Les p’tits souvenirs du dimanche soir

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Comme chaque semaine, voilà les questions du dimanche soir. Je serai très heureuse de lire vos réponses dans les commentaires ou sur vos blogs (donnez le lien vers vos blogs dans mes commentaires sinon je risque de ne jamais trouver vos réponses)!

 

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  • Avez-vous jamais perdu un objet auquel vous teniez énormément? Qu’est-ce que c’était? L’avez-vous retrouvé?

 J’ai gardé durant plus de vingt ans, la lettre de rupture du seul homme que j’ai vraiment aimé. Elle se trouvait la plupart du temps dans mon portefeuille pour la bonne raison que j’espérais qu’un jour je le reverrais et qu’alors, je lui prouverais que je ne l’avais jamais oublié. Un jour on m’a volé mon portefeuille dans le bus et c’est ainsi que j’ai perdu la preuve de ma fidélité. J’ai su, ce jour là, que je ne le reverrais  jamais. Il s’appelait Georges Kaïk.

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  • A propos de quoi n’étiez-vous (ou n’êtes-vous toujours) vraiment pas d’accord avec vos parents?

 

Il est difficile d’être d’accord ou pas avec des parents qui ne vous parlent pratiquement jamais, qui vous disent en guise de réponse à vos questions : « tu sauras ça quand tu seras plus grande » ou encore : « arrête avec tes questions idiotes et va faire tes devoirs ».

Tout le temps que j’ai souffert du vide de mon enfance je leur en ai voulu pour tout, les rendant responsables de mes souffrances et ce n’est que beaucoup plus tard, quand j’ai fait la paix avec moi-même  que j’ai compris que j’étais née dans la famille qui correspondait à ce dont j’avais besoin pour réaliser mon destin. Mes parents traînaient avec eux un passé très lourd qui ne leur a pas permis de sortir du lot et d’innover en matière de rapports avec autrui et d’éducation. Et c’est parce que je n’ai rien reçu qu’il m’a fallu tout chercher et tout apprendre par moi-même et à mes dépens ce qui fait de moi maintenant une personne riche d’expériences variées me permettant de comprendre beaucoup de choses et de relativiser les événements qui ont jalonné mon existence.

 

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  • Si vous pouviez changer ou créer une loi dans votre pays, qu’est-ce que ça serait, et pourquoi?

 

Si je le pouvais, j’apprendrais aux gens :

  • A être heureux de ce qu’ils ont,
  • Réfléchir avant de parler et d’agir,
  • A développer les facultés qu’ils ont reçues à la naissance et à s’en servir pour leur satisfaction personnelle et pour le bien de la communauté,
  • A respecter la vie sous toutes ses formes et à vivre avec une éthique proche de la spiritualité.

Je ne créerais aucune loi, ce  qui pour moi est synonyme d’obligation et de contrainte mais j’insufflerais  dans leur cœur la petite graine d’amour et de compassion sans laquelle rien n’est possible.

 

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  • Quel est l’un des meilleurs souvenirs que vous avez de vos grands parents?

 

Toujours ce même désert qui accompagne mon enfance. Je n’ai pas connu mes grands-parents maternels ; du côté de mon père, nous allions passer les congés chez ses parents, dans la Mayenne, dans l’hôtel de mon grand- père mais je n’ai aucun souvenir de fête ou de réunions familiales.

 

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  • Que ne pouvez-vous pas résister à acheter quand vous en voyez? Qu’est-ce qui vous fait toujours craquer malgré vos bonnes résolutions?

 

J’ai dû, une grande partie de ma vie, faire attention à mes dépenses car j’étais de situation modeste. Ma mère qui était une excellente femme d’intérieur, m’avait donné comme conseil, quand j’ai commencé à travailler (15 ans ½), d’ouvrir des enveloppes  pour chacune de mes dépenses ( nourriture, électricité, transport, habillement etc, la dernière étant « loisirs » s’il restait quelque monnaie) et j’ai fait cela pendant des années.  Quand je me suis retrouvée en Afrique, durant 6 ans, avec un salaire plus que confortable, j’ai su que c’était là l’occasion de mettre de l’argent de côté pour « le cas où ». A 42 ans, je me suis expatriée et j’ai dû recommencer tout à zéro mais comme j’avais été à bonne école, cela n’a pas été trop dur. Maintenant que je suis retraitée avec une toute petite pension, je vis très bien, avec ce que j’ai, je ne fais aucun excès car je n’en éprouve pas le besoin. C’est peut-être pour cette raison que j’ai tant de mal à accepter les jérémiades d’un grand nombre de mes semblables se plaignant de tout ce qu’ ils n’ont pas et de ce qu’ ils ne peuvent pas faire.

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  • Quand vous étiez à l’école, qui était votre prof préféré(e) et pourquoi?

 

Là, j’ai deux souvenirs : le premier se situe vers 1947, j’ai 9 ans. Et voici qu’intervient l’histoire de « la motte de beurre »  En classe, c’est l ’époque des « chouchoutes » toujours assises en avant, près du bureau de la maîtresse et qui apportent chaque lundi, qui des chocolats, qui des fleurs et qui, en guise de remerciements, reçoivent une douce caresse sur leur tête aux cheveux bien peignés pendant que le reste de la classe tire la langue de dépit et de jalousie.

Pour une raison que j’ignore car cela n’arrivait jamais, ma mère me donne une motte de beurre (que mon père avait surement « empruntée » à son travail (je rappelle qu’il était cuisinier))que je dois remettre à mon enseignante, Madame Forget,  ce que je fais sans poser de questions.

A la fin du mois, je reçois mon carnet de notes qui devrait être aussi lamentable que d’habitude et oh ! surprise, d’avant dernière, ma place habituelle, je suis passée septième. Et si mes notes dans les matières principales n’ont pas évoluées, c’est en conduite, écriture et présentation que j’ai fait un bond prodigieux qui me vaut cette avancée spectaculaire.  Moi la petite idiote à qui on ne parle pas, je comprends quand même que la motte y est pour quelque chose et même si je continuerai à raffoler du beurre pendant des années, je détesterai toujours l’injustice et le favoritisme.

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Le second arrive vers l’âge de 11 ans. Je suis dans une école de soeurs et à part en instruction religieuse ou j’ai les meilleures notes, le reste est toujours aussi lamentable. Mes parents, qui m’ont mis dans cet espèce de cloître, persuadés que sans une éducation adéquate, je finirai sur le trottoir, me font donner des leçons particulières pour essayer de rattraper un peu le niveau.

Et c’est ainsi que Mademoiselle Maillard,  ma maîtresse, me reçoit une fois par semaine dans sa chambre pour m’expliquer les règles des participes passés ainsi que celles des trains qui se croisent et des robinets qui fuient.

Mademoiselle Maillard est une vieille fille plus que dodue, avec une énorme tache de vin sur la joue et des yeux globuleux à tel point qu’ils donnent l’impression parfois de vouloir tomber sur la table surtout quand je n’arrive pas à comprendre certaines règles pourtant fort simples d’après les adultes.

Un jour, je comprendrai que cette femme, laide et obèse était un puits de savoir qu’elle mettait à la disposition des petites filles qui seraient demain l’avenir du pays et c’est du fond du cœur que je la remercie de m’avoir consacré un peu de son précieux temps pour faire de moi l’ adulte que je n’aurais peut-être pas été sans elle. Merci Mademoiselle Maillard.

Ici le lien pour remercier la responsable de mes confidences.https://cestpasmoijeljure.com/2018/12/02/les-ptits-souvenirs-du-dimanche-soir-13/

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