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L’histoire de « Petit Rrené »

 

J’ai vécu 6 ans en Afrique, en Côte d’Ivoire, de 1973 à 1979.

Mon mari avait, par le plus grand des hasards, trouvé du travail à Abidjan et c’est avec mes deux enfants âgés alors de 11 et 4 ans, que je l’ai rejoint.

Six années que je ne voudrais revivre pour rien au monde mais qui pourtant, dans ma vie, sont un tournant sans lequel je ne serais pas devenue ce que je suis.

Avec le temps, la douleur de cette expérience s’est estompée pour faire place à des souvenirs emprunts de beaucoup de douceur pour ce peuple que j’ai alors découvert, aimé, défendu et aussi admiré.

A ma façon, j’ai écrit poèmes et contes, transposition surement des émotions ressenties et aujourd’hui, je vous livre l’histoire de « Petit Rrené »

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Destins croisés

 

Quand on vit dans ce coin d’Afrique, il faut avoir le coeur sacrément bien accroché pour supporter cette fringale qui vous taraude du matin jusqu’au soir et du courage, « petit Rrené » en avait à revendre car cela faisait des années qu’il ne mangeait pas à sa faim et pourtant, il était toujours debout.

Ce matin, il s’était levé de bonne humeur et après s’être frotté les yeux pour y voir plus clair, décrotté le nez pour mieux respirer et gratté le derrière qui le démangeait encore plus que d’habitude, il avait décidé que ce jour là ne serait pas comme les autres.

Sans but précis, il déambulait dans les ruelles étroites se dirigeant vers la place du marché dont les poubelles, il le savait, regorgeraient de nourriture qui ferait son dimanche même si on n’était que mardi.

Lorgnant le soleil déjà très haut dans le ciel, il décida qu’il devait être au moins midi, heure propice aux recherches et aux trouvailles.

Tout en se rendant vers ce lieu de délices, il passait en revue sa petite vie qui avait assez mal commencé, avait continué sous les mêmes auspices en se jurant qu’un jour, tout cela changerait à son avantage.

Il se souvenait de l’arrivée des blancs qui, sous le prétexte de mettre de l‘ordre  là  où il n’y en avait pas,  avaient foutu un bazar pas possible.

Dans un premier temps, ils avaient voulu relever l’identité de chacun afin de donner une carte d’identité à tous mais comme ils posaient des questions dans une langue que personne ne comprenait mais que par ailleurs, on savait  qu’il ne fallait pas décevoir les « grandes oreilles » sous aucun prétexte, on faisait de son mieux, sans trop se mouiller, pour répondre quelque chose.

Quand était arrivé son tour, il se trouvait devant un blanc assez ventru, une moustache imposante qu’il semblait mâchouiller et des yeux globuleux qui avaient l’air de vouloir tomber sur la table de bois, il avait demandé :

-Et toi, comment tu t’appelles ?

-Voui Missié

– ton nom ?

-Voui Missié

Ayant compris qu’il ne tirerait rien de ce petit abruti, il avait décidé qu’il s’appelait « René » et comme il roulait les « R » il en fallait au moins deux pour respecter la consonance de cette nouvelle identité .

René s’était donc de ce jour là appelé « Rrené » et il aimait bien ça.

Ensuite, d’autres questions avaient fusé du genre :

-Quel âge as-tu Rrené ?

-Voui Missié

-ouvre la bouche !

L’homme avait regardé ce qui se trouvait à  l’intérieur, il avait compté le nombre de dents puis avait consulté un carnet sur lequel étaient notées toutes les réponses à ses questions et content de lui, il avait décrété que « Rrené avait 8 ans.

Pour s’assurer qu’il ne s’était pas trompé, il avait mesuré le gamin mais là, il avait eu un petit problème car la taille ne correspondait pas du tout à l’âge qu’il lui  avait donné ;  en effet, en fonction du nombre de centimètres trouvés, (toujours d’après le carnet) Rrené n’avait pas plus de 6 ans.

Usant alors d’une logique implacable et après s’être gratté l’oreille, le blanc avait écrit sur la carte d’identité : 7 ans.

Fier de lui (on le serait à moins) il avait roté discrètement, caressé sa moustache et avait demandé à « Petit Rrené » de signer.

Pour ce faire, il lui avait trempé l’index dans l’encrier, l’avait légèrement essuyé  et il l’avait posé  sur la carte  le faisant rouler de droite à gauche,  dessinant de ce fait de belles circonvolutions violettes.

Petit Rrené, pour ne pas se salir davantage, avait sucé son doigt mais le goût qu’il en avait tiré ne lui avait pas vraiment plu.

Derrière lui, se tenait dans la file indienne, un copain qu’il connaissait bien et avec qui il jouait assez souvent mais il se demandait quel âge « grande oreille » lui donnerait car il avait au moins une tête de plus que lui alors qu’ils étaient nés la même année.

Ce que les blancs ne savaient pas, c’est qu’en fonction de l’ethnie à laquelle on appartenait, on était grand ou petit, l’âge ne faisant rien à l’affaire.

 

Un peu plus tard, on avait offert à tous ces galopins le droit d’aller apprendre à lire et à écrire le français, à compter sans oublier quelques leçons d’histoire dont une qui commençait par ces mots :« nos ancêtres les gaulois »

Le gamin avait donc entendu parler, des trois groupes de verbe, des hiboux qui prennent un « x » au pluriel  et aussi que 3 fois 3  font 9, l’apothéose étant qu’il était même possible  de savoir exactement où se croiseraient deux trains partis de deux endroits et vitesses différents, lorsqu’ils se rencontrent et aussi, encore plus fort, le problème des robinets qui fuient en  étant capable de déterminer la quantité d’eau perdue à la goutte près (et D-ieu sait si, en Afrique, la moindre goutte d’eau est sacrée).

Les années avaient passé, des bons points avaient été distribués aux meilleurs et des coups de règle sur les doigts  pour les autres.

Petit Rrené avait eu droit très souvent  à ce supplice qu’il n’aimait pas du tout et un jour, allez savoir pourquoi ? (un réflexe probablement) il avait retiré ses doigts juste au moment où la baguette allait s’abattre sur cette main martyrisée ;  la badine avait alors continué sa course et était arrivée à toute allure entre les jambes de l’instituteur le frappant violemment là où ça fait si mal.

Est-ce pour cela qu’il avait été exclu à vie de l’école du  savoir ?  on ne le lui avait pas dit mais tout idiot qu’il était, il avait quand même fait le rapprochement entre ceci et cela.

Il n’avait plus de père et mère  depuis fort longtemps mais par contre, oncles tantes et cousins foisonnaient dans sa petite vie, lui assurant le gîte et le couvert et lui apprenant les rudiments de ce que serait sa vie plus tard.

Il aimait bien le sorcier du village qui, assis  sous un grand arbre, racontait de belles histoires dont il fallait trouver  tout seul le message car le vieil homme ne livrait aucun de ses secrets. Il profitait aussi de toutes ces années qui défilaient devant lui, pour observer les gamins groupés autour de lui car il savait qu’il lui faudrait, un jour, trouver son successeur, celui à qui il devrait transmettre toutes ses connaissances médicales et  autres.

La vie au village était immuable, rythmée par les différentes saisons des pluies, au nombre de quatre : la saison des petites pluies, celle des grandes grandes pluies puis ensuite, les petites grandes pluies pour finir par les grandes petites pluies, chacune déterminant  les actions à entreprendre, labourage, semence, moisson, récolte.

 Pendant les périodes creuses, on fiançait, mariait, divorçait. En ce qui concerne les funérailles, on ne leur fixait aucune date précise, les laissant venir à leur guise, le plus tard possible. C’était alors l’occasion de se vêtir de boubous flamboyants, de beaucoup pleurer, de palabrer, honorant comme il se doit celui ou celle qui venait de disparaître et comme il fallait bien se remonter le moral comme on pouvait, on buvait aussi plus que de raison, Whisky, Ricard, Gin, et toutes les boissons apportées par les blancs venus en voyeurs visiter les villages de ceux dont ils rigolaient bien une fois partis. A tout cela s’ajoutait de l’alcool de riz fait maison et de la bière bien chaude et inutile de préciser que quelques heures plus tard, tout le monde était pompette, façon comme une autre d’oublier la peine ressentie par le départ de ceux qui ne reviendraient jamais.

Les enfants n’avaient, en principe, pas le droit de boire de l’alcool mais très vite, ils avaient compris qu’en attendant un peu, la surveillance exercée sur eux s’édulcorerait jusqu’à disparaître complètement, après quoi, les gamins se servaient copieusement de tous ces délices qui  étaient interdits.

Et puis un jour, petit Rrené en avait eu marre de cette vie bien rangée et il avait quitté le village sans rien dire à personne et était parti pour « la grande aventure », ce qui l’avait conduit à la ville la plus proche où il ne connaissait personne et c’est là que sa galère avait commencé car le village, c’est peut-être lassant mais on est assuré du gîte et du couvert alors que dans cette cité démesurée, ou personne ne connaît personne, c’est chacun pour soi.

Il venait tout juste d’arriver au marché grouillant de monde et la faim le tenaillant plus que de coutume, il se dirigea droit vers la poubelle centrale (la mieux approvisionnée).

Dégageant délicatement les arêtes et têtes de poissons, puis les intestins de plusieurs poulets occis pour la vente du jour, il découvrit, encore enveloppé dans un sac de plastic, un demi sandwich dégoulinant de ketchup (ses préférés).

Il allait refermer le couvercle de ce super marché ambulant quand il aperçut un truc bizarre, une  de ces choses qu’il n’avait jamais vue.

 Se méfiant un peu au début, il sorti de sa cachette une pochette assez grande, avec fermeture éclair. Il décida alors d’aller se cacher pour ouvrir la boite à malice afin que personne ne lui vole son trésor.

 

Bien installé dans le terrain vague, entouré de broussailles, de pierres et de bouses de vaches, il avait posé sur ses genoux son merveilleux trésor qu’il n’osait pas ouvrir. En effet, tout le temps qu’il ne savait pas ce qu’il contenait, il pouvait rêver aux choses les plus folles mais une fois que la zip aurait fait son ouvrage, que trouverait-il ?

Rien !  ça,   ce n’était pas possible car il sentait bien, au toucher, que cette valisette contenait quelque chose, mais cela vaudrait-il le coup, s’il était pris sur le fait, d’être accusé de l’avoir volée alors qu’il l’avait seulement trouvée ?

De toutes façons, les grandes oreilles ne croyaient jamais ce qu’un noir leur racontait, sauf si c’était déjà marqué dans leur carnet magique, et encore !!!

Et comme par ailleurs ses mains n’écoutaient jamais ce que son esprit lui conseillait, il vit qu’il avait ouvert le sac à malice qui baillait aux corneilles.

En premier lieu, il trouva une sorte d’écharpe qui sentait très bon, les blancs se parfumaient toujours beaucoup et c’était tant mieux car au réveil, ils devaient avoir une odeur fade, un peu écoeurante.

Venait ensuite, un joli stylo tout en métal attaché à  un carnet de cuir et ciselé d’arabesques en argent et comme Rrené avait retenu quelques leçons de lecture apprises voici bien longtemps déjà, il se promit de lire cela à tête reposée.

Au fond du sac, un gros portefeuille bourré de cachettes qui contenaient toutes quelque chose : dans l’une des photos, dans une autre des papiers divers, ailleurs encore, des billets et dans la dernière fermée par un bouton pression, des pièces comme il n’en avait jamais vues ; de toutes les formes, de toutes les couleurs, de tous les montants mais même si le gamin ne savait vraiment compter que jusqu’à 10 là, il en était sûr, il y avait une somme considérable.

Sur les billets, figuraient en toutes lettres la mention : « francs CFA » suivie de différents chiffres : 10-20-50-100 ce qui lui rappelait vaguement que 20 était plus grand que 10 et que cent dépassait tous les autres d’une bonne tête.

S’il avait pu, il serait bien retourné au village pour demander au sorcier,  et le montant de sa fortune, et ce qu’il pouvait s’acheter avec tout cela mais le vieux, malgré sa sagesse légendaire, était bien capable de le saouler de mots débités à vive allure, rendant incompréhensible ce qu’il disait pendant qu’il lui subtiliserait l’argent et le portefeuille ne lui laissant même pas les photos.

Le mieux était donc de se fier à son intelligence ou a défaut, à son instinct et décider tout seul de ce qu’il convenait de faire, étant bien entendu qu’il était exclus de rendre quoi que ce soit à qui que ce soit.

Mais c’est alors qu’un autre problème surgit et pour lequel il devait trouver la solution au plus vite : s’il se présentait chez un commerçant et qu’il paie avec une infime partie de son trésor, celui-ci se demanderait où il avait eu cet argent, lui poserait des tas de questions auxquelles il serait bien incapable de répondre et comme les blancs, il penserait que cette fortune était volée et par conséquent qu’il pouvait se l’approprier à son tour, ceci afin de débarrasser la société d’une petit voleur de bas étage.

Une seule solution s’imposait alors : faire la manche près de l’épicerie et si par chance, il récoltait quelques pièces, au vu de tous, il pourrait alors acheter de quoi se sustenter sans attirer l’attention pour autant, après quoi, on verrait bien.

Ce qui fut pensé fut fait et c’est ainsi qu’il put échanger les quelques pièces reçues en aumône contre un gros sandwich au poulet et un coca bien chaud mais qui pétillait encore.

La journée était maintenant bien avancée et la question était de savoir où aller dormir.

D’habitude il ne se posait pas la question mais comme il avait un trésor à protéger et éventuellement à défendre, il ne pouvait pas se permettre d’aller n’importe où. Après avoir passé en revue tous les endroits qu’il connaissait, il n’en restait qu’un qui avait sa préférence bien qu’il n’y soit jamais allé : l’église.

D-ieu, il en avait entendu parler mais on lui avait raconté tellement de choses contradictoires qu’il avait bien essayé de démêler le faux du vrai mais n’y étant pas arrivé, il avait décidé, comme pour tout ce qu’il ne comprenait pas, de ne plus s’en occuper mais là, il lui fallait quand même savoir où il allait mettre les pieds (et son trésor).

En Afrique, les églises de villages  ne ressemblent pas du tout au sacré cœur de Montmartre, ce sont bien souvent des baraques en bois qui se fissurent de partout, des bancs et non des chaises, des bénitiers qui fuient de partout et des petites boites dans lesquelles on entre pour raconter sa vie (sans rien oublier) après quoi, le curé donne une punition pour tous les péchés commis et quand on sort de l’édifice, on peut  recommencer jusqu’à la prochaine confession.

Donc petit Rrené en avait conclu qu’on pouvait faire n’importe quoi tout le temps qu’on le racontait ensuite.

Le curé était un vieux bonhomme un peu voûté, myope depuis des lustres et qui  marchait en dodelinant  de la tête. L’enfant ne le connaissait pas vraiment mais il l’avait vu souvent parler aux adultes, caresser la tête des enfants, et surtout faire un signe cabalistique qui semblait vouloir dire : allez va ! je t’ai pardonné.

Il n’était pas installé depuis longtemps sur un des bancs du fond que le vieil homme s’approcha de lui :

-bonsoir petit, comment vas-tu ?

– ça va monsieur

-on ne dit pas monsieur mais « mon père »

-mais vous n’êtes pas mon papa

– non mais c’est quand même comme ça qu’on dit. Que veux-tu ? tu as des problèmes ?

-non, enfin si, au fond je ne sais pas c’est vous qui allez me le dire

-je t’écoute :

– voilà ! je ne sais pas ou dormir

– et où dors-tu d’habitude ?

– ben ça dépend

– ça dépend de quoi ?

– de plein de trucs

Et tout à coup, il ne comprit pas pourquoi mais il sentit un irrépressible besoin de parler à ce grand père et de lui raconter son secret, alors, il parla.

Il avait tout raconté d’un trait. Il ne savait pas s’il avait été bien clair mais il se sentait mieux tout à coup comme si son secret qui, au départ pesait une tonne, avait diminué de moitié. Il n’osait pas regarder le vieillard qui, pour l’instant ne disait rien.

-Ecoute petit, quand on trouve quelque chose d’aussi important que le sont des papiers, des photos et de l’argent, on doit tout faire pour retrouver le propriétaire

– ah ben ça non alors, je l’ai trouvé dans une poubelle et ce n’est pas moi qui l’y ai mis

– Mais D-ieu lui, a tout vu et c’est lui qui te demande de restituer tous ces documents à son propriétaire,

– D-ieu n’a rien vu du tout, vu qu’ il n’était pas auprès des poubelles à ce moment là

– Il y était, mais tu ne l’a pas vu

– comment vous le savez ?

– Parce que D-ieu est partout !

– donc en ce moment il est auprès de nous ?

– oui !

– alors qu’il le dise qu’il a tout vu !

– D-ieu ne nous parle pas à nous, il parle à notre conscience

– c’est qui celle-la ?

– une petite voix qui parfois te dit ce que tu dois faire et que tu n’écoutes pas toujours.

c’ est vrai que souvent, il entendait quelque chose lui parler et lui donner des conseils mais comme en général il n’aimait pas ce qu’il entendait, il faisait comme si il n’avait rien entendu.

-Ecoute, reprit le curé, tu vas d’abord aller te reposer et demain, quand tu te réveilleras, nous reparlerons de tout cela et essayerons de trouver la meilleure solution pour toi et pour ces gens qui doivent chercher leur bien tout en désespérant de le retrouver.

A vrai dire, il tombait de sommeil car des émotions pareilles, ça fatigue vraiment et il ne mit pas plus de cinq minutes pour s’endormir, son trésor bien caché sous sa chemise, retenu prisonnier par ses deux bras qui ne le lâchaient pas d’une semelle.

 

Tôt le lendemain matin, il se réveilla en pleine forme car il avait dormi comme un loir et son trésor était toujours là, c’est alors qu’il sentit l’odeur d’un bon café que le vieux curé avait préparé pour lui.

Dans la sacristie, la table était mise et trônaient, bien en vu, de belles tartines beurrées comme il n’en avait pas vues depuis longtemps.

-Approche gamin et viens manger.

Un peu inquiet de la suite, « petit  Rrené » décida que quoi qu’il arrive, il valait mieux avoir le ventre plein c’est pourquoi, il enfourna à la suite les unes des autres, toutes les tartines qui se trouvaient dans l’assiette, il but aussi d’un trait, le bol de café bien sucré et…. Il attendit.

-Alors ! as-tu réfléchi à ce que je t’ai dit questionna le prêtre ?

– non pas vraiment mais ce que j’ai trouvé est à moi !

– mais tu sais bien qu’en fouillant un peu, on risque de trouver des indices qui vont nous mettre sur les traces des propriétaires de toutes ces choses et là, tu diras quoi ?

-qu’on n’a qu’a pas regarder ce qui est écrit sur les papiers ! si vous voulez, on prend les billets et les pièces et je peux aller jeter de nouveau ce sac, dans la poubelle du marché ; comme ça, ça va ?

– non pas vraiment car ta conscience, elle, ne pense pas comme toi,  les consciences disent toujours la vérité.

-ah ! parce qu’on en a plusieurs maintenant ? 

– non mais toi et moi en avons une donc je sais ce que la mienne me dit.

– elle ne vous a jamais menti ?

-non jamais ! mais parfois elle m’a bien embêté et lorsque je ne l’ai pas écoutée, je m’en suis mordu les doigts

Portant ces doigts à sa bouche, il essaya cette technique mais à par la douleur qu’il ressentit, il n’était pas plus avancé.

-Alors qu’en penses tu de mon idée : on met tout ce que ce sac contient sur la table, on sépare l’argent du reste, et comme si nous étions des détectives, on voit si on a des traces des propriétaires et si on ne trouve rien, alors le tout sera à toi.

– la fin de la phrase plaisait beaucoup à « Petit Rrené » qui alors adressa une prière muette au D-ieu des aveugles, pour que celui-ci les aide dans leurs recherches.

 

Le curé était un très brave homme qui comprenait fort bien le désir que  l’enfant  avait de garder ce qu’il  avait trouvé alors, lui aussi adressa une prière muette  à son D-ieu, lui demandant de subtiliser, l’espace d’un instant, à sa vue, les documents fournissant des preuves de leur appartenance, qu’au moins sa myopie serve à quelque chose de positif pour une fois, après quoi, il les étala sur la table mais avant de commencer ses recherches, il se posait une question : comment se pouvait il que quelqu’un ait pu jeter un sac contenant tant de choses ? Soit il s’agissait d’un voleur, auquel cas il aurait au moins pris l’argent avant de se séparer du reste, ou bien  c’était une vengeance à l’encontre de cette famille et là, ce sont les documents qui auraient dû disparaitre.

 

Etalées devant lui, des photos et  le calepin. Sur les premières apparaissaient un joli bambin d’environ trois ans aux yeux bleus et aux cheveux blonds bouclés et une femme, sûrement la maman, très belle et semblant heureuse. Puis venait le calepin dont les pages étaient toutes recouvertes d’une écriture fine, élégante  et appliquée.

Des mots  avaient été jetés ça et là sans pour autant former des phrases compréhensibles, des dates aussi y figuraient, quelques nombres,  qui auraient pu être des numéros de téléphone mais pour le détective qu’il n’était pas, tout ceci ne semblait pas vouloir le mener bien loin alors, cherchant de l’aide là où il espérait ne pas en trouver, il murmura : Mon D-ieu, mon D-ieu êtes vous toujours à mes côtés ? et n’obtenant aucun signe, il en déduisit que D-ieu devait être occupé ailleurs.

« Petit Rrené » lui, avait essayé de  comptabiliser sa fortune mais voila ce qui  arrive quand, au lieu de s’appliquer à l’école, on baille aux corneilles, on est incapable de savoir combien on possède et comment savoir si celui qui comptera à votre place ne vous mentira pas  en énonçant une fausse somme dont vous êtes le détenteur. Il se rendait compte aussi que le fait d’être riche créait de gros problèmes qu’on n’avait pas quand on était pauvre comme Job ce qui ne voulait pas encore dire que sans rien, on n’était plus heureux qu’avec beaucoup  mais………………..

Les investigations premières étant pour l’instant dans l’impasse, l’homme et l’enfant firent une pause  devant un autre café agrémenté de « petits beurre » bien bons ma foi, chacun espérant que l’autre avait quelque chose à annoncer, mais devant ce silence assourdissant, les deux humains retournèrent à leurs pensées.

 

Le temps avait passé, les recherches pour retrouver les possesseurs des trésors de Petit Rrené étaient restées infructueuses. Il y avait bien eu cet article dans la presse, consultée à la bibliothèque nationale, qui relatait un terrible accident d’avion survenu des années auparavant et dans lequel de nombreuses personnes, dont des français, y avaient laissé la vie mais la piste s’était arrêtée là et au fond, Le père Grégoire n’avait pas voulu chercher plus loin, comme par exemple décortiquer les renseignements contenus dans les divers papiers placés dans une des poches du portefeuille car, il le pressentait, cette trouvaille était un petit clin d’œil de l’Eternel, pour donner une chance à Petit Rrené de sortir de sa misère.

Le gamin lui était toujours à la cure. Il aidait le curé dans ses petites tâches quotidiennes, et quand il  avait le temps, le prêtre réapprenait à l’enfant à lire et à écrire et ma foi, il était assez doué le petit quand il voulait bien s’en donner la peine.

Ils avaient fait un pacte tous les deux : la cagnotte resterait cachée tout le temps qu’aucun indice n’obligerait à la déterrer et plus tard, beaucoup plus tard, elle servirait à donner un petit coup de pouce au jeune garçon, quand celui-ci saurait ce qu’il voudrait faire de sa vie.

Petit Rrené avait accepté le deal et  constatait avec plaisir que c’était bien agréable de pouvoir faire confiance à quelqu’un . Et puis, il aimait bien l’église, ses odeurs d’encens, sa fraîcheur et aussi ce qui y rôdait de mystérieux. Par contre, avant d’enterrer le précieux magot, il avait subtilisé  l’écharpe qui sentait si bon, ainsi que la photo de la jolie blanche et parfois le soir, il la prenait  dans le creux de sa main et lui parlait comme à une amie et des fois  même….. elle lui répondait mais sa voix venait de si loin qu’il entendait mal ce qu’elle lui disait ; une fois il lui avait semblé ouïr un mot qui revenait sans cesse : file, ou bien phil, ou encore fils mais il n’était sûr de rien.

 

Le temps passait, « petit  Rrené grandissait », le curé vieillissait, la vie apportait de temps en temps son lot de surprises, de joie, de méprise ou de peine mais D-ieu devait sûrement veiller à ce que rien ne change afin que les humains sachent ce qu’ils avaient à faire, quand et comment le faire. L’Afrique sommeillait comme à son ordinaire.

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Lorsque Philippe émergea de son profond sommeil, il lui fallut quelques minutes pour comprendre  que tout ce qui avait peuplé sa nuit n’était qu’un rêve mais qui était donc ce « petit Rrené » ? qu’avait il à voir avec lui ? sa vie ? son destin ?

Comme à l’accoutumé, sa première pensée fut pour cette mère qu’il avait perdue alors qu’il était enfant, lors d’un crash  qui la ramenait en France, après un long séjour en Afrique et qui ne vivrait pas son succès de ce jour dont pourtant elle serait si fière.  Il l’avait attendue si longtemps cette maman adorée dont le visage s’était peu à peu estompé de sa mémoire. Plus tard il avait voulu entreprendre des recherches pour mieux comprendre ce qui était arrivé mais il n’avait abouti à rien, manquant de trop de détails et de preuves.

 

Au fond de lui, il savait pourtant que parfois, les rêves sont porteurs de messages, souvent déformés mais qui aident à découvrir pour mieux comprendre,  le sens qu’on doit donner à sa vie mais insouciance du moment ou paresse, peut-être même les deux, Philippe, le beau blond aux yeux bleus, le brillant commercial bientôt promu au poste d’adjoint du PDG décida de remettre à plus tard ses recherches.

Il sauta du lit et se prépara à vivre une des plus belles et prometteuses  journées de sa vie.

Pourtant, s’il avait su………

Mais ne dit-on pas que la chance frappe toujours deux fois ?

 Yaël

J’AI SAUVÉ UN ÊTRE HUMAIN AUJOURD’HUI !

 

 

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Ses yeux ont rencontré les miens alors qu’elle marchait le long du couloir en regardant avec appréhension les différentes cages. J’ai ressenti immédiatement son manque et j’ai su que je devais l’aider ;

J’ai remué ma queue, pas d’une manière trop exubérante pour ne pas l’effrayer. Quand elle s’est arrêtée  devant mon enclos, j’ai masqué à sa vue le petit accident que j’avais eu au fond de ma  cage. Je ne voulais par qu’elle sache que je n‘étais pas sorti aujourd’hui ; parfois, les employés du refuge sont tellement débordés et je ne voulais pas qu’elle pense du mal d’eux.

Elle a lu ma fiche d’identité et j’espérais qu’elle ne  serait pas trop triste à cause de mon histoire. Je n’ai que le futur à envisager et je veux être utile dans la vie de quelqu’un.

Elle s’est mise à genoux et a fait des petits bruits de bisous vers moi. J’ai frotté mon épaule et le côté de ma tête vers les barreaux afin de la consoler. Ses doigts m’ont doucement caressé le cou. Elle semblait désespérément rechercher une compagnie. Une larme a coulé de sa joue et j’ai levé ma patte pour lui assurer que tout irait bien.

Très vite la porte de ma cage s’est ouverte et son sourire était si radieux que j’ai sauté dans ses bras sans attendre.

Je lui ai promis de prendre soin d’elle
Je lui ai promis d’être toujours à ses côtés,
Je lui ai promis de faire tout ce que je pourrais afin de voir ce sourire rayonnant et ces yeux pétillants sur son visage.

J’ai eu tellement de chance qu’elle traverse mon couloir, il y en a tellement dehors qui ne sont jamais venus dans ces couloirs. Tellement à sauver encore. Au moins j’en aurai sauvé une.

J’ai secouru un être humain aujourd’hui

(Texte de Janine Allen, traduit du texte original en anglais « I rescued a human today)

le châle – conte pour enfants

 

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Il y a longtemps de cela, vivait dans un pauvre village, un petit garçon qu’on avait appelé « petit Jean ».

Souvent seul car sa maman travaillait beaucoup pour ramener à la maison les quelques sous qui lui permettaient de nourrir sa famille, « Petit Jean » allait se promener dans la forêt, il écoutait les piaillements des petits oiseaux nouveau-nés ou encore le bruit que  le lapin  faisait quand il détalait sous ses pas et il admirait aussi toute cette verdure faite d’herbe, de plantes  et de fleurs.

Quand il s’éloignait encore un peu plus, il passait devant une vieille bâtisse habitée par une femme âgée à qui on ne donnait pas d’âge tant elle était vieille et que les villageois appelaient « la sorcière » De quoi vivait-elle ? Comment vivait-elle ? Nul ne le savait. Autour de sa masure, se promenaient quelques poules, un chien bien vieux lui aussi et un magnifique chat noir et blanc à l’allure majestueuse.

Au début, il avait eu un peu peur de cette vieille dont on disait des choses terrifiantes mais voyant qu’il ne lui arrivait rien, il commença tout d’abord à lui sourire, puis plus tard à dire un petit « bonjour » qui  s’était transformé ensuite en un salut franc et sonore. Alors le visage de la vieille femme s’était paré d’un grand sourire sans dents et assez souvent, elle donnait à « Petit Jean » un fruit ou encore quelques noix.

Puis encore beaucoup plus tard, voyant qu’il s’intéressait à la nature, elle avait commencé à lui apprendre à reconnaitre les plantes vénéneuses, celles qui soignent et aussi comment les utiliser.

Quand il rentrait à la maison, il avait essayé de parler de ses balades et de sa nouvelle amie mais devant les cris que sa mère avait poussés, le suppliant de ne plus aller voir cette femme très dangereuse, il avait promis mais en secret, il avait continué à lui rendre visite sans plus en parler à quiconque.

Pendant des années, elle lui avait transmis tout ce qu’elle savait et un jour, alors que « Petit Jean » était déjà un grand garçon de quatorze ans, elle lui avait tenu un langage bizarre :

« Petit Jean » bientôt je vais partir et tu ne me verras plus mais avant, je veux te dire que je te transmets les pouvoirs qui m’ont été donnés à ma naissance pour que tu continues après moi à aider les gens et à les soigner. On dira de toi bien des choses, on pensera que tu es le diable mais malgré tout, on viendra te voir pour que tu soignes les douleurs et les maladies et l’espace d’un instant, tu seras, dans l’esprit des visiteurs « le sauveur ».

Ce don que j’ai reçu et que je te transmets, est un don du ciel et tu as l’obligation de t’en servir sans jamais demander de paiement en retour et si tu ne le fais pas, tu seras puni par ceux que tu auras trahis et qui t’avaient fait confiance.

Et en effet quelques temps après, alors que « Petit-Jean » allait rejoindre son amie, il vit que la maison était vide, plus de mamie, plus de poules, plus de chien et plus de chat noir et blanc. Il trouva sur la poignée de la porte le châle que la vieille femme portait toujours sur les épaules et sans trop bien savoir ce qu’il faisait, il le prit, décidant que ce serait un souvenir et aussi un peu de la présence de celle qui ne reviendrait plus.

Les années ont passé, « Petit Jean » est devenu un beau jeune homme. A l’école il n’a peut-être pas été le meilleur élève mais il a fait de son mieux pour étudier les matières les plus importantes.

Bien des fois, ses copains étaient venus  le trouver quand ils s’étaient fait mal en jouant ou en tombant et toujours il les avait soignés sans rien demander en retour. Comme le lui avait dit sa vieille conseillère, rares étaient ceux qui remerciaient, nombreux étaient ceux qui se moquaient ensuite.

Beaucoup plus tard encore, « Petit Jean » est à son tour devenu un vieux monsieur que tout le monde connait pour les soins qu’il prodigue à qui vient le trouver. Qui n’a-t-il pas soigné ? des vaches, des chevaux, des lapins et même des oiseaux, puis devant les merveilles que ses mains accomplissaient, les hommes à leur tour sont venus chercher de l’aide, demander un petit conseil, un soulagement à leurs douleurs ; « Petit Jean » les écoutait avec bienveillance, il réfléchissait tout en passant sa main sur le châle familier posé à même sa peau et dissimulé sous  sa chemise et quand il lui semblait avoir reçu la réponse qu’il attendait, il parlait au malade, disait ce qu’il fallait faire et il apprenait quelques temps après que tout était rentré dans l’ordre et que tout le monde allait bien.

Maintenant « Petit Jean » est très vieux  et il sait que bientôt, lui aussi fera un long voyage dont on ne revient pas, et que peut-être il retrouvera là-bas  sa vieille amie mais une chose le tracasse : il sait, il sent qu’il lui faudrait transmettre ce don qui lui a été donné à quelqu’un avant de partir et ce quelqu’un, il ne l’a pas trouvé.

Le soir, avant de s’endormir, il prend délicatement le châle, le presse sur son cœur et en  fermant les yeux  il demande à sa vieille amie de lui dire comment faire.

Pour la dernière fois peut-être, il se rend au marché qui a lieu chaque jeudi à quelques kilomètres de sa maison. Il n’a rien de spécial à y faire mais il sent que quelque chose le pousse à parcourir  à pied ces quelques kilomètres alors, prenant sa vieille canne qui ne le quitte plus, il part en claudiquant.

Arrivé sur la place du village, les étals sont installés depuis longtemps et chacun, à grands cris, vante ses produits : les beaux fruits ! les beaux fruits ! qui veut de mes belles pommes, de mes belles poires pas chères ? pas très loin, c’est au tour des salades et autres légumes d’être présentés aux acheteurs : Elle est belle ma laitue ! des tomates pour presque rien ! qui en veut ?

Continuant sa  promenade, « Petit Jean » aperçoit  dans une encoignure une petite fille qui semble avoir froid. Tout doucement il s’approche, la regarde et quand elle lève son regard vers lui, il y lit une très grande tristesse.

Comprenant qu’elle a surement très faim, il achète un bon morceau de pain qu’il remplit avec du beurre et de la confiture et quand il tend le tout à la petite, elle regarde ce qu’elle vient de recevoir avec grande surprise mais aussi avec un immense plaisir.

Pendant tout le temps qu’elle mange son festin il sent au fond de lui que quelque chose s’agite, son cœur bat plus vite, son souffle est plus fort et petit à petit, il comprend que quelque chose va se passer.

La petite est maintenant rassasiée et elle regarde son bienfaiteur avec beaucoup de reconnaissance alors, sans savoir ce qu’il fait, « Petit Jean » sort de sous ses vêtements, le châle qui l’a suivi et protégé toute sa vie et le donne à la petite fille : « voila petite fille, avec ce châle, tu n’auras plus jamais froid mais plus important encore, il te protègera et si un jour tu as l’impression qu’il te parle, écoute-le, et fais ce qu’il te dit, il ne te donnera que de bons conseils ».

L’enfant regarde ce magnifique cadeau maintenant posé sur ses épaules et déjà la chaleur pénètre son petit corps qui avait si froid il y a encore quelques instants. Elle sent confusément que ce morceau de laine est bien autre chose qu’un simple châle, c’est comme une amie qui mettrait son bras autour de ses épaules et quand elle cherche son bienfaiteur, elle ne le trouve pas, il a disparu.

« Petit Jean » est rentré chez lui, le cœur léger, des frissons de joie le traversent de part en part et il sait déjà que cette nuit, il fera le grand voyage, celui qui le conduira vers un grand jardin merveilleux dans lequel il retrouvera tous ceux qu’il a connus à commencer par sa grande amie.

Quant à la petite fille, il sait qu’elle n’était pas là par hasard, elle se trouvait sur son chemin pour qu’il la rencontre  et qu’il lui transmette ses pouvoirs qui non seulement la protègeront mais en plus, lui permettront de faire le bien autour d’elle et ainsi de donner un sens à sa vie

FIN

Yaël 

Je suis croyante

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Je suis croyante et cela m’apporte tellement de choses, aussi bien au quotidien que dans les moments de doute, que j’aimerais en faire profiter toute personne qui passe sur mon chemin.

Beaucoup qui étaient croyants ou encore qui ne l’étaient pas mais se demandaient s’ils ne devraient pas l’être, décident, en regardant ce qui se passe dans notre monde, que c’est dans la religion que l’on trouve l’incitation au meurtre et à toutes les horreurs qui nous entourent. Et de ce fait, préfèrent être athées voire même haïr D-ieu et ce qu’Il représente.

Mais ce qu’ils voient, ce n’est pas la religion ; se sont des gens qui la pratiquent, certains à grands cris et qui la déforment à leur profit.

Je souhaite que personne ne passe à côté de quelque chose de très beau mais aussi de très enrichissant qui permet de comprendre ce qu’est la vie que nous avons reçue et ce que nous devons en faire. Et pour cela, c’est très simple : Avoir l’esprit ouvert, se documenter seul ou  se renseigner auprès de personnes de confiance, ouvrir son cœur à une meilleure connaissance de ce que sont les « écritures » et seulement après, décider d’y adhérer ou pas.

Ceux qui disent : je ne crois pas, doivent alors s’expliquer pourquoi et ensuite analyser leurs réponses

Ceux qui disent : je crois, n’auront plus besoin de répondre à cette question car la foi en quelque chose de divin et par conséquent de beau et de pur, donne la certitude d’être sur le bon chemin. Cela ne veut pas dire qu’ils n’auront pas de problèmes à résoudre ou de durs moments à traverser, cela veut simplement dire  qu’ils accepteront ces épreuves sans maudire ciel et terre et que leur esprit étant libéré de toute colère ou peur, il  leur indiquera le moyen de trouver en eux la réponse à leur question, compte tenu du fait qu’ils seront alors l’acteur de leur décision et non victime d’une situation qu’ils  ne dominent pas.

Vous ne savez pas qui vous fréquentez

 

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Etre juif, c’est bien pour celui qui l’assume mais parfois il faut être blindé et bardé d’humour pour rire des énormités qui sont dites sur nous. 

Vous le savez déjà :

-nous avons tué « Jésus » et rien que pour cela nous méritons l’enfer, ensuite, tout au long des siècles,

-nous étions des voleurs, des receleurs, des usuriers. Un peu plus tard,

-nous sommes devenus des assassins qui tuaient les enfants pour en extraire le sang dont nous nous servions pour fabriquer notre pain azyme.

En un mot comme en cent, nous ne sommes pas fréquentables. 

Et puis, Hitler est arrivé ;  grand orateur, il a enthousiasmé les foules qui lui ont obéi au doigt et à l’œil et qui l’ont aidé à remplir les camps de concentration de millions d’individus  dont la plupart n’avaient qu’un seul tort : être de confession mosaïque.

On ne peut pas reprocher aux allemands et à tous ceux qui ont aidé à la réalisation de « la grande œuvre du Furher » de ne pas y avoir mis tout leur cœur,  pourtant, malgré la bonne volonté des uns et des autres, il est resté ici et là quelques « youds »  car il faut le reconnaître, ils sont indestructibles. 

Et puis voila qu’un jour, le monde s’est senti coupable de quelque chose d’assez indéfinissable mais de suffisamment gênant pour considérer qu’un geste devait être fait pour donner aux survivants un endroit où ils pourraient aller vivre tout en espérant que les voisins finiraient le travail qui avait été commencé.

Eh bien non, ils ne sont ni morts ni enterrés ; avec l’énergie du désespoir ils ont résisté, construit, inventé, et en 2017 ils existent toujours.

Je ne vais pas vous embêter avec des questions de détails mais vous le savez, ils se sont très mal conduits une fois encore, élevant des murs de haine, installant l’apartheid, faisant de ce  petit point presque invisible sur la carte une sorte de paradis où il fait bon vivre et où surtout personne ne les traitera jamais de « sale juif »

Mais vous savez aussi ce que c’est, la haine est une glu tenace surtout quand elle est faite de jalousie et c’est pourquoi on peut lire encore de nos jours, des commentaires émanant d’intellectuels qui prétendent tout savoir et tout avoir compris 

Et voila que l’histoire recommence, mais au moins cette fois ils sont accusés d’avoir mis la main sur la finance mondiale et les médias en un mot d’être les « maitres du monde »   

Alors je vous le dis, faites bien attention et  choisissez bien vos relations de façon à ce que vous soyez, quoi qu’il arrive, du bon côté de la barrière 

Yaël

Vivre sa vie

 

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Un jour, nous sommes venus au monde. Nous n’y sommes pour rien, nous n’en sommes pas responsables et pendant des années, nous allons vivre toutes les étapes de ce que  l’on appelle « une vie »

Enfants et adolescents, les adultes sont responsables de nous ils nous guident, nous conseillent, nous interdisent………… et nous préparent comme ils le peuvent à la suite.

Et puis un jour, nous allons voler de nos propres ailes, persuadés que nous avons tout compris, que nous allons faire ce que nous voulons de cette vie qui maintenant nous appartient

Durant plusieurs décennies, c’est vrai que nous allons construire : avenir, famille, amis ; voyager, aimer, réaliser des projets, réussir ou du moins essayer.

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Lorsqu’arrive le moment de laisser la place aux plus jeunes que nous, nous allons  faire partie de ce « troisième âge » et c’est alors que nous saurons si ce que nous avons fait de toutes ces années passées nous a conduit vers cette partie de vie  qui nous apportera tout ce dont nous  n’avons pas pu jouir jusque là : le temps, les passe-temps, le recul, l’expérience, la sagesse, et pour ceux qui réussirons ce passage, ils découvriront alors que ce laps de temps est  agréable  et vaut le coup d’être vécu car il se vit lentement, dans la satisfaction du devoir accompli , période dans laquelle les exigences ont été remplacées par l’acceptation mais aussi le contentement de soi.

Il y a hélas ceux pour qui ces dernières années seront un calvaire car ils n’auront aucun souvenir auxquels se raccrocher, aucun fait glorieux dont ils pourraient être fiers, tout simplement parce qu’ils se sont trompés dans les choix qu’ils ont faits et qu’ils n’ont pas réussi à construire leur havre de paix pour leurs vieux jours et souvent, ces personnes se suicident  ne pouvant supporter le vide qui les entoure.

C’est la dernière erreur qu’ils commettront en voulant régler l’acte ultime  de leur existence  sur lequel ils n’ont aucun droit. Le suicide est le dernier acte raté d’une existence  construite sur une montagne d’erreurs de jugement  et de choix en confondant trop souvent : réussir sa vie et réussir dans la vie.

Yaël

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la rupture

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Qu’il s’agisse de famille, de compagnon, ou d’amis, la rupture est toujours pénible car elle suppose qu’une partie de notre vie s’achève, la plupart du temps après une période plus ou moins longue d’entente, suivie de conflits ou de découvertes durant laquelle tout a été dit dont, des choses difficiles à entendre.

Il s’ensuit pendant les premiers jours, une douleur intense qui étreint le cœur et le ventre, accompagnée ou suivie d’une colère envers l’autre en effet,  il est humain, au début, d’accuser tout le monde sauf soi-même car être victime plutôt que bourreau est beaucoup plus supportable.

Au bout d’un temps plus ou moins long car il dépend de la personnalité de chacun, un certain ordre s’opère dans l’esprit, on voit mieux ce qui s’est passé, on comprend mieux le pourquoi et c’est alors qu’arrive la question de savoir : et maintenant, qu’est ce que je fais ?

Plusieurs solutions s’offrent alors :

-on peut s’enfermer dans sa douleur, se promettant qu’à l’avenir une pareille chose n’arrivera plus,

-on peut essayer de rattraper la relation en voulant une fois encore dialoguer, s’expliquer, questionner,

-on peut aussi tirer un trait et recommencer à zéro mais

-on peut également, avant de décider quoi que ce  soit, lorsqu’on est enfin capable de raisonner froidement, analyser la situation passée, chercher à savoir quand elle a commencé, quels sont les indices que l’on n’a pas vus, quelles sont les choses que l’ont a pas faites, a-t-on eu raison de laisser la situation se dégrader ? n’a- t- on rien vu ? ou encore n’a- t- on pas voulu voir ?

Et c’est là qu’il faut éviter les regrets et les sentiments de culpabilité inutiles car ils empêchent d’avancer dans l’examen de la situation.

Personne n’a entièrement raison ou tort, mais parfois, les erreurs ne sont pas partagées moitié-moitié, elles sont plus fortes d’un côté que de l’autre  et c’est à partir du moment où on a compris par où on avait péché qu’on va pouvoir comprendre la part de responsabilité que l’on a prise dans la dégradation de ce couple ou de cette relation.

La vie est faite d’expériences, les plus douloureuses étant les plus profitables car on jouit de ce qui nous plait et on apprend de ce qui nous fait mal.

Si cela vous intéresse, racontez vos expériences en la matière et dites quelle solution vous avez choisie. Avec le recul, pensez vous avoir bien fait ou non ?

Yaël