L’ortie, cette amie qui nous veut du bien

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L’ortie, agent de la…DGSE !

Chère lectrice, cher lecteur,

Certains événements fascinants qui se déroulent tous les jours, que ce soit dans un sous-bois, une prairie, une fougère ou un champ, laissent penser qu’il existe un dialogue permanent du vivant avec lui-même, et que la Nature prend des décisions absolument fondamentales sans que nous n’ayons, nous les humains, la plus petite conscience de ce qui est en train de se passer.

Hum… Un peu brumeux, le Combris aujourd’hui !?

Alors prenons un exemple concret.

A l’instant même où je vous écris, quelque part sur le terreau fertile de notre beau pays, une ortie esten train de pousser. Et vous voulez savoir ? Tout le monde s’en f…

Autour de la plante, aucune des « grandes plumes » du Point, de L’Express, du Nouvel Observateur, aucune de ces célèbres consciences éclairant notre monde, prophètes, grand reporters ou intellectuels.

Personne.

Juste quelques papillons, vanesses, paons du jour ou vulcains qui tournoient autour des feuilles de la plante.

Vous allez me dire : « à la place de l’ortie, je préfèrerais, moi aussi…».

Peut-être.

Mais on aimerait quand même qu’un témoin puisse rendre compte de l’exceptionnelle aventure qui se déroule derrière la scène en apparence banale d’une ortie qui pousse, et nous dévoile le ré-équilibrage essentiel que la nature est en train d’opérer pour elle-même – et comme elle n’est pas rancunière, pour nous aussi, les hommes.

Voici l’histoire secrète de l’ortie.

Agent en service commandé !

Car l’ortie ne pousse pas là par hasard. Elle est, nous dit la spécialiste Claire Bonnet [1], en « service commandé », tel un véritable agent de la Direction Générale de la Sécurité et de l’Equilibre (DGSE – section Nature). Voici sa fiche de mission :

« Spécialité de l’ortie : le fer. »

« Sa mission : résister aux herbicides, dépolluer et harmoniser l’information ferrique du sol. »

Et voilà comment elle s’y prend :

« L’ortie est comme chargée par la Nature de réguler le fer dans la terre afin d’assurer à chaque plante sa part de croissance. »

« Si la teneur ferrique est trop importante, elle en absorbe le surplus ; si elle est trop faible, elle la diffuse équitablement. » [2]

L’ortie, une « régulatrice de vie » qui intervient auprès des éléments les plus faibles, qui soutient les plantes en détresse !

Vu comme ça, la vulgaire « plante qui pique » révèle un autre profil, non ? Et c’est pareil quand on s’intéresse à ses vertus médicinales.

Mais là ce n’est plus une lettre d’information qu’il faut écrire, c’est une encyclopédie.

L’ortie compte en effet parmi les plantes médicinales les plus efficaces.

Chacune de ses parties est utile : racine, tige, feuilles, fleurs et graines. L’ortie est dépurative, tonique, diurétique, astringente et hémostatique, antianémique, etc. Quant aux piqûres d’ortie, elles soulagent l’arthrite et les rhumatismes.

Bon pour le…courage !

Commençons d’ailleurs par là, si vous le voulez bien, avec un traitement qui consiste à appliquer sur les endroits douloureux des feuilles d’ortie fraîche. Bon courage…

Côté positif : les feuilles d’ortie sont particulièrement riches en protéines (5 à 9 % de leur poids, un vrai trésor pour les végétariens), en vitamines A et C (8 fois plus que les oranges), en fer, en magnésium et en calcium (autant que le fromage) et en antioxydants.

Côté négatif : elles piquent sévère (acide formique et histamine).

On pose les feuilles pendant 30 secondes, on serre les dents et on les retire. L’efficacité a été établie en 2000 par des chercheurs britanniques.

Dans un autre registre, on apprend que les légionnaires romains se flagellaient à coups d’ortie, histoire de se réchauffer et de se donner du courage.

Pour ceux qui préfèrent y aller « plus tranquille », une étude récente a montré des soulagements comparables en appliquant un teinture alcoolique d’ortie (de l’alcool dans lequel on a fait macérer des feuilles d’ortie) : badigeonner les parties atteintes, plusieurs fois par jour ou utiliser en compresse ou en cataplasme.

Bon pour la prostate

Dans une de ses lettres, mon collègue Jean-Marc Dupuis a aussi évoqué une utilisation souvent moins connue de l’ortie, en cas d’hypertrophie bénigne de la prostate.

« Plusieurs études, dit-il, ont montré l’efficacité de la racine d’ortie, d’un mélange de racine d’ortie et de palmier nain et d’un mélange de racine d’ortie et de pygeum, une plante africaine également connue pour la même indication . »

Attention, il avertit aussi que ces études étaient « de dimension modeste, ou alors sans groupe placebo. Ces limites, liées évidemment au fait qu’il n’y a aucun intérêt financier derrière l’ortie, la plante n’étant pas brevetable, a servi de prétexte fallacieux à ce que ces résultats soient discutés et, globalement, ignorés de la médecine conventionnelle ».

Mais il n’en reste pas moins vrai que l’Organisation Mondiale de la Santé, la commission allemande pour les plantes médicinales (commisssion E) et l’organisme européen de reconnaissance des plantes (ESCOP) reconnaissent tous l’usage de la racine d’ortie pour soulager les problèmes urinaires liés à la prostate.

Il suffit de prendre 1,5 g de racine séchée et de les mettre dans 150 mL d’eau froide. Faire bouillir une minute puis laisser reposer 10 minutes hors du feu. Boire une tasse, trois à quatre fois par jour. On peut aussi prendre un complément alimentaire (Prostagutt Forte, aussi appelé PRO 160/120 [3]).

Toujours dans la même région, l’ortie se révèle efficace contre l’inflammation des voies urinaires,ou les calculs rénaux : le principe est de boire des tisanes d’ortie, du jus d’ortie ou encore de la teinture alcoolique d’ortie diluée dans cinq volumes d’eau.

On peut aussi prendre des extraits de feuilles et de fleurs séchées, en capsules ou en comprimés : 300 mg à 700 mg, trois fois par jour, en buvant régulièrement de l’eau.

L’ortie au tableau d’honneur

La célèbre herboriste autrichienne Maria Treben, auteur de « La Santé à la Pharmacie du Bon Dieu », avait un petit faible pour l’ortie. Pas étonnant lorsqu’on détaille les constituants de l’ortie et leur effet sur notre santé

  • Le fer (on l’a dit) : pour la reconstitution des globules rouges, et la bonne oxygénation des tissus
  • Les glucocinines : substances qui font baisser le taux de sucre dans le sang
  • La sécrétine : hormone qui stimule les glandes digestives de l’estomac, l’intestin, le pancréas, le foie et la vésicule biliaire
  • La silice (contribue à la rigidité de la plante) : agit sur l’élimination par les reins et la vessie.
  • Le soufre : élément indispensable du cuir chevelu et des cheveux.
  • Le zinc à l’effet anti-inflammatoire (acné, eczéma)
  • La vitamine K : anti-hémorragique (règles trop abondantes)

Et « mémé » dans tout ça ?

Maintenant, avant de conclure, il nous faut répondre à l’impatience des plus jeunes qui se demandent, l’esprit malin et le sourire en coin, si l’on doit donc « pousser mémé dans les orties » [4], compte tenu des multiples propriétés bénéfiques évoquées plus haut.

La réponse est « non ! ».

En revanche on savourera avec délice le délicieux potage aux orties dont les grands-mères connaissent encore les nombreuses variantes.

D’abord, ramassez des orties « propres », c’est-à-dire pas trop près d’une route, des abords de vergers, des vignes et cultures arrosées de pesticides…Mais de toute façon, lavez-les en insistant beaucoup !

Recette 1 : Faire bouillir un litre d’eau avec quatre gousses d’ail. Ajouter quatre pommes de terre coupées en dé, et laisser cuire 10 minutes. Ajouter l’ortie (entre 200 et 500 g environ) et laisser cuire encore 5 minutes. Salez, poivrez, mixez, buvez

Recette 2 : au fond d’une cocotte légèrement huilée (huile d’olive), faire revenir un oignon et de l’ail. Après 5 minutes, on ajoute les pommes de terre coupées de dés. Faire dorer légèrement, ajouter l’ortie. Remuer jusqu’à ce qu’elle soit fondue. Ajouter un peu d’eau bouillante et laisser cuire à feu doux environ dix minutes

Je vous invite bien sûr à partager en commentaire de cette lettre vos propres recettes à l’ortie (médicinale et culinaire).

Ah une dernière chose, qui peut quand même être utile quand on parle d’ortie : en cas de piqûre, lorsque vous ramassez vos orties, frotter avec des feuilles d’oseille, de mauve ou de plantain.

D’ailleurs il n’est pas rare qu’on trouve ces plantes à proximité même de l’ortie. Quand je vous dis que la nature est bien faite…

Santé !

Gabriel Combris

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