pas vacciner régulièrement avec une
formule du genre : « Si votre chien/chat tombe malade faute de protection
vaccinale suffisante, vous serez le seul responsable. » C’est tout
simplement déloyal, tant à l’égard du propriétaire que de son animal. Un
pur business de la peur et de la mauvaise conscience !

Dans le cas qui nous occupe, celui de la chatte Betina, il est
incontestable que la vaccination est en lien direct avec son cancer. Les
cas de ce type ne sont malheureusement pas si rares. Selon les
estimations du docteur Martin Kessler, spécialiste du cancer chez les
animaux domestiques, la fréquence de développement d’un sarcome
post-vaccinal chez les chats de huit ans et plus est de un cas pour mille. Il
existe de nombreux autres effets secondaires dans le cas desquels le
rapport direct avec la vaccination n’est pas identifié.

Voici maintenant quelques récits extraits d’un forum Internet animalier
connu sur lequel des vétérinaires apportent leur soutien à des
propriétaires en quête de conseils.
Marianne à propos de son chat Mikki :
Mon chat a eu une forte fièvre (40,5 °C) une semaine après
la vaccination (typhus, coryza, leucose). Je redoute le rappel
prévu pour la fin du mois. Dois-je recommencer étant donné
que Mikki est un pur chat d’appartement ? Je crains qu’il ne
soit allergique au vaccin.
Réponse des vétérinaires :
Si la fièvre n’est apparue qu’une semaine après la
vaccination, il n’y a sans doute pas de rapport direct… Seuls
des rappels réguliers protègent efficacement les animaux – y
compris les chats d’appartement !

À la question de la propriétaire de plusieurs chats cherchant à savoir
pourquoi les frais de vaccination contre la même maladie sont de vingt et
un euros chez un vétérinaire et de soixante-neuf chez l’autre, la réponse
est la suivante :

Impossible pour moi de vous recommander un vétérinaire
aux tarifs avantageux mais, conformément au barème des
honoraires, des prix différents sont possibles dans une
certaine mesure pour l’acte de vaccination… Si ces sommes
vous paraissent trop élevées pour une vaccination par an ou
pour les vermifuges, que comptez-vous faire si votre chat
non vacciné tombe malade ?

Susanna s’interroge sur la vaccination de ses animaux déjà un
peu âgés :

Ces messieurs devraient tous être vaccinés en novembre.
Jamy, le teckel, aura alors 1 an et 3 mois et mon chat Balou
10 ans. Ils seront évidemment vaccinés tous les deux. Mais
en ce qui concerne mes deux autres chiens plus âgés, je ne
suis pas très sûre de vouloir leur faire subir ça. Jacky a déjà
15 ans et Karamel 16, tous deux ont été vaccinés tous les
ans jusqu’à maintenant. Ils sont encore en pleine forme, les
analyses de sang n’ont révélé aucune maladie.

Réponse des vétérinaires :

Votre question est fondée, mais là non plus il n’y a pas de
réponse universelle. Ce qu’il importe de savoir c’est entre
autres si le chien âgé vit par exemple dans une grande ville
et sort en promenade dans des endroits où beaucoup de
chiens se rencontrent, ou bien s’il vit dans un environnement
rural où les relations canines sont restreintes. Dans le
premier cas, le risque de contagion est à mon avis trop élevé,
précisément quand un chien prend de l’âge, pour renoncer à
le vacciner… Par ailleurs, la fatigue liée à la vaccination est
la plupart du temps surestimée et en cas de « gros » rappels,
il est possible de les répartir en deux injections.
Continuer à vacciner de vieux chiens comme ceux-là, qui ont déjà été
sur-vaccinés par les rappels annuels, défie la raison. L’argumentation
selon laquelle les chiens des grandes villes seraient plus menacés que les
chiens vivant dans un environnement rural n’a d’autre but que d’affoler. Si
une protection vaccinale existe, peu importe où se trouve le chien.

D’autre part, les chiens vivant en ville sont de toute façon le plus souvent
pluri-vaccinés. D’un point de vue professionnel, il n’est pas juste de
recommander pour deux vieux chiens une vaccination superflue, la durée
de leur protection vaccinale étant déjà bien supérieure à leur espérance
de vie.

Pourquoi les rappels annuels sont-ils superflus ? Ne vaccine-t-on pas
chiens et chats tous les ans depuis des dizaines d’année ? Pour quelle
raison cette pratique serait-elle subitement mauvaise ? Ces questions
nous amènent au cœur du sujet : combien de temps la vaccination
protège-t-elle vraiment ? C’est à la suite de la vaccination contre la rage,
obligatoire en cas de sortie du territoire (en clair de voyage à l’étranger),
que s’est insinué le regrettable fléau du rappel annuel de toutes les
vaccinations du chien et du chat.

Venons-en à chacune des maladies du chien cette fois, contre
lesquelles il est courant de vacciner tous les ans.

Maladie de Carré
La maladie de Carré, infection virale, peut se manifester sous différentes
formes. Les symptômes habituels sont un écoulement nasal et oculaire,
une pneumonie et une diarrhée. La vaccination protège très longtemps.
Les virus de cette maladie sont apparentés au virus humain de la
rougeole. Les faits montrent qu’une immunisation de base en deux
injections protège l’homme toute sa vie. L’idée qu’un rappel annuel
puisse être nécessaire n’effleure personne. Auriez-vous l’idée de vous
faire vacciner tous les ans contre la rougeole ? En Angleterre, des études
à long terme ont prouvé que la protection contre la maladie de Carré
persiste de longues années : les chiens étaient encore protégés contre les
virus de cette maladie sept ans après la vaccination de base effectuée
alors qu’ils étaient chiots. Cela ne signifie pas que la protection ne
persiste que sept ans ; les études n’ont simplement pas porté sur des
périodes plus longues. Il est donc probable que, comme chez l’homme,
cette protection vaccinale soit suffisante pour la vie entière. Le professeur
Ronald Schultz recommande de vacciner les chiens à partir de l’âge de
douze semaines. Un contrôle du taux d’anticorps est effectué par la suite.
S’ils sont présents en concentration suffisante, il n’est plus question de
rappel et cela définitivement.


Parvovirose

Un virus similaire à celui du typhus du chat est responsable de la
parvovirose, raison pour laquelle on l’appelle aussi « typhus du chien ». Il
s’agit d’une maladie relativement fréquente qui peut s’avérer dangereuse,
pour les chiots et les jeunes chiens en particulier. Les chiens se
contaminent surtout au contact des excréments d’animaux infectés. Les
principaux symptômes sont des diarrhées sanglantes et des
vomissements. Comme pour la maladie de Carré, la vaccination protège
très longtemps. L’immunisation de base est nécessaire, les rappels
annuels ou trisannuels en revanche ne sont pas utiles puisqu’ils
n’augmentent pas la protection vaccinale. Pour la parvovirose aussi, les
tests de résistance réalisés ont conclu à une protection d’au moins sept
ans. Il n’existe pas encore de tests portant sur des durées supérieures.

Hépatite
Cette inflammation du foie est transmise par des adénovirus. Elle se
manifeste par de la fièvre, des vomissements, des diarrhées, des
saignements et parfois aussi par des troubles neurologiques. Comme pour
la maladie de Carré et la parvovirose, une immunisation de base est
indiquée. Selon des études américaines, les anticorps vaccinaux persistent
au moins neuf ans.


Leptospirose

Les agents pathogènes sont des bactéries transmises principalement par
l’urine infectée de rongeurs (rats, souris, etc…). La plupart du temps, la
maladie a une évolution bénigne, mais elle peut, dans les cas graves,
occasionner des maux de ventre, des vomissements, de la fièvre, ainsi
que des lésions rénales et hépatiques. La vaccination contre la
leptospirose est très controversée. D’une part parce qu’elle a des effets
secondaires importants, d’autre part parce qu’il arrive de plus en plus
souvent que des chiens contractent des leptospiroses non couvertes par
les vaccins. Ces derniers sont fabriqués à partir de bactéries tuées aux
multiples effets secondaires, d’où leur surnom de « dirty vaccines »
(vaccins sales). Certains éléments de ces bactéries tuées peuvent
déclencher une réaction excessive du système immunitaire sous forme
d’allergies et provoquer entre autres des lésions cérébrales. Aux États-
Unis, seuls sont vaccinés les chiens exposés à un risque d’infection accru,
parce qu’ils sont en contact avec des animaux sauvages par exemple. Le
professeur Ronald Schultz ne vaccine pas ses chiens contre la
leptospirose, considérant que le vaccin peut faire bien plus de tort que de
bien.

Toux du chenil
La toux du chenil est causée par différents agents pathogènes, de nature
tant virale que bactérienne. Le vaccin contre l’hépatite agit contre
l’adénovirus de type 2, l’adénovirus de type 1 est contenu dans
beaucoup de vaccins combinés et il existe, pour les chiens à risque, un
vaccin contre l’agent bactérien Bordetella bronchiseptica à instiller dans
le nez. C’est dans les refuges principalement, là où les chiens vivent en
promiscuité, que la toux du chenil est un problème. Elle concerne autant
les chiens en bonne santé que les malades. Souvent, la vaccination ne
peut pas empêcher l’infection, mais seulement l’affaiblir. La toux du chenil
ne met généralement pas la vie en danger et la vaccination n’est donc pas
nécessaire pour les chiens vivant dans des conditions normales.

Virus herpès
Les virus herpès peuvent avoir pour conséquences des avortements, la
venue au monde de chiots mort-nés ou mourant précocement. La
vaccination n’est utile que pour les chiennes pouvant faire des petits, mais
ne présentant pas d’anticorps. Dans ce cas, on procède à deux
injections, la première sept à dix jours après la saillie, la seconde environ
une semaine avant la date de mise bas.

Borréliose
La pertinence de cette vaccination fait débat, notamment parce que le
vaccin n’est efficace que contre une espèce de borrélie (Borrelia
burgdorferi sensu stricto) très peu répandue chez nous. Sous nos
latitudes, on rencontre surtout les espèces Borrelia burgdorferi garinii
et afzelii, mais elles ne sont pas contenues dans le vaccin. Moins de cinq
pour cent des chiens infectés par des tiques tombent malades. L’utilité
d’une vaccination contre la borréliose est donc tout à fait négligeable. On
soupçonne en outre le vaccin de déclencher une arthrite chronique chez
les animaux génétiquement prédisposés. La plupart des vétérinaires
conseillent toutefois en toute bonne conscience de vacciner. Ils
reprennent sans réserve les recommandations de l’industrie
pharmaceutique, le risque de contracter la borréliose étant largement
exagéré.

Nous pouvons retenir en résumé que la protection vaccinale contre les
maladies virales telles que la parvovirose, la maladie de Carré ou
l’hépatite persiste bien au-delà d’un an. Le professeur Marian C.
Horzinek de l’université d’Utrecht, virologue renommé, spécialiste des
animaux domestiques, se prononce dans le sens d’une immunité à vie,
notamment pour la maladie de Carré, quand l’animal a été vacciné chiot.
En revanche, il semble que la durée de protection contre les maladies
déclenchées par une bactérie, comme la leptospirose et la toux du chenil,
soit inférieure à un an. Ces maladies se soignent bien ; l’efficacité des
vaccins correspondants est, elle, hautement controversée. Le risque
d’endommager durablement le système immunitaire est ici trop important
en regard d’une vaccination préventive à l’intérêt discutable. Le
professeur Ronald Schultz recommande quant à lui de vacciner les chiens
une à deux fois quand ils sont chiots puis d’arrêter. La vaccination contre
la rage devrait être effectuée tous les trois ans, uniquement si des séjours
à l’étranger sont prévus.

Citons maintenant les propos de professeurs reconnus sur le thème
de la vaccination.
Professeur Alice Wolf (Texas A & M University, Austin,
Veterinary Proceedings, 1998) :
On ne revaccine pas chaque année enfants et adultes et on ne
procède pas non plus au dosage des anticorps permettant de vérifier
si la protection est adaptée. L’expérience a montré qu’elle l’est.
Les vaccins humains ne sont pas dif érents des vaccins animaux ; de
même, le système immunitaire du chien et du chat n’est pas dif érent
de celui de l’homme.
T.R. Philipps/R.D. Schultz (Kirk’s Current Veterinary Therapy,
1992) :
Procéder à des rappels annuels est une pratique adoptée depuis de
nombreuses années en l’absence de validation ou de justification
scientifique. À de rares exceptions près, il n’existe aucune nécessité
immunologique à revacciner tous les ans. L’immunisation contre les
virus persiste plusieurs années, voire toute la vie de l’animal. Une
vaccination efficace contre la plupart des agents pathogènes
bactériens crée une mémoire immunologique qui persiste des années
et permet à l’animal de produire une réponse anamnestique
protectrice lorsqu’il est exposé à des agents pathogènes virulents…
Professeur Roland Friedrich, virologue à l’université de Gießen
(tribune auprès d’une commission d’experts) :
« Les vaccinations annuelles sont superflues. »
Professeur Uwe Truyen (Interview pour le magazine canin Der
Hund) :
La vaccination contre la leptospirose devrait être évitée… Je
considère également la vaccination contre la toux du chenil comme
inutile. Ce qui est déterminant pour la protection, ce n’est pas la
vaccination, ce sont les conditions de vie.
Mais quasiment personne, semble-t-il, n’a intérêt à reconsidérer
scientifiquement la pratique habituelle des rappels annuels de vaccination :
ni, malheureusement, les vétérinaires qui rechignent à faire une croix sur
l’une de leurs principales sources de revenus, ni l’industrie
pharmaceutique, dont aucune critique n’est à attendre. Quant aux écoles
vétérinaires, rien ne les pousse à remettre en cause la validité du schéma
vaccinal. Entreprendre des études demande du temps, du travail et a un
coût, or les moyens financiers disponibles pour ces recherches sont à peu
près inexistants.

Quels sont donc, face à des propriétaires critiques, les arguments des
vétérinaires en faveur des vaccinations annuelles, soi-disant
indispensables ? La liste est longue et extravagante. Cela peut consister,
comme nous l’avons déjà vu, à susciter la peur d’une infection faute de
protection suffisante ou encore à faire ressortir de soi-disant épidémies.
La défiance à l’égard d’études conduites aux États-Unis sert aussi de
prétexte à beaucoup de confrères. Même si nous ne sommes plus obligés
de nous fier uniquement à des études américaines puisque des universités
allemandes (celle de Gießen entre autres) adhèrent désormais aux
recommandations américaines.

L’argumentation selon laquelle les vaccinations annuelles ont contribué
à enrayer de graves maladies comme la parvovirose et la maladie de
Carré n’est pas acceptable. Ce n’est pas le rappel annuel, mais la
vaccination de base par elle-même qui est à l’origine d’une moindre
fréquence de ces maladies. La protection vaccinale n’est ni prolongée ni
renforcée par le rappel annuel. Cette affirmation est une pure invention de
l’industrie pharmaceutique. Il n’est pas correct non plus d’un point de vue
professionnel, même si cette mauvaise habitude est courante, de
renouveler l’immunisation de base du chien ou du chat en cas de
dépassement de l’intervalle d’un an entre deux vaccins. Comme si la
protection disparaissait un bout d’un an pile ! La réglementation spéciale
applicable uniquement à la rage pour les chiens et les chats qui voyagent
est effrontément transposée à toutes les autres maladies. Vétérinaires et
industrie pharmaceutique se frottent les mains : les premiers pour leur
escarcelle, la seconde pour ses actionnaires !

La meilleure protection contre les maladies graves, pour les chiens
comme pour les chats, est d’abord une immunité stable. Elle s’acquiert au
moyen d’immunisations de base pertinentes, de meilleures conditions de
vie et d’une alimentation appropriée à l’espèce. Les vaccinations
n’agissent pas différemment des médicaments or, en médecine vétérinaire
comme en médecine humaine, il n’existe pas de médicament sans effets
secondaires !

En matière de vaccination, quels sont les effets secondaires les
plus graves ?
Parlons d’abord des réactions du système immunitaire et notamment
du choc anaphylactique. Il s’agit de la forme la plus grave de réaction
allergique ; elle touche les organes vitaux et son issue peut être mortelle
en cas d’arrêt circulatoire.
Des œdèmes, des affections cutanées, des démangeaisons et des
maladies auto-immunes (y compris thyroïdiennes) peuvent en outre se
produire, de même que des diarrhées et des vomissements, ou encore
des maladies du système nerveux, des inflammations des nerfs, des
paralysies et bien sûr des sarcomes post-vaccinaux tels que décrits plus
haut.
Si ces sarcomes apparaissent toujours à l’endroit de l’injection ce qui
rend leur cause facile à diagnostiquer, il n’est la plupart du temps pas si
simple, en présence d’une autre maladie, d’établir un rapport direct avec
la vaccination. Avec le recul, je peux me permettre de dire que certains
propriétaires m’ont raconté que l’affection de leur chien ou de leur chat
était apparue peu après la vaccination ou que, chaque année après le
rappel, leur animal avait changé de telle ou telle manière. Si, par le passé,
je n’ai pas pris ces récits très au sérieux, j’ai parfaitement conscience
aujourd’hui qu’une vaccination inappropriée peut provoquer certains
symptômes et notamment des allergies.

Nous, vétérinaires, devrions aussi nous poser des questions au sujet
des nombreux troubles hormonaux, au premier rang desquels les
pathologies de la thyroïde de plus en plus fréquentes de nos jours. Et au
lieu de prescrire des médicaments toujours nouveaux et soi-disant
meilleurs, nous devrions nous consacrer davantage à la prévention, en
faisant par exemple un usage plus responsable des vaccins. Un nombre
incalculable de maladies sont « faites maison ». Nous, vétérinaires,
n’avons pas la moindre idée, malheureusement – ou peut-être Dieu
merci –, des pathologies dont nous sommes finalement nous-mêmes
responsables.

Aux propriétaires qui souhaitent prendre en main la santé de leur
animal, je suggère le schéma vaccinal ci-contre, brièvement résumé.

POUR LES CHATS
Chats d’appartement.
Vacciner uniquement contre le typhus.
Immunisation de base (vaccin sans adjuvant Purevax, par exemple), à
savoir vaccination en deux injections du chaton. Si le chat a plus de seize
semaines lors de la primo-vaccination, une seule injection suffit. En effet,
contrairement à ce qu’affirment de nombreux vétérinaires, l’immunité
persiste à vie.

Chats autorisés à sortir.
Vacciner contre le typhus comme décrit ci-dessus.
Coryza : la vaccination ne protège pas de l’infection, elle atténue
seulement les symptômes. Ici aussi, la vaccination en deux injections du
chaton fait effet très longtemps, si ce n’est à vie. Les rappels
n’augmentent pas la protection. Il est probable qu’ils n’apportent rien non
plus dans les refuges. Mieux vaut veiller à l’hygiène et à l’absence de
stress.
Leucose : utile seulement chez le chaton et le jeune chat.
Immunisation de base (deux injections) ici aussi. La protection persiste à
vie. Tester les nouveaux arrivants au sein de groupes de chats d’une
certaine taille. Primo-vaccination en deux injections également pour les
chats plus âgés. En cas de cohabitation étroite et permanente avec des
congénères infectés par la leucose, la vaccination ne protège pas
toujours.
Rage : ne vacciner qu’en cas d’absolue nécessité (séjour à
l’étranger). Utiliser alors un vaccin quadriennal (Vanguard R et
EnduracellR(4)). Il n’existe pas de vaccin sans adjuvant.
Vaccinations à l’intérêt réduit ou inexistant chez le chat.
PIF (péritonite infectieuse féline) : le risque de déclencher la maladie
est le plus souvent majoré par la vaccination.
Chlamydiose : les chlamydias sont contenues dans de nombreux
vaccins combinés pour chats. L’effet protecteur est mauvais et le risque
d’effets secondaires est élevé.
Mycoses : le vaccin récemment arrivé sur le marché est censé
accélérer la guérison des mycoses chez le chat. On retrouve très souvent
ce vaccin quand des effets secondaires sont rapportés. Les facteurs de
risque sont avant tout le stress et la cohabitation dans un espace restreint.
Des conditions d’hygiène suffisantes sont dans tous les cas plus efficaces
qu’une vaccination à l’intérêt discutable. Les expériences rapportées par
les propriétaires avec ce vaccin sont majoritairement négatives.


POUR LES CHIENS

Seules sont utiles pour le chien les vaccinations contre la maladie de
Carré, l’hépatite, la parvovirose et, si nécessaire, la rage. Tous les
chiens devraient bénéficier d’une immunisation de base contre ces
maladies. Elles n’existent certes quasiment plus, mais les vaccinations
correspondantes sont importantes en protection contre les chiots, issus
d’élevages massifs sans scrupules, qui sont vendus à proximité des
autoroutes et pourraient apporter ces maladies jusque chez nous. Une
immunisation en deux injections effectuée chez le chiot suffit à assurer une
protection à vie. La plupart du temps, les vétérinaires n’ont en stock que
des vaccins combinés. Les vaccinations dirigées contre sept ou huit
affections sont généralement à déconseiller. Il existe un vaccin combiné
contre la maladie de Carré, l’hépatite et la leptospirose. Cette dernière
est à part et peut être remplacée par de l’eau distillée.

Une précision concernant la vaccination contre la rage : le risque
d’infection est extrêmement faible. Mais les personnes qui voyagent à
l’étranger doivent faire vacciner leur chien. Il existe toutefois un vaccin
homologué pour trois ans (Madivac(5)). Le vaccin contre la rage ne
devrait jamais être administré en même temps que d’autres vaccins et les
chiots ne devraient être vaccinés qu’à partir de l’âge de six mois environ
(après la sortie des dents définitives).
Vaccinations à l’intérêt réduit ou inexistant chez le chien.
Leptospirose : les vaccins, si toutefois ils protègent, ne le font que
contre deux espèces de leptospires. Le risque d’effets secondaires est
très important.
Borréliose : le vaccin est à peu près inutile puisqu’il n’agit que contre
des borrélies très rares chez nous. Le vaccin administré, à cellules
entières, a de nombreux effets secondaires.
Toux du chenil : elle est provoquée par beaucoup d’agents
pathogènes différents, d’où l’intérêt limité de la vaccination.
Coronavirus : on vaccine facilement contre les coronavirus ces
derniers temps, le vaccin étant censé protéger des diarrhées. L’infection
évolue de manière très bénigne en regard des effets secondaires. L’effet
protecteur est contesté par les experts.

Que faire si votre vétérinaire insiste pour effectuer les rappels
annuels ? Le mieux consiste évidemment à changer de vétérinaire. Et si
tous les vétérinaires proches de chez vous sont sur la même ligne ? Vous
n’êtes pas obligé(e) de faire vacciner votre animal, voici tout ce que je
puis vous dire. Vous êtes libre de décider de ce quisera fait à votre chien
ou à votre chat. Ne vous laissez pas intimider par le premier argument
cousu de fil blanc venu. Essayez plutôt de demander à votre vétérinaire
s’il se fait vacciner tous les ans contre la rougeole, les oreillons et la
rubéole !

Pour clore ce chapitre, permettez-moi de vous raconter une dernière
histoire tirée de ma propre expérience.

Madame A. était la propriétaire de Dora, chienne labrador de seize
ans. Dora était déjà passablement fragilisée par l’âge, sans compter ses
articulations arthrosiques et ses reins malades. Quand elle se levait
encore, elle ne se déplaçait plus qu’à l’allure de l’escargot. En 2009,
Madame A. dut soudain se rendre en Italie accompagnée de Dora. Faute
de pouvoir me joindre, elle se rendit chez un confrère du secteur, afin que
soit effectuée la vaccination obligatoire contre la rage. Dora avait été
régulièrement « pourvue » au moyen d’un vaccin octovalent administré
tous les ans, donc seize fois en tout au cours de sa vie de chien. Après
avoir consulté le carnet de vaccination, le vétérinaire donna son avis : « Il
serait raisonnable de tout faire. L’échéance est dépassée pour toutes les
maladies. » La vieille Dora, bien que château branlant à l’espérance de
vie très limitée, dut donc subir une fois de plus une vaccination dirigée
contre huit maladies. Une semaine plus tard, je dus euthanasier Dora en
raison d’une défaillance rénale aiguë.
Madame A. fut à ce point sidérée qu’elle ne trouva pas la force daller
se plaindre auprès du confrère. Mais l’amertume est restée, cela va de
soi.

Permettez-moi enfin, chers lectrices et lecteurs, d’attirer votre
attention sur le fait que les vaccinations qui sont censées supprimer les
épizooties peuvent en réalité les favoriser.
L’inefficacité et la dangerosité simultanée de certaines vaccinations
dites préventives trouvent leur illustration la plus claire dans l’évolution de
la fièvre aphteuse. Jusqu’en 1992, la vaccination était obligatoire contre
cette maladie qui, outre la maladie dite de la vache folle, est considérée
comme l’épizootie la plus dangereuse et la plus contagieuse pour les
ruminants et se manifeste par des ulcères au niveau de la gueule et des
onglons. Tous les bovins âgés de plus de quatre ans devaient être
vaccinés tous les ans contre la fièvre aphteuse. En comparant l’évolution
de l’épizootie dans les pays avec et sans obligation vaccinale, il fut
possible de constater sans ambiguïté qu’elle se répandait nettement plus
vite dans les pays avec obligation vaccinale que dans les pays sans
obligation vaccinale. Depuis 1991(6), il n’est plus permis de vacciner
contre la fièvre aphteuse en Allemagne et en Autriche. L’importation
d’animaux vaccinés est également interdite. Avec quel résultat ? Aucune
épizootie ne s’est reproduite dans ces deux pays depuis lors !
Il en est de même chez l’homme où des vaccinations de masse,
comme celles contre la diphtérie ou rougeole, ont empêché la disparition
des épidémies. Les flambées de diphtérie en Russie, un pays bien
vacciné, et de polio dans treize pays considérés comme particulièrement
bien vaccinés montrent que ce qui vaut pour les animaux vaut aussi pour
l’homme : la vaccination protège tant que la contagion est impossible.
Mais si une épidémie se déclare, vaccinés et non-vaccinés tombent
malades de la même manière. L’éradication des maladies contre
lesquelles on vaccine, est précisément empêchée par cette vaccination.
(Voir :Impfen – Das Geschäft mit der Angst(7) du Dr G. Buchwald, un
livre à recommander dont la lecture fait sérieusement réfléchir, en
particulier sur les préjudices liés à la vaccination chez les enfants(8)).
La citation qui suit est extraite de ce même livre (Préface du Dr
Jürgen Birmanns) :
Il n’est pas étonnant que les pédiatres réclament une obligation
vaccinale. L’obligation vaccinale généralisée fut abrogée en Allemagne en
1983 Les notions de recul de la couverture vaccinale ou de lacunes
vaccinales sont des armes psychologiques visant à intimider et à
stigmatiser les parents critiques à l’égard des vaccins. Le fait qu’une
personne majeure à l’esprit libre prenne position en toute connaissance
de cause contre une intervention médicale risquée doit être respecté. Qui
fait de la recherche sans idées préconçues sait que les maladies ont des
causes. Elles sont liées soit à l’alimentation, soit au mode de vie, soit à
l’environnement. Il est paradoxal, avec en arrière-plan ce constat lucide,
que des chercheurs soient en train de développer des vaccins contre le
cancer du col de l’utérus, l’hypertension, l’obésité et la dépendance à la
nicotine… La vaccination massive de personnes en bonne santé est très
préoccupante. Les médecins feraient mieux de s’investir dans la
prévention primaire.

Fin de citation.

Il y a fort à parier que la mise au point de vaccins vétérinaires contre
des maladies telles que l’obésité ne tardera pas à venir sur le tapis…

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