Archives

En Thaïlande, les enfants piégés dans une grotte ont été retrouvés sains et saufs

 

 

Publicités

Les petits miracles de demain.

Nous avons la chance de vivre à cette époque de grands changements et de prise de conscience : respect des animaux et de la nature, apprendre aux enfants en les faisant participer et toutes les autres petites choses comme :

000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000coffee

les cafés suspendus,

http://www.madmoizelle.com/cafes-suspendus-157504

0000000000000000000000000000000000000000000pain en attente 3091389630055

Le pain en attente,

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1125346-j-ai-decouvert-le-pain-en-attente-et-cafe-suspendu-une-belle-idee-solidaires.html

 

000000000000000000000000000000000000000000000000000000000invendu transformés en soupe gratuite une-soupe-cuisinee-a-partir-des-invendus-du-marche-de-la_1797317_667x333

Les invendus alimentaires transformés en soupe gratuite.

http://www.midilibre.fr/2016/02/25/gard-les-legumes-invendus-transformes-en-soupe-gratuite-au-marche-d-uzes,1291507.php

logo REPARATION VIEUX OBJETS 28783427_2051233545153830_3066376177668067253_n

les réparations de vieux appareils gratuitement.

Quelque chose s’est mis en marche et ne va pas s’arrêter de si tôt.

 

Une histoire de sage

00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000carte_Terre_milieu

Agir ou Accepter

François était travailleur, courageux et tenace.
Il cultivait sa terre avec bonheur.
Ses champs les plus fertiles s’étendaient le long du fleuve.
Il les appelait ses terres du bas.
Sur les terres du milieu, il y avait sa ferme entourée de vergers, de prairies et de quelques cultures.
Sur les terres du haut, plus arides, poussaient des oliviers.

Jacques était un vieil ami.
Il avait quitté le village pour parcourir le vaste monde.
Il avait bourlingué pendant des années avant de revenir au pays,
la peau tannée, la besace pleine de récits merveilleux et d’une bonne dose de sagesse.

Le fleuve, bon an mal an, sortait de son lit et fécondait les terres du bas puis se retirait.
François l’appelait son allié. Cette année-là, les eaux gonflèrent plus que de coutume.
Un flot tumultueux envahit les terres du bas et submergea bientôt les terres du milieu.
François mit ses bêtes à l’abri sur les terres du haut et rejoignit sa ferme à la nage.
Réfugié à l’étage, il voyait les flots grossir inexorablement.
La peur commença à étreindre son coeur, mais il ne voulut pas abandonner sa maison.
L’eau monta encore. Il se retrouva sur le toit, serrant contre lui quelques objets.

Jacques veillait au grain.
Il connaissait bien son ami: il était si obstiné qu’il se serait laissé emporter par les flots
plutôt que de quitter ses biens. Jacques dirigea sa barque vers la ferme.

– Monte, dit-il. Les eaux vont t’emporter.
– Pas question, elles finiront bien par se retirer. Je ne quitterai pas mon toit.
– Fuir vaut mieux que risquer la mort. Pour faire face au danger, il vaut parfois mieux l’éviter, s’en éloigner, partir.

François décida de suivre Jacques.
Il s’installa dans une grange qu’il possédait sur les terres du haut.
Les jours passèrent. Les eaux ne baissaient toujours pas.
D’alliée, la nature était devenue hostile.

François sentit monter en lui une profonde colère contre les éléments déchaînés,
qui se transforma vite en un désir puissant d’affronter et de combattre ce nouvel ennemi.
Il réussit à convaincre les hommes du village de mener ce combat avec lui.
Ensemble, ils réussirent à construire des digues et de solides murs
pour séparer les eaux des terres du milieu et regagnèrent ainsi une partie de leurs vergers et de leurs champs.
Mais les terres du bas restaient sous les eaux. Le terrain y était instable, les digues s’affaissaient.

Jacques voyait François lutter sans succès.

– Laisse tomber, lui dit-il, cesse ce combat vain et épuisant.
– N’y compte pas, répliqua François. Je ne suis pas un lâche.
– Au contraire, dit Jacques. Tu as fait tout ce que tu pouvais pour sauver tes terres.
Tu as lutté avec courage et ténacité. Mais la nature est plus forte que nous.
Changer les choses ne dépend plus de toi. Aie la sagesse d’arrêter ce combat.

– Me résigner, rétorqua François, jamais.
– Reconnaître ton impuissance et cesser d’épuiser tes forces dans une lutte vaine
n’est pas de la résignation, dit Jacques,
mais une façon de commencer à faire  le deuil de tes terres du bas,
à abandonner ton rêve de tout récupérer et à accepter cette nouvelle réalité.
Si tu ne réussis pas à l’accepter tu pourrais effectivement sombrer dans la résignation ou le désespoir,
et passer ton temps à ruminer ton impuissance et ta frustration ou à regretter ce que tu as perdu.

– Mais les flots se retireront peut-être,
rétorqua François, dans un dernier effort pour s’accrocher à cette réalité à laquelle il tenait tellement.
Ou  nous finirons par trouver un moyen de construire des digues plus solides.

– Si cela arrive et si entre temps tu as réussi à faire le deuil de tes terres, dit Jacques,
ton bonheur de les retrouver sera d’autant plus grand.
– Je pense que tu as raison, dit François, même si ce que tu suggères me paraît très dur.
– Oui, répondit Jacques, le chemin de l’acceptation est très difficile.
Il demande autant de courage et de ténacité que la lutte contre les éléments.
La tristesse t’envahira souvent. Sache l’accueillir-la, car elle t’aidera à avancer
et te permettra de mesurer le chemin parcouru.
Quand elle te quittera, tu seras arrivé à destination.

   François estima une fois encore que son vieil ami faisait preuve de sagesse
et décida d’accepter la perte de ses terres.
Cela fut long et difficile, mais il y parvint.
N’étant plus obsédé par la récupération de ses terres,
il put consacrer toutes ses forces à valoriser ses champs, ses vergers et ses prairies du milieu et du haut.
Il retrouva sérénité, entrain et joie de vivre.

    Quelques mois plus tard, Jacques dit à son ami qu’il s’apprêtait à faire un long voyage
pour rendre visite à un vieux compagnon d’aventure.

– Si tu veux, tu peux m’accompagner, dit Jacques.
Tu mérites un peu de repos, après le travail ardu que tu as accompli ces derniers mois.

François y consentit et ils partirent pour un pays lointain retrouver le vieil ami de Jacques.
On l’appelait Archimède.
C’était un vieil homme original et ingénieux.
En toute circonstance, il trouvait un moyen de se tirer d’affaire.

Un jour, Jacques suggéra à François d’accompagner Archimède au marché.
Ils traversèrent un village qui attira l’attention de François
car il ressemblait étrangement au sien.
Un fleuve le traversait, bordé de champs et de prairies.
Mais ce qui l’intrigua surtout, ce fut un groupe d’hommes occupés à travailler
dans les eaux peu profondes longeant les berges du fleuve.

– Que font-ils, demanda François ?
– Ils ont fixé sur le fond du fleuve des nasses pour attraper des poissons, répondit Archimède.

Alors François comprit que Jacques, par l’intermédiaire d’Archimède,
lui avait une nouvelle fois tendu la perche.
Il rentra chez lui, reconquit ses terres du bas,
qui étaient devenues les hauts fonds du fleuve,
en y installant des nasses pour y prendre des poissons.
Et le fleuve redevint son allié.

Source: Charles Brulhart  Janvier 2006 www.metafora.ch...www.lespasseurs.com

La légende de la martre

 

000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000martre

 

La légende de la Martre est inhabituelle car la plupart des légendes des Anishinabes qui se rapportent à cette constellation en parlent comme d’un grand ours. La martre est un petit animal de la taille d’un renard et parent de la belette.

La Martre était une grande chasseresse. Elle vivait dans le monde de l’hiver avec les humains, les oiseaux et d’autres animaux. L’hiver était souvent si rigoureux qu’ils manquaient de nourriture.

Les Anishinabes, du centre de l’Amérique du Nord, disent que de nombreux animaux mouraient de froid et de faim pendant l’hiver. Un jour, la Martre décida que leur seul espoir était d’aller dans le monde de l’été et d’en rapporter le temps chaud. Mais les villageois et les animaux du monde de l’été ne voulaient pas partager leur bien. La Martre convoqua donc tous les animaux et les oiseaux de l’hiver pour discuter de ce qu’il fallait faire. Le Rat musqué, qui vivait entre les deux saisons, était le seul à savoir que l’été était caché dans une île lointaine. Au centre de cette île, il y avait une cabane, et sur un mur de cette cabane était accroché le sac de l’été. Personne de pouvait s’en approcher car il était jalousement gardé par la Grue et la Grenouille. Même lorsque toutes les créatures de l’été partaient à la chasse, ces deux gardes restaient toujours derrière pour surveiller le sac. Dès que quelque chose s’approchait de l’île, tous les chasseurs sautaient dans leurs canots pour aller voir ce que c’était. Il serait très difficile pour les animaux de l’hiver d’obtenir le sac de l’été.

Un plan fut élaboré, et vint le temps où la Martre et ses amis devaient passer à l’action. Le Hibou vola vers la cabane où la Grue et la Grenouille gardaient leur précieux trésor. Il se posa à terre et regarda à l’intérieur pour voir où le sac était accroché. Ensuite, le Rat musqué fut envoyé pour gruger les pagaies des chasseurs jusqu’au point de rupture. Le meilleur nageur de tous les animaux à longues pattes, le Caribou, commença à nager vers l’île. Dès que les chasseurs l’aperçurent, ils sautèrent dans leurs canots et pagayèrent vers lui. Le Caribou nagea le plus vite possible en s’éloignant de l’île jusqu’à ce que les pagaies se brisent et que les chasseurs soient en rade sur l’eau. Le Caribou revint alors par derrière dans la cabane et prit la Grenouille et la Grue par surprise. Il s’empara rapidement du sac et courut jusqu’à ce qu’il retrouve les animaux de l’hiver. Ils se relayèrent pour porter le sac secret de l’été dans leur monde. Lorsque les animaux de l’été eurent enfin dérivé vers la rive, ils se mirent à suivre la trace des aminaux de l’hiver afin de récupérer le sac secret de l’été. Ils finirent par voir la Martre qui portait le sac. La Martre alla vers les arbres pour échapper aux animaux de l’été mais elle ne put pas grimper assez haut pour éviter les flèches des chasseurs, et l’une d’elles finit par l’atteindre.

La flèche emporta la Martre dans le ciel sombre du nord, et avec elle le sac secret de l’été. Depuis lors, les animaux de l’été et ceux de l’hiver se sont entendus pour partager les saisons de manière à ce que chacun ait six mois d’hiver et six mois d’été.

Le Créateur savait que la Martre voulait protéger ses amis contre la famine et la mort. Il empêcha donc la Martre de retomber sur la Terre et la plaça parmi les étoiles. Chaque année, la Martre traverse le ciel. Lorsque la flèche la touche, elle roule sur le dos dans le ciel d’hiver. Lorsque l’hiver est presque terminé, elle se remet sur ses pieds et recommence à donner du temps chaud sur la Terre.

De tels enseignements nous rappellent que la survie et le bien-être harmonieux de toute la création dépend du partage et du respect des Nobles Lois de la Nature.

Source: Légende Anishinabes...www.lespasseurs.com

La légende de Saint Christophe

 

000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000saint-christophe

(D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1834)

Avant d’être chrétien, saint Christophe se nommait Offerus. C’était une espèce de géant. Il avait un gros corps, de gros membres, et une grande figure où respirait la bonté. Quand il fut à l’âge de raison, il se mit à voyager en disant qu’il voulait servir le plus grand roi du monde.

On l’envoya à la cour d’un roi puissant qui fut bien réjoui d’avoir un serviteur aussi fort. Mais un jour, le roi entendant un chanteur prononcer le nom du Diable, fit aussitôt le signe de la croix, avec terreur.

« Pourquoi cela ? demanda Christophe.
— Parce que je crains le Diable, répondit le roi.
— Si tu le crains, tu n’es donc pas si puissant que lui ? Alors je veux servir le Diable. »

Et Offerus quitta la cour. Après avoir longtemps marché, il vit venir à lui une grande troupe de cavaliers ; leur chef était noir et lui dit :
« Offerus, que cherches-tu ?
— Je cherche le Diable pour le servir.
— Je suis le Diable, suis-moi. »

Offerus suivit le Diable. Mais un jour, la troupe rencontra une croix sur le chemin, et le Diable ordonna de retourner en arrière :
« Pourquoi cela ? dit Offerus.
— Parce que je crains l’image du Christ.
— Si tu crains l’image du Christ, tu es donc moins fort que le Christ ? Alors je veux servir le Christ. »

Et Offerus continua seul sa route. Il rencontra un bon ermite et lui demanda :
« Où est le Christ ?
— Partout, répondit l’ermite.
— Je ne comprends pas cela, dit Offerus ; mais si vous dites vrai, quels services peut lui rendre un serviteur robuste et alerte ?
— On sert Jésus-Christ par les prières, les jeûnes et les veilles, ajouta l’ermite.
— Je ne peux ni prier, ni jeûner, ni veiller, réplique Offerus ; enseignez-moi donc une autre manière de le servir ? »

L’ermite le conduisit au bord d’un torrent furieux qui descendait des montagnes et il dit :
« Les pauvres gens qui ont voulu traverser cette eau se sont tous noyés. Reste ici, et porte ceux qui se présenteront à l’autre bord sur tes fortes épaules ; si tu fais cela pour l’amour du Christ, il te reconnaîtra pour son serviteur.
— Je veux bien le faire pour l’amour du Christ, répondit Offerus. »

Il se bâtit donc une petite cabane sur le rivage, et il transportait nuit et jour tous les voyageurs d’un côté à l’autre du torrent. Une nuit, comme il s’était endormi de fatigue, il entendit la voix d’un enfant qui l’appela trois fois par son nom : il se leva, prit l’enfant sur ses épaules et entra dans le torrent. Tout à coup les flots s’enflèrent et devinrent furieux, et l’enfant pesa sur lui comme un lourd fardeau ; Offerus déracina un grand arbre et rassembla ses forces mais les flots grossissaient toujours, et l’enfant devenait de plus en plus pesant. Offerus, craignant de noyer l’enfant, lui dit en levant la tête : « Enfant, pourquoi te fais-tu si lourd, il me semble que je porte le monde. »

L’enfant répondit : « Non seulement tu portes le monde, mais celui qui a fait le monde. Je suis le Christ, ton Dieu et ton maître, celui que tu dois servir. Je te baptise au nom de mon père, en mon propre nom, et celui du Saint-Esprit. Désormais, tu t’appelleras Christophe » (c’est-à-dire porte-Christ).

Depuis ce jour, Christophe parcourut la terre pour enseigner la parole du Christ ; et il fut, selon l’opinion la plus connue, martyrisé en Lycie, durant la persécution de Dèce, vers 251. La bonté de saint Christophe a été l’origine de plusieurs proverbes. On disait entre autres choses :

« Qui te mane vident nocturno tempore rident. »
Ceux qui verront saint Christophe le matin riront le soir.

http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article1950

Le coin des légendes : six petits cailloux blancs

00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000common-loon

Les forets du Québec abritent une multitude de lacs. Au bord de l’un d’eux vivait autrefois une tribu amérindienne.

Le chef Onas habitait le plus grande loge avec sa femme Niska et leur fils Machigan. La foret donnait du gibier en abondance, le lac fournissait des poissons en quantité et les champs cultivés produisaient assez de maïs pour nourrir tout le monde.

La vie se déroulait paisiblement au rythme des saisons et chacun accomplissait les tâches dictées par la tradition.Mais une croyance semait l’angoisse dans les cœurs. Tous les membres de la tribu, grands et petits, ne circulaient dehors que le jour car la nuit leur inspirait une grande frayeur : ils savaient que le Grand Huart, l’oiseau noir, régnait en maître sur la nuit et que personne n’avait le droit de s’y aventurer.

Aussi, dès la tombée du jour, lorsque le chant des oiseaux parvenait aux oreilles des hommes, c’était le signe que personne ne devait sortir de sa loge ou de son abri de trappe. Car on redoutait les punitions que le manitou infligerait à celui qui braverait sa loi. Le sorcier de la tribu entretenait cette crainte en parlant de châtiments terribles :

– « Si l’un de vous ose sortir, il sera emporté dans le royaume de la nuit et jamais plus il ne reverra les siens ! »

Ainsi quand, à la brunante, on sentait descendre l’obscurité, chacun se dépêchait d’achever ses tâches en attendant le chant-signal.Lorsqu’il emplissait l’air de sa mélodie, on s’empressait de ranger les canots au sec et tous se réfugiaient à l’intérieur des loges.

Personne, depuis des lunes, n’avait oser sortir et regarder la nuit en face. Onas enseignait à son fils tout ce qu’il faut savoir pour devenir un grand chef sage et courageux. Sa femme Niska adorait Machigan ; elle passait ses journées à le regarder grandir et à apprêter des peaux pour lui coudre des tuniques et lui broder des mocassins. Machigan avait quinze ans et, déjà, il avait fait ses preuves comme chasseur et comme guerrier.

Tous vantaient sa valeur et son endurance. Mais depuis quelque temps, il s’était mis à réfléchir.Il était agacé de voir les siens accorder foi aveuglément à cette croyance à propos du Grand Huart et de la nuit. Au fond de son cœur il n’arrivait pas à y croire.

Il interrogeait les anciens, il essayait de discuter, de comprendre ; mais tout le monde prenait peur quand il abordait le sujet. Un jour en chassant loin de sa bourgade, il avait entendu parler des étoiles et toute sorte d’autres choses qu’il ne connaissait pas : de lueurs dans le ciel qu’on appelait des aurores, de feu lointains, d’éclairs magnifiques qu’on ne voyait que la nuit.

Machigan voulait savoir et sa curiosité le rongeait. Alors, un jour, n’y tenant plus, il dit tout haut ce qu’il pensant :

– « Je ne crois pas ce que le sorcier enseigne à propos du Grand Huart ! »

A ces mots Onas, son père, s’écria :

– « Comment ? s’écria Onas, son père. Tu oses contredire notre sorcier ? malheur à toi, mon fils ! espérons que le grand Huart ne t’ait pas entendu ! »

Machigan baissa la tête sans répondre. Mais pour lui tout seul il pensa :

– « Cette nuit, je sortirai voir les étoiles et toutes les choses qui m’ont été cachées. Tant pis si le Huart m’attrape. »

Lorsque tout le village fut endormi, Machigan se leva donc doucement et sortit de la loge. Le cœur battant il regarda la lune qui traçait un chemin brillant sur l’eau du lac. Il admira les étoiles qui décoraient le ciel de milliers de points brillants. Le parfum des feuilles et des mousses lui semblait vingt fois plus odorant que le jour. Jamais il n’avait rien vu d’aussi beau. C’était donc cette beauté sans limite que le Grand Huart refusait de partager ?

Avide de découvrir d’autres merveilles, Machigan détacha un canot et s’enfuit sur l’eau sans faire le moindre bruit. Tôt le matin suivant, un chasseur courut avertir le chef qu’il manquait un canot.

Onas alla voir sur la grève. Aussitôt, il demanda :

– « Quelqu’un a-t-il quitté le village ? »

Le chasseur lui répondit :

– « Je ne sais pas ! »

Alertée par les bruits de voix, Niska se retourna vers le lit de sapinage où dormait son fils au fond de la loge. Il était vide ! Avant même de regarder la couche de Machigan, quelque chose l’avait averti que son fils était parti. Était-il allé braver le grand Huart ?

Elle n’osait pas y penser. Puis Onas, constatant l’absence de son fils, déclara :

– « Machigan a enfreint la loi. A cette heure-ci, il doit être déjà mort. »

et sans manifester d’émotion il ajouta :

– « Le sorcier va préparer la cérémonie. »

Le sorcier se retira dans sa tente pour faire ses préparatifs et invoquer les esprits. Il leur parla en ces termes :

– « L’offense est grave ! Il faudra bien choisir nos chants et nos offrandes au Grand Huart pour réparer la grande faute de Machigan. Sinon les malheurs s’abattront sur notre village. »

Les gens allèrent chacun chez soi, chercher des colliers, des plumes, des fourrures soyeuses, les meilleurs morceaux de poisson séché. Mais Niska refusait d’accepter si vite la mort de son fils chéri. Elle vint trouver son époux.

– « le Huart l’a peut-être épargné ! Pourquoi ne pas envoyer quelques-uns le chercher ? »

Surpris, Onas, irité de cette audace, lui répondit :

–  » Où veut tu que je cherche : Au fond du lac ? »

Tout à coup Niska se souvint qu’elle avait vu en rêve un canot glisser sur une eau noire au-dessus de laquelle brillaient des lumières.

– « Non ! pas au fond, mais sur le lac. »

Bientôt Niska comprit que ni les anciens, ni les chasseurs, ni le sorcier, ni son mari ne conservaient espoir de retrouver Machigan. Leur crainte du Grand Huart était telle qu’ils ne pensaient qu’à s’incliner devant sa puissance. Tandis que pour elle, son amour pour son fils l’emportait sur tous les autres sentiments.

Elle pensait que le Grand Huart avait peut-être un enfant, lui aussi, qui était curieux et ardent comme le sien. Son cœur de mère refusait d’accepter la fatalité. Afin de calmer sa femme Onas finit par céder :

– « Quand le soleil sera droit au-dessus de nos têtes, si Machigan n’est pas de retour, j’enverrai un canot à sa recherche. »

En prononçant ces paroles, il tentait d’enterrer ses doutes et peut-être aussi d’enfouir au fond de son être la douleur qu’il ressentait. Puis, chacun, au village, reprit ses activités. Niska, rongée d’inquiétude, s’en alla au bord du lac.Elle marcha longtemps sur la grève, scrutant l’eau profonde, au milieu du lac, là où, chaque soir, le Huart lançait son signal.

Elle chercha en vain un indice qui lui révèlerait la présence de Machigan. Regardant le fil de l’eau, elle se demanda :

– « Est-il pensable que le grand Manitou puisse ravir un jeune homme si beau, si plein de promesses ? »

A cette question pour elle, une seule réponse : Non, ce n’était pas possible ! Le grand huart ne pouvait être cruel à ce point. Tout en marchant, Niska ramassa à ses pieds un caillou blanc. Elle se mit à le tourner et à le retourner dans sa main comme pour combattre par ce geste son angoisse et son inquiétude.

Puis elle frotta le caillou contre une pierre dure tout en continuant à épier les mouvements de l’eau. Lorsque le soleil fut au zénith, Onas envoya un canot avec deux de ses meilleurs chasseurs à la recherche de Machigan dans chaque baie et chaque anse du lac et même sur les rivières avoisinantes.

Tout le temps qu’ils furent partis, Niska continua de polir le caillou blanc qui devint lisse et brillant. Machinalement, elle y perça un trou et l’enfila sur une lanière de cuir qu’elle glissa à son cou. Le soir arriva. Les chasseurs revinrent au village sans Machigan.

Niska et les autres se dépêchèrent de rentrer avant la tombée de la nuit. Onas tenta de raisonner sa femme mais elle refusait d’accepter que son fils soit mort et le supplia :

– « Demain, tu enverras encore un canot à sa recherche ? »

Onas accepta car lui aussi avait beaucoup de chagrin d’avoir perdu son fils. Pendant les cinq journées qui suivirent, Onas envoya des chasseurs fouiller toutes les berges, toutes les anses du lac. Leur canot partait à midi et revenait le soir, sans jamais rien apporter de nouveau.

Le jour succédait à la nuit et chaque matin, Niska repartait vers la rive, enjambant les troncs morts et les rochers.Elle allait et venait, gardant une lueur d’espoir bien vivante dans son cœur. Et pour occuper son esprit, chaque jour, elle ramassait un caillou blanc sur la grève et le frottait contre une pierre ; le petit bruit grinçant qui trouait ainsi le silence devenait la seule prière timide qu’elle osait adresser au grand Manitou.

Le soir, en rentrant à la loge, elle perçait son caillou et l’enfilait sur sa lanière. Le sixième jour, bien avant le coucher du soleil, Niska entendit des voix venant du lac et le bruit des avirons dans l’eau. Son cœur bondit dans sa poitrine. Elle se mit à courir.

Le sorcier, qui avait été forcé de retarder encore la cérémonie des morts, approcha de la rive. L’un des chasseurs cria :

– « Le jeune Machigan est vivant ! Le jeune Machigan est vivant ! »

A plusieurs mètres du rivage, Machigan sauta dans l’eau et s’avança vers les gens qui l’attendaient. Tous le regardaient venir vers eux en silence. Sa mère s’élança vers lui. Le jeune homme la prit par la main et s’assit près d’un bouleau.On l’entoura et il se mit à raconter :

– « Le ciel était noir mais des milliers d’étoiles brillaient. Quand la lune paraissait, on voyait clair comme en plein jour. J’ai respiré des odeurs extraordinaires. Je ne me lassais pas de regarder le ciel et d’admirer les reflets de surprenantes lueurs.

J’entendais le souffle du vent et le chant de mille oiseaux de la nuit. On aurait dit qu’ils riaient.Je suis entré dans les eaux turbulentes et mon canot a chaviré. »

Après une pause, il poursuivit :

– « J’ai essayé de nager mais une grande faiblesse m’a envahi et d’étranges remous m’ont emporté. Je n’avais pas la force de les combattre. J’ai coulé à pic. Quand j’ai ouvert les yeux, j’étais au sec dans un nid de branches et de feuilles et le grand huart se tenait près de moi. Il m’a apporté du poisson à manger et de l’eau à boire. Petit à petit mes forces sont revenues. Le grand huart ne semblait pas offensé de ma bravade. Il m’a demandé ce que j’avais vu dans son royaume.Il voulait savoir si avec mes flèches, je pouvais atteindre les étoiles, si nos guerriers voulaient capturer la lune et l’emprisonner dans la grande loge. J’ai répondu que je ne le pensait pas. »

L’assistance était médusée et surprise que le grand huart n’ai pas pris la vie de Machigan.

– « Alors il m’a raconté les secrets de la nuit, les mystères qu’elle abrite, les feux qu’elle allume. Il a compris qu’il ne devait pas craindre que les hommes lui volent son royaume et il m’a dit :

– « Je veux bien désormais partager la nuit avec vous. Mon chant ne sera plus un signal pour vous interdire de sortir. Vous aurez accès à toutes ses beautés. Vous laisserez la lune suivre son chemin et à partir de maintenant, je chanterai désormais pour saluer sa venue. »

– « Je ne savais pas où je me trouvais mais devant mes yeux tout à coup je vis avancer une embarcation. J’ai appelé et simplement, me voila. »

Niska se leva et embrassa son fils.

– « Viens avec moi! »

Elle l’entraîna sur le rivage et lui dit de ne pas bouger. Sous les yeux de tous, elle détacha un canot et s’en alla toute seule au milieu du lac. Personne n’osait rien dire, pas même Onas, ni le sorcier. Sur le visage de Machigan qui la suivait du regard se dessinait un sourire.

Niska fila sur l’eau et le chant modulé du huart retentit. Les gens massés sur la grève frissonnèrent car ils n’étaient pas totalement rassurés. Le grand huart lançait son signal et pourtant, la nuit était loin encore !

Qu’est ce que cela voulait dire ? Niska continua d’avancer. Sans même agiter la surface de l’eau un magnifique huart noir surgit devant le canot. Niska arrêta de ramer. Elle retira de son cou le collier de cailloux blancs qu’elle avait polis et repolis tout au long de sa douloureuse attente.

Elle se pencha vers le huart qui se tenait immobile devant elle. Puis elle lui glissa au cou le collier qu’elle avait façonné. Elle murmura un seul mot avant de repartir vers le village :

– « Merci. »

On dit que c’est depuis ce jour que les huarts portent sur leur cou noir et luisant un magnifique collier de plumes blanches.

Des plumes qui ont dû être un jour des cailloux : six cailloux blancs sur un fil.

Et vous, comme Machigan, dépassez vous ces croyances qui vous limitent ?

Cela vous inspire ?

Paix et Harmonie,

Source: Cristal Himalaya...www.lespasseurs.com