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Evolution de la langue française depuis les gaulois

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(D’après « Revue encyclopédique », paru en 1899)

Le problème de l’origine de notre langue a reçu depuis le XVIe siècle les solutions les plus diverses ; on a tour à tour rattaché le français au grec, au celtique, au germanique, à l’hébreu, à d’autres langues encore.

Il semble en réalité que le français dérive du latin importé en Gaule après la conquête de César, et qu’il commence de s’en affranchir après que la chute de l’empire romain et les invasions barbares aient isolé notre territoire des autres contrées européennes.
Quelles sont les caractéristiques de ce latin et la façon dont il avait donné naissance au français ? On reconnut dès l’abord que la langue importée en Gaule par les colons, les marchands ou les fonctionnaires ne pouvait pas être identique au latin des auteurs classiques ; les Latins ne devaient pas plus parler la langue de Cicéron ou de Sénèque que nous ne parlons le français de Voltaire ou de Chateaubriand.

On distingua donc du latin littéraire, en partie fixé par la tradition, un latin vulgaire, langue parlée, beaucoup plus libre dans son développement, sans être d’ailleurs, comme on l’a dit trop souvent, la langue du bas peuple, l’argot des soldats ou le patois des colons italiens.

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Légende : Charlemagne se fait voleur par ordre de Dieu

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Une nuit que Charlemagne se livrait au sommeil dans son nouveau palais appelé Kaiserpfalzun ange lui apparut et lui annonça que par ordre de Dieu il devait commettre un vol. Découle de cette singulière aventure le surnom d’Ingelheim que Charles le Grand donna à sa résidence favorite, située à 15 km de Mayence et d’où ce puissant empereur commanda à la moitié de l’Europe.

A l’annonce faite par l’ange du vol que l’empereur devait commettre, ce dernier s’écria, indigné :

« — Quoi ! Mes cheveux ont blanchi dans le chemin de l’honneur, mes trésors regorgent d’or et d’argent, le Rhin et le Danube me paient tribut, mon sceptre s’étend même sur Rome la ville éternelle et je serais obligé de me faire voleur ! Non, Dieu ne peut m’imposer un ordre semblable.

— Ne discute point les décrets de la providence, lui répondit le céleste messager ; ses desseins sont impénétrables et ce que les hommes considèrent souvent comme un mal, Dieu dans sa divine sagesse ne le permet que pour leur bien. »

Vue d'artiste du Kaiserpfalz d'Ingelheim

Vue d’artiste du Kaiserpfalz d’Ingelheim

En disant ces mots l’ange disparut. Charlemagne, vaincu par un ordre aussi formel, se revêt de son armure et l’épée à la main sort sans bruit de son palais. La nuit était noire et épaisse : Charles ne sait où diriger ses pas ; l’ordre divin l’inquiète et le tourmente. Comment faire pour voler et ne pas se laisser prendre ? Et l’empereur pensait : « Que n’ai-je auprès de moi ce coquin d’Elbegast ! Si souvent je l’ai fait poursuivre pour ses vols ! Si souvent menacer de la potence et de la roue ! Et maintenant je donnerais mes trésors pour avoir ses conseils et son aide. »

Et Charles soupirait amèrement. Tout à coup il sentit son glaive se détacher de sa main, sa tête chauve se dépouiller de son casque et les lanières de sa lourde armure se dénouer, puis une voix railleuse lui glisser à l’oreille ces paroles : « Majesté, ce costume est très propre aux tournois et aux sanglantes mêlées, mais quand il s’agit de faire un coup on laisse tout cela chez soi. »

Charles étonné se retourne et aperçoit la figure grimaçante du nain Elbegast qui continua en ricanant :

« — C’est pour ce motif que j’ai rapporté les armes de sa majesté dans son appartement, et si elle veut réellement commettre un vol je me mets à sa complète disposition. Envie-t-elle par hasard les biens d’un naïf campagnard, les trésors d’un riche comte ou le sac bien rempli d’un pieux abbé ? Qu’elle parle et je la conduirai.

— Non, je ne veux rien de tout cela, soupira l’empereur.

« — Voyons ! il me vient une idée ! s’écria le nain. Oui, c’est cela ! Non loin d’ici habite le comte Harderich ; nous pouvons sans remord lui rendre une visite. C’est un gaillard de la pire espèce : il rompt la trêve de Dieu, trafique sur les besoins du peuple, opprime la veuve et l’orphelin et, qui pis est, souhaite la mort de votre majesté. Non, voler chez lui n’est pas un crime.

— Tu as raison, répondit l’empereur, c’est mon homme. Allons ! »

Les deux compagnons se dirigent à pas rapides vers l’opulent manoir du comte. Arrivés, le nain murmure quelques paroles magiques, et, comme par enchantement, les lourdes portes roulent sur leurs gonds. L’empereur pénètre dans la vaste salle des ancêtres contiguë à la chambre à coucher du comte, tandis que le nain se glisse doucement et sans bruit dans l’écurie pour y prendre le coursier favori du comte.

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Un peu d’histoire

15 août 1947

Indépendance de l’Inde et du Pakistan

 

L’Inde indépendante naît officiellement dans la nuit du 14 au 15 août 1947, à minuit. Sa naissance est annoncée à Delhi par le chef du gouvernement, Jawaharlal Nehru. Quelques heures plus tôt, à Karachi, le rival de ce dernier, Ali Jinnah, a proclamé la création du Pakistan.

Cette double naissance est l’aboutissement de longues et douloureuses tractationsentre le colonisateur britannique et les Indiens mais plus encore entre les Indiens eux-mêmes (les Anglais s’étaient pour la plupart résignés à quitter les Indes dès 1930)…

Les explosions de haine entre majorité hindoue et majorité musulmane ont conduit à la division du sous-continent indien que les Anglais avaient réussi à unifier pour la première fois de son Histoire.

Multiples identités

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À la veille de sa dissolution, l’empire britannique des Indes comptait 410 millions d’habitants dont 281 millions d’hindous, 115 millions de musulmans, 7 millions de chrétiens et 6 millions de Sikhs, cela sur 4 millions de km2. La scission va laisser 33 millions de musulmans en Inde (10% de la population), les autres se retrouvant au Pakistan.

Le drapeau de l'Union indienneL’État principal issu du British Raj s’appelle officiellement Union indienne ou République de l’Inde. C’est aujourd’hui une république fédérale de 28 États et 7 territoires, associée au Commonwealth, dernier vestige de l’empire britannique.

Le drapeau du PakistanLe Pakistan est une invention du XXe siècle. Son nom, conçu par un jeune universitaire en 1933, signifie le « pays des purs ». Devenu une République islamique, il est comme l’Inde resté fidèle au Commonwealthbritannique.

L’indépendance de tous les dangers

Le Congrès national indien, qui regroupe les élites hindoues, réclame dès le début du XXe siècle l’autonomie, voire l’indépendance. La Ligue musulmane, toute aussi désireuse de voir partir les Anglais, exige la création d’un État proprement musulman, le Pakistan.

Son chef, Mohamed Ali Jinnah, récuse tout idée de confédération entre cet État et la future Union indienne. Il entretient ses coreligionnaires dans la conviction qu’ils ne pourront jamais vivre en paix s’ils sont en minorité face aux hindous. Après la conférence de Simla, conclue sur un échec le 14 juillet 1946, il les appelle à une journée d’action directe, le 16 août 1946. Il s’ensuit plusieurs milliers de morts rien qu’à Calcutta. C’est la première explosion de haine entre les deux communautés.

Les Britanniques n’en confient pas moins la direction du British Raj à un gouvernement intérimaire dirigé par le pandit Jawaharlal Nehru, compagnon de route de Gandhi. Ils convoquent par ailleurs une assemblée constituante en décembre 1946 mais celle-ci est boycottée par la Ligue musulmane. Les affrontements sanglants entre les deux communautés commencent à se multiplier.

En février 1947, Londres dépêche à Delhi le prestigieux Louis Mountbatten (46 ans), cousin de la future reine Elizabeth II, en qualité de vice-roi des Indes (ou gouverneur général) afin de dénouer le conflit.

Lord Mountbatten en négociations entre Nehru et Ali Jinnah

Le combat des chefs

Mountbatten cultive d’excellentes relations avec Nehru mais il désespère de préserver l’unité du British Raj et, en désespoir de cause, choisit d’accélérer le processus d’indépendance, quoiqu’il en coûte.

Sir Cyril Radcliffe, un juriste anglais de qualité, se voit confier la tâche de délimiter la future frontière entre Pakistan et Inde.

Finalement, la passation des pouvoirs a lieu comme prévu le 15 août 1947, à Delhi, au fort Rouge, l’ancien palais des empereurs moghols. La fête est réussie, malgré l’absence de Gandhi, plongé dans un nouveau jeûne en guise de protestation contre la partition, qu’il qualifie à juste titre de « vivisection ».

Cependant que Nehru devient Premier ministre de l’Union indienne, Lord Mountbatten troque son titre de vice-roi contre celui de gouverneur général (chef d’État sans véritable pouvoir) ; il le conservera à titre transitoire jusqu’au 21 juin 1948.

La veille, à Karachi, Lord Mountbatten a proclamé la création du Pakistan. Beaucoup moins accommodant que Nehru, Ali Jinnah s’est d’emblée attribué le titre de gouverneur général avec tous les pouvoirs…

Le jour de l’Indépendance (et de la Partition)

Le documentaire ci-après (British Pathe) montre les festivités officielles à Karachi et Delhi, les 14 et 15 août 1947…

https://player.vimeo.com/video/229278512

Visions d’enfer

Immédiatement, dans l’affolement, la plupart des hindous et sikhs du nouveau Pakistan plient bagage et rejoignent vaille que vaille l’Union indienne ; ils sont imités en sens inverse par de nombreux musulmans. De 1947 à 1950, dix à quinze millions de personnes se croisent ainsi par-dessus les frontières des deux nouveaux États, occasionnant au passage d’innombrables incidents meurtriers.

Dans les villages où cohabitent les communautés (hindous, musulmans, sikhs) ont lieu des scènes d’épouvante, pires qu’en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, aux dires de témoins britanniques : massacres à l’arme blanche, viols, mutilations… On compte 400 000 à un million de morts rien que dans l’été 1947. (…)

L’indépendance des Indes, de loin la principale région sous tutelle européenne, va donner le signal de la décolonisation. Après les Indes néerlandaises (Indonésie), Ceylan (Sri Lanka) et la Birmanie, en 1948, les Européens vont se résigner à lâcher leurs autres possessions, essentiellement en Indochine et en Afrique.

L’adieu du dernier vice-roi des Indes

Les images ci-après sont empruntées à un très beau documentaire de la BBC. Elles témoignent de l’élégance de Lord Mountbatten et de son art de la persuasion face aux leaders hindous et musulmans. Elles offrent aussi un éclairage des horreurs dont s’est accompagnée la partition du sous-continent…

https://player.vimeo.com/video/229279373


Épisode suivant Voir la suite

Boui-boui – Café ou restaurant de piètre qualité –

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C’est en l’année 1854 que ce mot parut pour la première fois dans une œuvre littéraire,Paris anecdote, un petit volume écrit par Alexandre Privat d’Anglemont (1815-1859), et voici les lignes de la page 34, où il se trouve :

« Les impresarii des marionnettes y établissent leurs quartiers généraux. Ceux-ci ont importé toute une industrie dans la rue du Clos-Bruneau. Ils y font vivre toute une population qui rappelle de loin certains personnages des contes fantastiques d’Hoffmann.

Elle est toute employée à la fabrication des fantoccini. Il y a d’abord le sculpteur en bois qui fait les têtes… A côté de lui se trouve l’habilleuse qui fait les costumes… Puis viennent les cordonnières, celles qui font les souliers de satin pour les marionnettes danseuses et les bottes en chamois pour les chevaliers…

Enfin, le véritable magicien de ce monde, celui qui ensecrète les bouisbouis.

Ensecréter un bouisbouis consiste à lui attacher tous les fils qui doivent servir à le faire mouvoir sur le théâtre : c’est ce qui doit compléter l’illusion. »

Or, une fois connue comme synonyme de marionnette, l’expression de bouisbouis aura été employée par quelque auteur de revue dramatique qui, au lieu de dire : un théâtre à marionnettes, aura dit pour rajeunir son style, un théâtre à bouisbouis et, par ellipse, un bouisbouis, absolument comme on dit tous les jours, familièrement, un guignol, pour un théâtre analogue à celui de Guignol, aux Champs-Élysées. la suite ci-dessous :

http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article12934

Et si c’était vrai !

 

 

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A l’heure du progrès qui se propage à la vitesse de l’éclair, à la libération de l’homme, de la femme, du sexe,

A l’heure où «  l’information-désinformation » bat son plein, comment s’y retrouver et faire le bon choix entre ce qu’on peut croire et ce dont on doit se méfier ?

Il y a bien sûr le bon sens qui nous dit  que le rejet de tout ce qui a construit notre humanité ne peut pas être bon  car nous sommes alors privés de points de repère et de cadre  de référence et cette situation devient  une sorte de bombe à retardement.

Mais il y a aussi, ceux qui, bien avant nous, on prédit ce qui arriverait, qu’il s’agisse des catastrophes sismiques, de l’Atlantide, des extraterrestres, de l’arrivée du Messie, du manque de droiture des dirigeants etc…..

Bien sûr, les hommes ont ri de ces « fadaises » toutes ces choses ne pouvaient pas arriver car elles étaient un frein à leur course en avant  vers…………..le néant et ils ont préféré considérer ces oiseaux de mauvaise augure comme des illuminés.

Et voila que ces écrits réapparaissent, des hommes, des fous surement, nous rappellent les prédictions de  Edgar Cayce, pour ne citer que lui.

-Ces quelques lignes vous ont intéressés ?

-Vous voulez en savoir d’avantage, avant qu’il ne soit trop tard  ?

Suivez ce lien

et ensuite seulement vous déciderez qui et que croire. Yaël

http://rustyjames.canalblog.com/archives/2011/02/06/20320485.h

Un peu de grammaire

Accueil » Actualités » Pour ne pas se tromper : accord du participe passé devant un infinitif

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Le 09 aoû 2017

Pour ne pas se tromper : accord du participe passé devant un infinitif

Cet été, on prolonge les leçons de grammaire pour les auteurs les plus assidus. Il y en a, car l’audience ne fléchit pas durant ce mois d’Août, alternant canicule et averses. Le plus passionnant, c’est qu’Elen Brig Koridwen soulève des questions que nombre d’entre nous ne nous sommes (presque) jamais posées. La grammaire, sa rigueur et son exigence peuvent être aussi un jeu. Astuces et raccourcis suppléent parfois aux longues leçons ardues. Merci des tuyaux…

Trouver des astuces pour résoudre les difficultés de la grammaire

Bonjour, ami(e)s auteurs ! Me revoici parmi vous avec un petit billet de la série « Pour ne pas se tromper ». Cette fois, comme je vous l’avais promis, il portera sur l’accord du participe passé devant un infinitif.

En guise d’introduction, je vous propose un petit texte à vocation mnémotechnique : « Après s’être vue échouer, elle s’est vu critiquer. Elle s’est sentie rougir mais ne s’est pas fait manipuler, ni laissé influencer. »
Aaargh, ça commence mal, s’exclameront certains d’entre vous. Au nom de quelle règle tordue doit-on écrire « vue échouer », mais « vu critiquer » ? Ne vous sauvez pas déjà ! Je vous rassure, c’est très facile.

1) Le participe passé S’ACCORDE lorsque le sujet de la phrase accomplit l’action du verbe à l’infinif.

Inutile de courir chercher une poche de glace pour votre pauvre crâne, car en vérité, c’est d’une simplicité lumineuse :
« Après s’être vue échouer » : c’est la personne qui échoue/échouera, elle est donc le sujet de ce verbe → « vue » s’accorde avec le sujet, féminin singulier.
D’autres exemples ? Oui-da ! En voici à foison, messeigneurs et gentes dames :
« Cette blague-là, je l’ai sentie venir. » (c’est la blague qui arrive)
« La comédie que j’ai vue se dérouler » (c’est la comédie qui s’est déroulée)
« Les mères s’étaient parfois entendues mentir à leurs enfants. » (ce sont les mères qui ont menti)

Bien entendu, cette règle s’applique même si la personne/l’animal/la chose qui accomplit l’action du verbe à l’infinitif est représenté(e) par un pronom :
« Julie est là. Je l’ai entendue arriver. »

Une petite martingale pour savoir si le sujet accomplit bel et bien l’action ?

ASTUCE n° 1 : Chaque fois que vous pourriez intercaler « en train de » avant le verbe à l’infinitif, accordez d’office.

« Ma sœur s’était imaginée (en train de) réussir. »

2) Le participe passé NE S’ACCORDE PAS lorsque le sujet de la phrase n’accomplit pas l’action du verbe à l’infinif.

« Ce jour-là, elle s’est vu critiquer et ne l’a pas supporté » : ce n’est pas la personne qui s’autocritique, elle n’est donc pas le sujet de ce verbe → « laissé » ne s’accorde pas.
N’est-ce pas limpide ? Autres exemples :
« La comédie que j’ai vu jouer » (ce sont les acteurs qui la jouent)
« Les professeurs s’étaient parfois entendu mentir. » (Ce ne sont pas eux qui mentent)

D’autres trucs utiles à glisser dans votre boîte à outils ? Mais comment donc ! Servez-vous :

ASTUCE n° 2 : Chaque fois que vous pourriez ajouter « par (quelqu’un/quelque chose) » après le verbe à l’infinif, ne vous posez aucune question : n’accordez pas, un point c’est tout.

« La mélodie que j’ai entendu chanter. » (sous-entendu : « par les choristes, un passant, etc »)

Pour finir, les prétendues exceptions qui tuent.
On vous dira : Le participe passé du verbe faire (ou se faire) devant un infinitif ne s’accorde jamais.
Mais ça tombe sous le sens, puisque « se faire (donner, remarquer, avoir, tromper, avoir, etc) » implique que c’est forcément quelqu’un d’autre qui accomplit l’action du verbe à l’infinitif. Il ne s’agit donc pas d’une règle d’exception.
« Vous n’aurez plus à redouter de vous être fait critiquer. »

On vous dira aussi : Les participes passés : laissé, permis, pensé, espéré, voulu, cru, pu, su, dû, dit, affirmé, confirmé, eux non plus, ne s’accordent jamais.
Eh oui, l’abominable « Je me suis permise de dire » est ultra-fautif ! (Tiens, là encore je soulage ma vessie – que voulez-vous, à mon grand âge, on devient incontinent… 😉 – sur la réforme de l’orthographe, qui veut supprimer le trait d’union après « ultra » ; suppression parfois heureuse, mais parfois malvenue. )

Exemples avec ces fameux verbes :
« Ils se sont laissé grossir. »
« La catastrophe s’est confirmé découler de leur imprudence. »
En l’occurrence, c’est bien le sujet qui fait l’action. Serions-nous en présence d’une authentique règle d’exception bien vénéneuse, du genre que sécrète traîtreusement notre langue bien-aimée ? (Comme toute maîtresse qui doit se mériter, elle n’aime pas nous laisser mollir, c’est indéniable…)
Eh bien pas cette fois-ci, mesdames et messieurs. Car vous remarquerez que l’on ne peut pas appliquer à ces exemples l’astuce n° 1 : intercaler « en train de… ».

La seconde règle d’exception est donc également inutile, et je ne l’ai mentionnée que parce qu’elle figure sur quelques sites patentés – où « confirmé » était omis, soit dit en passant, ainsi peut-être que d’autres exceptions. Mais ce n’est pas grave, puisque nous disposons de l’outil adéquat pour savoir s’il faut accorder ou non.
Bref, il n’est pas nécessaire d’apprendre par cœur cette liste d’exceptions pour éviter de vous tromper.

Mon conseil : Ne vous occupez pas des exceptions, de l’auxiliaire être ou avoir, du COD, des verbes réfléchis, ni de toutes les finasseries dont abusent les sites compétents pour vous expliquer les règles – sites qui militent sans le savoir pour la réforme susdite, tant leurs formules alambiquées feraient tourner en bourrique le plus aguerri des académiciens.

Dégainez directement l’astuce n° 1 : « en train de… ». Si ça colle, accordez le partipe passé ; dans le cas contraire, ne l’accordez pas.
Avec ce petit outil dans votre poche, vous êtes sûr(e)s de trouver la lumière dès l’entrée du tunnel.

Remarque : On peut néanmoins, si on le souhaite, prendre en compte UNE exception qui n’en est pas vraiment une.
Avant la réforme de l’orthographe, il y avait des cas où l’accord après « laissé » était justifié : « Elles se sont laissées grossir/maigrir, etc », « Elle s’est laissée croire/imaginer que… », « Ils se sont laissés aller/dépérir, etc »…
Dans ces cas-là, en effet, le sujet accomplit bel et bien l’action du verbe à l’infinitif. Pourtant, l’astuce « en train de… » ne fonctionne pas : on ne se laisse pas « en train de grossir ».

En revanche, vous pouvez utiliser cette

ASTUCE n° 3 : Si vous avez un doute sur l’accord avec « laissé », remplacez-le par « autorisé(e/s) à… » : « Elles se sont autorisées à grossir, à croire, à dépérir… ». Si la phrase est cohérente, c’est que vous êtes en droit d’accorder selon l’ancienne manière.

Vous avez donc le choix : soit vous simplifier la vie en appliquant la réforme (facultive, je le répète) qui recommande de ne plus jamais accorder « laissé » ; soit employer « autorisé à » pour voir si ça sonne juste, et dans ce cas, faire comme moi : uriner joyeusement sur ladite réforme, qui a le tort de faire table rase de jolies nuances de notre langue.

Vous voyez, ça avait l’air compliqué, mais en fin de compte : même pas mal ! Moralité : comme bien souvent, les réformateurs sont partis du principe que nous serions trop ballots pour nous en sortir, et ont simplifié quelques cas sans véritable nécessité. CQFD (« Ce Qu’il Fallait Démontrer » – traduction pour les non-matheux, lesquels sont légion parmi les auteurs).

À l’avenir, mes ami(e)s, vous pourrez vous offrir le luxe d’accorder à bon escient…
Bonnes corrections à toutes et à tous, et à la semaine prochaine pour le prochain billet sur la réécriture !

Elen Brig Koridwen

 

http://www.monbestseller.com/actualites-litteraire/7972-pour-ne-pas-se-tromper-accord-du-participe-passe-devant-un-infinitif?sstc=u13168nl7983