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les p’tits souvenirs du dimanche soir

 

Un merci tout particulier à Nathalie de Nancy qui, par son commentaire, m’a motivée à reprendre mes bonnes (et mauvaises) habitudes.

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  • Quelle est la plus grosse bêtise que vous ayez jamais faite, quand vous étiez enfant?

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A chaque fois que la question concerne l’enfance, je crois toujours que je ne vais pas pourvoir répondre tant celle-ci a été terne et enfouie dans mon inconscient  mais mes doigts qui savent tout, se mettent soudain à courir sur le clavier et ils répondent à ma place :

« Vu que j’étais souvent punie, j’ai dû faire une bonne tonne de bêtises dont je n’ai aucun souvenir, seules les punitions sont restées présentes à mon esprit, ça allait de la paire de claques en passant pas aller se coucher plus tôt que d’habitude ce qui était une bonne chose puisqu’ainsi,  je pouvais rêver plus longtemps. Et puis il y avait les phrases magiques quand j’osais poser des questions : 1) « Arrête avec tes bêtises » 2) « tu sauras ça quand tu seras plus grande » Avec de telles réponses, on avance très  lentement dans la compréhension de la vie. »

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Êtes-vous plutôt zen et relaxe ou énergique et super-actif?

 

Je ne sais pas comment me définir pour ce qui concerne les 60 premières années de ma vie ; je pense que j’étais assez active, pleine de désirs inassouvis, d’envie de me battre, de me prouver que j’avais raison. (j’avais pratiquement tout faux mais je ne le savais pas)

Et puis, tout a changé lorsque j’ai atteint l’âge de raison, à la retraite car là,  fini les obligations, de se lever le matin même si on n’en a pas envie, de supporter un  patron plutôt crétin qu’autre chose, des collègues qui n’en fichent pas une rame, des métros bondés avec mains baladeuses etc… 

J’avais toujours dit que ma vie commencerait à l’âge de la retraite, on m’avait ri au nez et on s’était trompé. Maintenant, je jouis de chaque instant, me levant quand cela me chante,  faisant uniquement ce dont j’ai envie, et comme j’ai eu l’immense chance de m’intéresser à l’informatique avant qu’il ne soit trop tard, je suis tout le temps sur internet, cherchant la signification de tel mot, l’histoire de tel pays, la vie de tel artiste et étant très  curieuse, (autodidacte oblige), je n’ai jamais fini de chercher et….. de trouver.

Ce que je suis devenue maintenant ?  un être spécial pour ne pas dire exceptionnel, qui regarde le monde s’écrouler doucement, les gens s’étriper pour des choses qui n’en valent pas la peine et je me dis que j’ai bien de la chance d’avoir une place retenue dans un train qui ne devrait pas tarder à passer pour m’emmener vers des horizons plus cléments

L’enfer je connais, c’est ici.

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D’après vous, quel est le secret d’une relation saine et aimante avec un(e) partenaire/épouse/copain?

 

Je pense que la confiance est essentielle mais seule, elle ne suffit pas elle doit s’accompagner de ressemblance dans les points basiques comme par exemple l’intelligence, l’humour, complicité, imagination, en un mot être capable de se renouveler aussi souvent que possible.

Et surtout je crois, garder certaines valeurs morales comme l’honnêteté dans tous ses états, la franchise ,la pudeur, un certain savoir-vivre etc….  

 

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Que savez-vous de vos ancêtres? Avez-vous fait un peu (ou beaucoup) de généalogie? Êtes-vous allés très loin?

 

Pas assez à mon goût, j’aurais aimé tout savoir d’eux, m’asseoir à leur côté et les écouter parler de leur enfance, de leur vie,  de leurs rêves. Au lieu de cela, je ne sais rien d’eux ou presque.

 

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Quelle est la chose la plus difficile que vous ayez eu à faire cette semaine?

J’ai depuis peu une aide à domicile et je souhaitais mettre certaines choses au point avec elle quant au travail qu’elle fait et aux heures qu’elle ne fait pas, tout en trouvant le moyen de le faire gentiment et intelligemment afin de ne pas la froisser. Mes petites tentatives n’ayant rien donné, je cherche encore la façon de faire et j’espère bien la trouver.

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Quel genre de musique aimez-vous le plus, en ce moment, et pourquoi? Que pourriez-vous recommander aux lecteurs de ce blogs?

Je suis très éclectique en matière de musique, cela va du classique au populaire en passant par le jazz et la musique folklorique. Etant très présente sur « facebook », je reçois beaucoup de vidéos de toute sorte de musiciens, ce qui me permet de découvrir constamment de nouveaux talents

 

https://cestpasmoijeljure.com/2019/05/19/les-ptits-souvenirs-du-dimanche-soir-37/

 

 

 

 

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Jamais un monde vivable ne pourra se construire en tolérant de telles choses, pire que les tolérer : en les commanditant. 

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Martine Niceday

6 h ·

Je repartage ce texte de Michèle Végé, qui date de 2017, tellement fort, tellement vrai.
En revanche, je l’accompagne de photos ‘mignonnes’ parce que bon, il y a des jours où non, et que de toute façon, la vidéo est masquée par FB…

« Comme c’est dur…
Et devoir essayer de convaincre les gens un par un d’ouvrir les yeux, certains qui t’écoutent en te répondant « Oh oui, tu as raison, c’est vrai, c’est beau, ton combat », et qui se hâtent ensuite d’aller liker des photos de jambons pendus dans un fumoir…
D’autres qui disent aimer les animaux, mais « Je ne pourrai jamais me passer de viande ! » (Mais si, mon gars : « pouvoir », tu pourrais. C’est « vouloir », que tu ne veux pas…)

Ça devient de plus en plus insoutenable de découvrir toujours plus d’horreurs, certaines choses qu’on n’ose même plus partager tellement l’on se retrouve soi-même le cœur emballé de peine, d’indignation, et d’impuissance (cela m’est arrivé hier soir, devoir sortir respirer un peu d’air frais pour arriver à me calmer après avoir lu un témoignage d’employé d’abattoir, racontant qu’il aime bien, avec un couteau tranchant, découper des rondelles dans le groin des cochons vivants.
Et frotter ensuite cette chair à vif avec une grosse poignée de sel – parce que ça le fait marrer d’entendre leurs cris de souffrance redoubler . Extrait de « Eating animals », de Jonathan Safran Foer.)
Désespoir. Devant le déni des consommateurs, qui n’ont pas encore compris que pour travailler dans une chaîne d’abattage, il faut être cinglé – ou le devenir très vite, pour tenir le coup.
Vous en voulez une preuve ? Iriez-vous, vous ?
Voilà, vous avez la réponse.
Faut-il rentrer dans les détails ?
Les animaux ne VEULENT pas mourir. Ils bougent, ils se débattent, ils essayent de faire demi-tour, donc ils deviennent des ENNEMIS, pour les employés taraudés par l’exigence de rentabilité.
Ceux qui refusent de frapper, de bousculer, ceux qui auraient de la compassion, n’arriveront à rien. Alors soit ils perdent toute compassion, soit ils se barrent du poste.
C.Q.F.D.

Dans la vidéo ci-dessous, on voit un cochon – déjà égorgé, mais pas du tout mort – jeté, complètement conscient, dans le bain d’eau bouillante.
(Procédure habituelle, le bain d’eau bouillante : c’est pour enlever plus facilement les poils. Sauf qu’en principe on attend qu’ils soient morts avant de les mettre dans la cuve, PUTAIN DE BORDEL DE MERDE !)
Mettre un pied, pour comprendre, seulement un pied, dans de l’eau bouillante, et essayer de l’y laisser plus d’une seconde… Lui il y est jeté tout entier, son sang sortant à gros bouillons de sa gorge et venant se rajouter au bouillonnement de la cuve, dans laquelle il se noie en se débattant comme un fou et en criant d’effroi – ceci est juste une épouvante. Jamais un monde vivable ne pourra se construire en tolérant de telles choses, pire que les tolérer : en les commanditant.
Des gens vont ensuite manger sa chair, et croyez-moi, il ne sera pas indiqué sur la barquette que cet animal aura vécu une torture sans nom, quasiment cuit vivant en train d’agoniser ; non, la barquette indiquera peut-être plutôt « + 2 tranches gratuites ! », et les consommateurs se réjouiront de faire si bonne affaire.
(Tout en aimant les animaux, cela va de soi.)

Faites gaffe, les consommateurs : cette scène se passait en Belgique (dans l’abattoir de Tielt) il y a deux mois, pas à l’autre bout des siècles, ni du monde ; pas dans les pays dont les bien-pensant se défoulent à critiquer la cruauté reconnue envers les animaux, Chine, par exemple – ah que c’est bon, de taper sur les asiatiques qui ébouillantent les chiens vivants, n’est-ce pas ?
Mais attention, européens… Peut-être bien que la dernière tranche de jambon que vous avez « offerte » à votre enfant, provenait d’un animal ayant subi le même traitement.
Ou celle qui remplissait votre dernier sandwich acheté au bord de la mer.
Oui, ça se pourrait bien, parce que des vidéos d’atrocités commises en abattoir, j’en ai personnellement près de 1 000 en archives – et pourtant je ne cours pas après, je ne les cherche pas. Je les vois juste passer, et je les archive.
Pensant que peut-être un jour, l’une ou l’autre d’entre elles réussira à prouver à une personne de plus, que le « monde de la viande » n’est qu’un monde de barbarie, et la convaincra d’en sortir.

Je crois quand même que grâce aux associations qui diffusent sans relâche et bombardent les médias d’informations sur le très glauque sujet de l’abattage d’êtres sentients, maintenant beaucoup de gens savent, beaucoup de gens ont vu ; mais c’est comme toujours : tant que la majorité d’entre eux reste carniste, c’est bien tentant de continuer de s’entre-autoriser, mutuellement et complaisamment, à « rester dans la normalité » – puisque que la normalité, dans nos sociétés actuelles, est encore de manger des animaux – et de boire leur lait.

Une amie me passe hier en mp un lien vers une vidéo d’abattage de veaux laitiers : un massacre épouvantable, comme toujours.
Je lui ai répondu : « Je vais essayer de faire un post.. Mais que dire de plus que je n’aie déjà écrit cent fois… »
Et elle, m’avait écrit : « Est ce que les gens regardent encore les vidéos ? »
Voici ce qu’il y avait, sur ces images d’abattoir : des veaux minuscules (qui ont été enlevés à leur mère dès la naissance, vaguement engraissés quelques jours, puis entassés, complètement effrayés, dans des camions – ça, ce sont les étapes préliminaires, qu’on ne voit pas sur la vidéo) : par contre on y voit les pinces électriques de « l’étourdissement » emprisonner leur pauvre petite tête effarée, jusqu’à ce que de la fumée en sorte.
Comme dans « La ligne verte » : vous souvenez-vous de ce film ?
Dans lequel une espèce de petite crevure fait exprès de ne pas mouiller la tête d’un condamné à mort, pour que son cerveau crame sous le casque électrifiant, au lieu que le courant passe plus vite, grâce à l’eau, et le tue plus rapidement ?

Dans les abattoirs on ne prend pas la peine de mouiller la tête des condamnés, tout le monde s’en doute : on envoie le courant cash ; regardez les têtes fumer, si vous en avez le courage : c’est

ici https://www.facebook.com/1286707458073634/videos/1304868782924168/ , et c’est ceci dont les gens se plaisent à croire qu’il s’agit « d’abattages pratiqués humainement. »
Vous ne trouverez pourtant jamais mieux. Tout ceci est une pratique légale, et pire que fréquente : généralisée, et des plus officielles qui soient.
« Animals go into the slaughterhouse alive, and come out chopped into pieces, and people like to think something humane happens along the way. » ~ Larry Fisher
(« Les animaux entrent dans l’abattoir vivants et ressortent hachés en morceaux, et les gens aiment penser que ce qu’il se passe en cours de route est humain. » Larry Fisher)

Un peu plus tard hier soir, dans un autre mp avec une autre personne que j’avais vu s’indigner (d’une scène d’électrocution d’un cochon, cette fois – également une pratique légale et généralisée), cette dernière a écrit : « Je suis curieux et intéressé, mais je ne souhaite pas devenir végétarien, je préfère être clair et franc avec toi 😉  »
Moi : – Je disais pareil il y a 5 ans. Quand tu sauras tout, tu changeras peut-être d’avis.
La personne : – Ou alors vaut mieux pas savoir 😉

Que ces clins d’œil sont blessants, pour ceux qui SAVENT ! Où est le motif de clin d’œil, là ? Où est le terrain de plaisanterie ou de complicité, sur un tel sujet ?
Il a l’air gentil, ce gars… Il aime son chien, il aime les animaux, il est complètement retourné par certaines images cruelles…
Alors je lui ai répondu « Si les gens qui aiment particulièrement les animaux ne sont pas les premiers à changer, et à essayer de faire changer le monde pour eux, alors qui. »

Mais je sais qu’on part vers une longue discussion, « la nuit des temps », « les protéines », « les canines », etc…
Qui peut interrompre à tout moment. Car peut-être, en cours de route, préférera-t-il effectivement « ne pas en savoir plus » ; ne pas apprendre par exemple non plus que l’être humain est parfaitement et totalement équipé de la tête aux pieds, pour trouver dans les végétaux toutes les protéines nécessaires au fonctionnement de son organisme.
Parce que le jambon, c’est bon. Alors ça peut enlever l’envie de trop se pencher sur le problème.
Même si la charcuterie est mauvaise pour la santé.

Il y a tant de choses, à savoir… Avant de comprendre… Avant d’ouvrir complètement les yeux…

Avant-hier, un ami me raconte le sauvetage de quelques chevreaux.
Étiez-vous au courant, que les producteurs de fromage de chèvre vendent généralement les chevreaux PLUS CHERS aux personnes qui essayent d’en sauver quelques-uns de l’abattoir, qu’aux abattoirs eux-mêmes ?
Ces fameux « petits producteurs » qui parfois débarquent sous nos posts – en commençant systématiquement par essayer de nier la réalité des informations que l’on partage, et en baratinant les profanes – comme quoi non, il n’y aurait « aucune souffrance dans la production de fromages de chèvres », ah comme elles sont heureuses, toutes ces jolies biquettes, à gambader dans l’herbe !
Puis quand on les pousse dans leurs retranchements, en leur demandant « Où sont les chevreaux ! », ils se mettent immédiatement à se victimiser : « Vous croyez que ça nous amuse, de devoir les envoyer à l’abattoir ? C’est une épreuve, pour nous aussi, mais on ne peut pas les garder ! »
(C’est le seul point où ils ont raison : évidemment, qu’ils ne peuvent pas les garder ; qu’est-ce qu’ils en feraient, années après années, de tous ces petits naissant à chaque printemps – dont la moitié de mâles, et tous programmés pour vivre 15 ans ! )
Combien de militants ont participé ou assisté à des discussions de ce genre. Mais c’est fou : quand on donne à ces « si gentils éleveurs, tellement malheureux d’être obligés d’envoyer les chevreaux à l’abattoir » l’occasion d’en épargner quelques-uns, c’est-à-dire quand des particuliers se proposent de les leur racheter (des particuliers qui vont se cogner pendant 15 ans de les entretenir « pour rien », et à leurs propres frais), pensez-vous qu’ils leurs en seraient reconnaissants ?
Que dalle : ils ont senti le filon, ils savent qu’un vegan payera la somme demandée, si il a décidé à tout prix d’empêcher que les petites peluches nées à proximité de chez lui partent se faire égorger au Maghreb : alors les éleveurs gonflent les prix.
Si c’est pas la dernière enculerie de la filière, ça…

Idem pour les éleveurs de bovins : combien de fois avons-nous vu un éleveur revendre, deux fois son prix, à une asso de sauvetage, une vache laitière réformée…

Non, il n’y a pas QUE dans les abattoirs, que les animaux ne sont considérés que comme des objets à faire du fric. »
Michèle Végé

Une histoire de marguerite

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Je t’aime un peu beaucoup……..

Marguerite était très timide. Elle était jonquille, mais elle était très timide. Elle perdait vite les pétales.
En plus elle était très malade.
Elle décida d’aller voir un médecin pour fleurs et elle se rendit chez le Dr Bouquet, Corolle Bouquet. (Qui habitait rue Léon Blum).
– Bonsoir Docteur.
– Bonsoir Marguerite. Alors que se pistil ma petite Marguerite ?
– J’ai fait des bêtises docteur.
– Vase ? Je vous demande chardon ? Quel genre de bêtises ?
– Je me suis myo-sottises !
– Ce n’est pas grave… Marguerite c’est de ton âge. Toutes les petites fleurs font des sottises!
– Ce n’est pas tout, docteur!
– Aaah bon… ?
– Non, je suis amoureuse de Fanfan la Tulipe et ça me donne des végétations et puis, quand je mange, j’ai du mal à Azalée !… et j’ai les oreilles qui bourgeonnent.
– Aaaah, ça c’est plus grave… Je vais devoir t’opérer. Quelle heure est-il ?
– Sécateur docteur.
– Déjà. Opérons vite !
Hélas, l’opération rata. Marguerite fut paralysée dans la fleur de l’âge et elle resta plantée là … comme un légume.
Elle alla porter plante au commissariat. Chez les flicus. Mais personne ne voulait l’écouter.
On lui répétait sans cesse :
« Aaaah mais mademoiselle, il faut accepter les conséquences: cette opération a été réalisée à fleuristes et périls. »
Marguerite était très très malheureuse. Elle tenta même de mettre fin à ses jours.
Il lui restait pourtant une toute dernière chance : une greffe.
Ce fut le docteur Bouquet qui réalisa l’opération et cette dernière réussit parfaitement. Marguerite était guérie.
Elle redevint pollen de vie, elle put recommencer à jouer à cache-cache-pot et se maria avec Chris (Chris Anthème) qu’on croyait homo mais qui était terreau et elle devint graine d’Angleterre.
Car Chris Anthème était engrais.
Marguerite fut heureuse pour des siècles et des cyclamens.
On peut dire qu’elle a eu du pot….
elodie@mamandunet.com

Le club des Juliette

LE CLUB DES JULIETTE.

À Vérone, j’apprends une jolie histoire.
Dans la première moitié du XXe siècle, un jardinier s’occupait d’entretenir le cimetière où se trouve le mausolée de Juliette. Les touristes venaient regarder sa tombe, les amoureux venaient s’y embrasser, et les malheureux y pleurer. Emu par les scènes auxquelles il assistait quotidiennement, le jardinier dressa des oiseaux pour que ceux-ci, à son ordre, viennent se poser sur l’épaule des âmes en peine, puis leur donnent, d’un coup de bec furtif, un baiser. Ce phénomène plut, intrigua, et, petit à petit, des lettres parvinrent du monde entier pour demander à Juliette des conseils amoureux. 


Le jardinier prit l’habitude d’y répondre de sa belle plume en signant Juliette.
Lorsqu’il mourut dans les années cinquante, les enveloppes continuèrent à s’amonceler avec, comme seule adresse, cette mention : « Juliette, Vérone, Italie ». Certains Véronais décidèrent de perpétuer cette pratique et ils créèrent Le Club des Juliette, un groupe de sept femmes qui rédigeraient des lettres à l’intention des malheureux ou esseulés exposant leurs problèmes. 

Hier soir, j’ai rencontré les sept Juliette d’aujourd’hui, des intellectuelles, des psychologues, des sociologues, des avocates qui correspondent avec des condamnés à mort du Texas ou un gardien de phare en Chine…

Étrange Vérone que les Italiens ont construite et qu’un anglais, Shakespeare, a rendue célèbre…

(Extrait du Journal d’écriture, CONCERTO A LA MEMOIRE D’UN ANGE, Éric-Emmanuel Schmitt)