Les vétérinaires 2ème partie

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Patrizia Muttoni

– TOXIC CROQUETTES
Dr JUTTA ZIEGLER

CHAPITRE 2
LE LABRADOR PAUL SE GRATTE
JUSQU’AU SANG

Pourquoi les régimes antiallergiques ne font effet
que momentanément ou pas du tout ?

Le labrador Paul a toujours mangé des croquettes (spéciales chiot).
Sylvia H. va chercher l’adorable petit Paul à huit semaines et lui donne,
pour être sûre de ne commettre aucune erreur, les croquettes
recommandées par l’éleveuse. « Il y est déjà habitué, elles lui réussissent
bien et elles contiennent tout ce dont il a besoin », lui dit-elle. Mais, les
semaines suivantes, petit Paul a régulièrement la diarrhée. À chaque fois
cependant, les comprimés de charbon prescrits par le vétérinaire font leur
effet.

À plusieurs reprises, le chiot doit prendre des antibiotiques, car la
diarrhée est particulièrement grave et Paul est vraiment malade. Il reçoit
tous ses vaccins, il est vermifugé, on le débarrasse de ses puces : le
programme complet des manuels.

Quelques petites semaines plus tard, Paul commence pourtant à se gratter horriblement. Il ne parvient pas à se calmer, il change de place sans arrêt, notamment la nuit ; il se gratte et se mord constamment. Le vétérinaire traite de nouveau les puces et lui fait une piqûre contre les démangeaisons. Elles se calment provisoirement pour recommencer de plus belle au bout de quelques jours.
L’inflammation touche aussi les oreilles qui sont rouge cramoisi. Paul
souffre affreusement.

Sylvia H. ramène Paul chez le vétérinaire qui lui prescrit des gouttes
pour les oreilles, des bains antiallergiques, ainsi que des antibiotiques à
prendre pendant dix jours.

À cela s’ajoute bien sûr une nouvelle piqûre.
Diagnostic : le chiot fait une allergie. Paul doit donc dorénavant être
nourri avec un aliment dit hypoallergénique, sous forme de croquettes
spéciales.

Entre les bains, les gouttes à mettre dans les oreilles et les
antibiotiques à administrer, Sylvia H. ne chôme pas. Elle ne rechigne pas
pour autant : il faut bien venir à bout de cette allergie ! Mais Paul n’aime
pas du tout ses croquettes spéciales. Sylvia H. ne cède pas et ne lui
donne rien d’autre. Paul prend sur lui et mange. Il n’a que six mois et
compte déjà parmi les malades chroniques de son vétérinaire.

À l’issue de la cure antibiotique de dix jours, Paul va nettement
mieux. Autre problème cependant : les comprimés ont eu des effets
néfastes sur son estomac et son intestin. Résultat : la diarrhée est de
retour. Sylvia H., qui a appris à s’y retrouver parmi les nombreux maux
de Paul, lui donne des comprimés de charbon. Cette fois encore, ils sont
très efficaces.

Mais quelques semaines plus tard, Paul se remet à se gratter comme
un fou. Aucune partie de son corps n’y échappe. L’inflammation de ses
oreilles réapparaît et il souffre beaucoup. Sylvia H., désespérée, change
de vétérinaire. Le nouveau vétérinaire prescrit un test d’allergie et pose
une collerette autour du cou de Paul pour qu’il ne puisse plus se gratter.
En attendant les résultats du test, on lui fait des piqûres de cortisone en
préventif et des comprimés de cortisone prennent le relais à la maison.

Le résultat du test est le suivant : Paul est allergique aux acariens de
poussière et de stockage alimentaire, ainsi qu’au maïs et à la viande de
bœuf et d’agneau.Puisque les croquettes antiallergiques qu’il mangeait jusque-là
contenaient du maïs, elles sont remplacées par d’autres, à base de soja
cette fois.

Sylvia H. reçoit d’autre part pour instruction de nettoyer en
permanence tous les tissus avec lesquels Paul entre en contact et de se
procurer un aspirateur équipé d’un filtre antiacariens. Il faudra aussi
congeler les croquettes avant consommation pour éliminer les acariens de
stockage. Sylvia H. respecte toutes les prescriptions. Elle est prête à tout
pour soulager Paul qui lui fait tant de peine avec ses démangeaisons
incessantes et ses oreilles douloureusement enflammées.

Pendant quelque temps, cela ne fonctionne pas trop mal, puis Paul
recommence à se gratter. Sylvia H. lui remet immédiatement sa collerette
pour l’en empêcher. Mais un jour, la crise de démangeaison est si forte
qu’il réussit à s’en débarrasser et la met carrément en pièces, avant de se
mordre et de se gratter jusqu’au sang. À force, la peau de son ventre, en
particulier, présente de nettes lésions. Les zones concernées sont noires
et ont l’aspect du cuir. Quant à celles plus récemment attaquées, sur le
dos cette fois, elles passent au rouge vif et suppurent. Sylvia H. est
complètement désespérée.

Paul, qui aura maintenant bientôt un an, ne s’est jamais vraiment bien
porté. Il est toujours très fatigué, les promenades ne lui font pas
particulièrement plaisir et son allure est très éloignée de celle d’un chien
joyeux et en bonne santé. Son poil est terne et hirsute. Il n’a plus le droit
de se coucher dans le séjour en raison de son assez forte odeur et de ses
flatulences. Chien et maîtresse sont aussi malheureux l’un que l’autre de la
situation.

À intervalles réguliers, la diarrhée revient. Les comprimés de
charbon finissent par ne plus agir. Excédée, Sylvia H. met Paul dans la
voiture et le conduit jusqu’à une clinique vétérinaire recommandée par
une connaissance. Elle est loin de chez elle, mais un spécialiste des
maladies de peau est censé y exercer.

Dans cette clinique spécialisée, Paul subit une prise de sang et ses
selles sont analysées. Un nouveau test d’allergie, une échographie et une
radio sont également effectués. Sylvia H. attend avec impatience les
résultats. Ils ne laissent rien augurer de bon : les valeurs hépatiques sont
élevées, les enzymes pancréatiques sont hors norme, l’élastase fécale
(témoin de l’activité du pancréas) est insuffisante et la formule sanguine
est mauvaise. Le test d’allergie, quant à lui, révèle que Paul, en plus
d’être allergique aux acariens de poussière et de stockage, au blé, au
maïs, à la viande de bœuf et d’agneau, l’est aussi au soja. On lui fait des
perfusions et prendre des comprimés pour protéger son foie et des
enzymes lui sont prescrites pour la digestion.

Évidemment, il faut de nouveau changer de croquettes antiallergiques. Cette fois, la recette est pour le moins exotique : viande de cerf au tapioca. Elle ne suffit cependant pas à redonner le sourire à Sylvia H. Les sommes dépensées
pour les analyses, les traitements, les médicaments et la nourriture
atteignent en effet des proportions menaçantes pour son porte-monnaie,
un seul sac de douze kilos des différents aliments antiallergiques coûtant à
lui seul entre cinquante-six et quatre-vingt-cinq euros. Et Paul ne guérit
pas pour autant, son état empire.

Le troisième changement de nourriture ne donne qu’une amélioration
provisoire. L’ensemble des traitements entrepris n’a mené à rien et Paul
va manifestement de plus en plus mal. Sylvia H. décide alors de faire une
toute dernière tentative qui la conduit jusqu’à mon cabinet au printemps
2008. En tant que spécialiste en homéopathie, je suis sans arrêt
confrontée à de pareils cas, apparemment sans espoir et pour lesquels
tout a déjà été tenté. Que s’est-il passé dans celui de Paul ?
Reprenons depuis le début. Depuis sa naissance, comme à sa mère
d’ailleurs, on n’a donné à Paul que des croquettes. C’est ainsi que fut
posée la première pierre à l’origine des affections à suivre. Car, en étant
nourri de la sorte, il était impossible à Paul de se constituer une flore
intestinale de carnivore saine. Normalement, une mère transmet à ses
chiots, dès leur naissance et par la suite, des bactéries essentielles ainsi
que des enzymes digestives. Le processus commence dès la mise bas,
lors du passage par la voie génitale, puis se poursuit par la toilette et le
léchage réguliers effectués par la mère, etc… Ces substances si
importantes, Paul ne les a pas reçues de sa mère en raison de sa propre
alimentation inadaptée et il n’a pas pu se constituer lui-même une flore
intestinale saine par la suite puisqu’il a été nourri exclusivement avec des
croquettes.

Quel est le problème avec les croquettes ? Tout aliment sec est broyé
mécaniquement lors de sa fabrication au point de rendre ses composants
méconnaissables, puis chauffé à très haute température. Il est ainsi plus
facile à travailler, mais ce procédé détruit les enzymes si précieuses pour
la digestion et dénature les protéines. Quant aux bactéries essentielles
pour digérer, elles n’ont aucune chance de survie. Que reste-t-il de vivant
dans les croquettes :rien à part les acariens de stockage ! J’y reviendrai.

Que pouvons-nous faire pour commencer dans le cas de Paul ? Il
faut le faire passer à une nourriture « vivante ». Ce qui ne veut
naturellement pas dire, en l’occurrence, lui donner des poulets vivants,
mais une nourriture dont les ingrédients sont encore présents dans leur
composition naturelle d’origine. Lors de la fabrication des croquettes, les
ingrédients sont à l’inverse réduits à leurs principaux composants, avant
d’être ré-assemblés pour obtenir une nouvelle forme.

Or, une matière sous sa forme d’origine n’a rien à voir avec la somme de ses composants chimiques. Et elle n’est disponible que lorsque la nourriture est proposée sous sa forme naturelle – à savoir viande et parures de viande – et crue. Légumes et herbes aromatiques viendront compléter ce repas.

Sylvia H. est prête à prendre en charge la préparation des repas de
Paul. Il faudra commencer par reconstituer une flore intestinale saine, ce
qui ne se fait pas du jour au lendemain. Les diverses allergies de Paul ne
facilitent pas le choix des variétés de viande.
Les croquettes « stériles » empêchent non seulement le
développement d’une flore intestinale saine, mais elles entraînent
également une sollicitation excessive et permanente du pancréas en raison
de la proportion bien trop élevée de céréales, d’où un risque de diabète
nettement accru. Pour des questions de coût exclusivement – les céréales
étant bien moins chères que la viande –, les carnivores sont transformés
en granivores.
Les aliments tout prêts mettent jusqu’à vingt-quatre heures pour
transiter dans l’intestin quand la viande fraîche n’en met que six à huit
environ. Le temps nécessaire à la digestion diffère donc de manière
importante. Le surmenage constant du tube digestif lié à une nourriture
dont la composition n’est pas conforme aux besoins de l’animal finit par
entraîner un déficit enzymatique, puis une fermentation anormale dans
l’intestin. Les premières réactions sont les diarrhées, telles qu’elles sont
apparues précocement chez Paul. Les fermentations libèrent des
substances qui rendent la paroi intestinale plus perméable. Celle-ci laisse
alors passer de plus grosses molécules qui arrivent ainsi directement dans
le sang. Le système immunitaire réagit en se mettant à produire davantage
d’anticorps, eux-mêmes annonciateurs de l’allergie. Si l’organisme reçoit
sans arrêt les substances en cause (parmi lesquelles comptent aussi tous
les additifs artificiels), ces dernières peuvent affecter directement le
métabolisme. Le système immunitaire s’affole et développe en
permanence de nouvelles réactions de défense.

Ce mécanisme vaut aussi pour des ingrédients qui, en situation
ordinaire, ne pourraient jamais déclencher d’allergie, telle la viande de
bœuf, aliment normalement à la fois naturel et sain pour un chien.

Ces réactions immunologiques se reproduisent en chaîne, une sensibilité
excessive succédant à une autre, ce qui explique aussi pourquoi la
désensibilisation ne suffit pas et n’agit qu’à court terme. Elle consiste à
fabriquer contre un antigène précis (c’est-à-dire la substance qui
déclenche l’allergie) un vaccin administré sous forme de piqûre.

Le traitement, qui peut durer des années, commence habituellement par un
simple test sanguin permettant d’identifier les allergènes déclencheurs. En
fonction des résultats et de l’allergie correspondante, on passe d’un type
d’aliment à l’autre et seuls les ingrédients diffèrent. En effet, un aliment de
régime se limite certes à une unique source de protéines, mais pour le
reste rien ne le distingue des autres : le processus de fabrication au cours
duquel l’ensemble des nutriments est détruit, des additifs artificiels sont
ajoutés…, reste le même. Cela vaut aussi pour les conservateurs et les
arômes potentiellement allergisants. Il est donc logique que cette solution
ne puisse fonctionner, sauf à très court terme.

Dans le cas de Paul, il faut donc y aller très progressivement. Il faudra
commencer par purifier l’intestin trop sollicité, puis poursuivre en
reconstituant une flore intestinale fonctionnelle. Un régime d’élimination ne
sera mis en place que dans un second temps, afin de déterminer ce que
Paul supporte ou non.

Deux jours de jeûne seront tout d’abord observés, durant lesquels
Paul ne prendra que de l’eau et une cuillère à soupe de yaourt nature qui
apportera des bactéries vivantes bénéfiques pour la flore intestinale. Puis
il aura droit à du poulet cuit (pour commencer, cru plus tard) avec des
carottes, accompagnés chaque jour de yaourt nature, d’algues marines et
d’argile.

Un jour de jeûne par semaine viendra toujours s’intercaler.  Le tout est bien toléré par Paul. Le poulet ne pose donc pas de problème.

Au bout de quatre semaines, le nouveau menu se compose de viande de
bœuf accompagnée de légumes. La viande est de moins en moins cuite.

À l’issue de quelques semaines supplémentaires, la digestion de Paul est
bien réglée et il mange sa viande crue. Son système digestif fonctionne
désormais très bien et il apprécie sa viande crue accompagnée de sa
portion de légumes quotidienne. Argile et algues marines font toujours
partie du menu, de même que différentes herbes aromatiques ou plantes :
persil, basilic, origan, ciboulette ou pissenlit. Le fait qu’il tolère maintenant
bien la viande de bœuf, qui s’était avérée positive lors du test d’allergie,
témoigne de la constitution désormais naturelle de sa flore intestinale.

Les allergies à certains types précis de viande, comme le bœuf chez
Paul, ne concernent souvent que le produit travaillé industriellement. Sous
sa forme brute, c’est-à-dire crue, il est le plus souvent toléré sans
difficulté. Le régime d’élimination de Paul montre qu’il tolère très bien
tous les types de viande ou presque, mais pas sous leur forme industrielle.
Il s’avère qu’il ne tolère effectivement pas la viande d’agneau. S’il en
consomme, ses oreilles rougissent immédiatement. Cette viande est donc
complètement éliminée de son alimentation.

Désormais, les diarrhées ne sont plus qu’un mauvais souvenir, les démangeaisons se sont bien calmées, mais en ce qui concerne les oreilles, tout n’est pas encore rentré dans l’ordre. Les poussées inflammatoires sont toujours d’actualité, les allergies ne disparaissant pas comme par enchantement. Mais, grâce à sa flore intestinale reconstituée, Paul digère bien comme en témoigne la
disparition des diarrhées. Sa paroi intestinale ne laisse plus passer de
substances étrangères dans son sang, ce qui soulage son système
immunitaire.

L’allergie aux acariens de poussière est bien sûr toujours présente,
mais sous une forme nettement atténuée. Paul doit par conséquent passer
plus de temps en plein air. Voilà qui est facile à mettre en place pour
Sylvia H. qui dispose d’un jardin entouré d’une clôture toute neuve dans
lequel Paul peut se dépenser. L’allergie aux acariens de stockage est
quant à elle évacuée puisqu’il est absolument interdit à Paul de
consommer des aliments tout prêts. Or, ce type d’acarien ne se trouve
que dans les croquettes. Le conseil du deuxième vétérinaire consistant à
congeler les croquettes pour tuer les acariens est absurde. Ils sont certes
détruits par la congélation, mais ce sont surtout leurs excréments qui
déclenchent les allergies. Paul n’a pas droit non plus aux restes
(charcuterie, viande assaisonnée, etc…), car les additifs contenus dans
les denrées alimentaires (qu’elles soient destinées aux humains ou aux
animaux) peuvent être dangereux pour lui.

Sylvia H. se félicite d’être désormais en mesure, par des moyens relativement simples, de traiter un problème complexe. Elle prend d’autant plus de plaisir à préparer les repas de Paul qu’elle constate à quel point il les aime. Avec le temps, les otites se sont espacées, son pelage désormais lustré est magnifique et son état général est bien meilleur. Il est plein de vie, joueur et apprécie de
nouveau les sorties. Sa mauvaise odeur est oubliée et il ne se tord plus de
douleur. Il peut maintenant rester avec ses maîtres dans la même pièce
sans empester. Ce n’est plus le même chien !

Des cas similaires se présentent souvent à mon cabinet,
malheureusement. Tous n’évoluent pas aussi bien que Paul, mais une
nette amélioration s’observe chez chacun d’entre eux.

Certains chiens sont en outre bourrés de médicaments qui endommagent encore
davantage leur flore intestinale et surexcitent leur système immunitaire, si
bien qu’il faut parfois faire le deuil d’une guérison complète.

Quels sont les traitements habituellement proposés par la suite dans la
plupart des cabinets vétérinaires ? Après les tests d’allergie et les
éventuelles désensibilisations (coûteuses, longues et aux effets de courte
durée), la cortisone prend le plus souvent le relais, en tant que remède
standard proposé par tout vétérinaire impuissant face aux allergies. Il
s’agit le plus souvent d’un traitement au long cours dont on s’accommode
des effets et des maladies secondaires (syndrome de Cushing,
effondrement du système immunitaire) au bénéfice d’une amélioration
provisoire.

Un vétérinaire devrait pourtant réfléchir et se demander pour quelle
raison les aliments antiallergiques ne font effet qu’à court terme et
pourquoi il faut sans arrêt rechercher de nouveaux ingrédients toujours
plus exotiques pour échapper à des allergies toujours nouvelles. Car en
recommandant sans cesse de nouveaux aliments antiallergiques, les
vétérinaires déclenchent artificiellement de nouvelles allergies. Certains de
ces aliments contiennent, comme toute nourriture prête à l’emploi,
tellement d’ingrédients différents qu’il est impossible d’identifier des
allergènes précis. Plusieurs sources de protéines végétales viennent
souvent s’ajouter à une ou plusieurs sources de protéines animales, d’où
l’impossibilité de déterminer les vrais coupables.

Un régime d’élimination correctement suivi ne contient qu’une seule source de protéines accompagnée d’une seule variété de légume ou de glucide. Rien de
plus. Et cela en aucun cas sous forme d’aliment tout prêt !

Sérieusement, c’est l’évidence même ! Un jour ou l’autre, quand il
n’y aura plus rien pour remplacer la viande d’autruche, de cheval et de
buffle, le tapioca et l’endive, on verra peut-être apparaître la truffe
comme dernière surenchère dans les menus industriels. Sinon, il ne
restera plus qu’un traitement au long cours à base de cortisone avec son
cortège de symptômes associés.

C’est malheureusement ce qui se produit d’ordinaire, selon un schéma invariable, dans tout cabinet vétérinaire standard dédié aux animaux de compagnie. Les allergies chez le chien et le chat sont de plus en plus fréquentes et le phénomène a débuté parallèlement à l’introduction de la nourriture industrielle. Lutter contre le problème avec des produits identiques ou faiblement modifiés et fabriqués selon les mêmes processus industriels ne peut à la longue que mal tourner.

Mais curieusement, très peu de monde s’en rend compte. Y compris
parmi les vétérinaires coresponsables, trop occupés qu’ils sont à
promouvoir leurs coûteux aliments de régime à des maîtres invités à
persévérer à grand renfort de médicaments générateurs de maladies.

Je n’insinue pas que tous mes confrères se comportent de la sorte à
dessein. Mais certains sont parfaitement au courant et agissent par simple
calcul.

Il y a quelque temps, j’ai rencontré par hasard un confrère qui est
à la tête de l’un des cabinets réalisant l’un des plus gros chiffres d’affaires
d’Autriche en ce qui concerne la vente d’aliments pour animaux. Quand
je lui ai demandé s’il savait ce qu’il faisait et ce que finit par provoquer la
nourriture industrielle chez les chiens et les chats qui nous sont confiés, il
m’a répondu qu’il le savait pertinemment, mais que l’influence des
croquettes sur son chiffre d’affaires était tellement énorme qu’il ne
pouvait ni ne voulait y renoncer.

Bon nombre de confrères d’un certain âge sont bien conscients du problème ou commencent au moins à réaliser que la nourriture a peut-être un lien non négligeable avec l’augmentation constante des cas d’allergie. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls en hausse, puisque l’augmentation concerne aussi des maladies qu’on ne rencontrait pas dans de telles proportions auparavant.

En cas d’allergie grave, certains confrères sont assez raisonnables
pour commencer par écarter l’aliment tout prêt, avant de mettre en place
un régime d’élimination à base de nourriture préparée à la maison. Mais –
allez savoir pourquoi ! – ils ne s’opposent pas au retour à la nourriture
toute prête, dès que l’animal finit enfin par aller mieux. La confiance
accordée à cette nourriture semble limitée, mais mercantilisme et
commodité l’emportent. L’expérience montre que l’état de santé de
l’animal, lui, est sans issue. Tant que le mal n’est pas pris à la racine – et
le mal est ici, comme souvent, une nourriture exclusivement à base
d’aliments tout prêts –, le phénomène allergique reste incontrôlable. Et
tout le monde y gagne : les vétérinaires comme l’industrie des
médicaments et des croquettes. Nos pauvres chiens et chats, eux, en font
les frais.

Quelle est l’alternative ? Une nourriture crue biologiquement
appropriée ? Dans ce cas, seul y gagne le boucher, ou mieux encore le
paysan bio qui abat encore lui-même ses bêtes et doit payer cher pour
l’élimination de ses déchets de viande.

Cette filière peinera à trouver des aides. Elle ne sera soutenue ni par les vétérinaires, ni par l’industrie pharmaceutique et encore moins par l’industrie des aliments pour animaux, car sa mise en place irait de pair avec une chute des recettes, notamment de celles issues de la vente des chères croquettes de régime !

Après plus de trente ans d’expérience et de fausses pistes en détours
(oui, moi aussi, j’ai vendu autrefois des aliments de régime, convaincue
de leur pertinence et de leur nécessité), l’ébauche de solution toute simple
à laquelle je suis parvenue consiste à donner à nos chiens et à nos chats
une nourriture crue biologiquement appropriée. Les résultats me donnent
raison et prouvent que c’est la meilleure. Il n’existe malheureusement pas
de séries de tests comparant aliments de régime tout prêts et alimentation
naturelle. Seules sont réalisées des études comparatives confrontant
différents produits industriels.

Qui d’ailleurs pourrait bien financer ces séries de tests ? Obtenir un résultat qui va à l’encontre de leurs intérêts économiques ne serait nullement profitable aux participants. Il n’en va pas autrement en médecine humaine. Les tests portent toujours sur les produits de différentes firmes pharmaceutiques. De bons produits, souvent plus simples, plus sains et moins chers, mais non brevetables, ne bénéficient jamais de la moindre série de tests.

Combien ai-je vu de chiens dont le pelage se modifiait visiblement en
peu de temps grâce à un simple changement de nourriture et que je
reconnaissais à peine, qu’il s’agisse de leur odeur ou de leur vitalité.

Chez les chiens à poil long en particulier, un désordre métabolique se remarque
immédiatement par des modifications du pelage et de la peau. Un chien
nourri avec de la viande crue a une tout autre allure, son odeur aussi est
bien différente. Cela saute aux yeux de tout observateur attentif.

Seulement, comme trop peu de maîtres nourrissent leur chien d’une
manière appropriée à son espèce et que tous les chiens ou presque ont le
pelage hirsute et sans éclat, on le remarque moins. Demandez un jour au
propriétaire d’un chien au poil terne et à l’odeur repoussante ce qu’il lui
donne à manger. Vous obtiendrez toujours la même réponse : de la
nourriture toute prête. Essayez, vous verrez !

Je me souviens encore du lancement dans les années soixante-dix de
Chappi ou de Pedigree Pal, premières boîtes de conserve pour chien, les
plus connues à l’époque. Leur effet fut radical. Les chiens qui en
mangeaient avaient l’air sale, dégageaient une odeur infecte et déposaient
au milieu du paysage d’énormes crottes de couleur rouge. Il ressortait la
même quantité que celle qui avait été donnée ou presque. Ces marques
d’aliments en boîte étaient alors et continuent d’être grosso modo les
produits les plus médiocres du marché. Il est évident que seuls les chiens
les plus résistants supportent cette pitance sans tomber malades. Entretemps
sont apparus de nombreux produits, qui certes relèvent le niveau
quant aux matières premières, mais n’en restent pas moins des produits
tout prêts avec tous leurs inconvénients.

Permettez-moi de vous livrer dans les paragraphes qui suivent
quelques-unes des questions posées par les propriétaires désespérés
d’animaux souffrant d’allergies sur un grand forum Internet allemand
dédié aux chiens.

À propos de Susie, West Highland white terrier femelle de cinq ans,
stérilisée :
Nous soignons depuis deux ans sans succès une allergie chez
notre West Highland white terrier. Après de nombreuses
tentatives de traitement (aliments de régime, autohémothérapie(1)
bains médicinaux quasi quotidiens,
antibiotiques, etc…), notre vétérinaire est lui-même à court
de solutions. Les maux sont les suivants : pustules suintantes
et en partie purulentes sur tout le corps, large croûte foncée,
peau très rouge. Sans prise de cortisone, notre chien ne serait
plus là.

Réponse de l’équipe vétérinaire :

Votre demande ne permet malheureusement pas de savoir de
quelle manière a été posé le diagnostic d’allergie ni quels
examens ont été réalisés jusqu’à aujourd’hui. Une allergie
alimentaire ne peut être identifiée qu’au moyen d’un régime
d’élimination exclusif résolument suivi au minimum pendant
six semaines. Pour détecter un allergène inhalé provoquant
une réaction allergique dans le cadre de ce que l’on appelle
l’atopie (allergie sans cause identifiable), la recherche peut
passer par un test sanguin ou de préférence par un test
cutané intradermique. Si un allergène responsable est détecté
mais qu’il est impossible de l’éviter (acarien de poussière,
par exemple), la solution consiste à entreprendre ce qu’on
appelle une désensibilisation. Au cours de ce traitement, on
injecte des doses croissantes de l’allergène responsable sous
la peau du chien, afin d’obtenir une accoutumance de
l’organisme.

Chez le Westi, une sorte de levure (Malassezia) s’installe sur
la peau déjà affectée, ce qui provoque une aggravation
nécessitant à son tour un traitement spécial. Une biopsie de
la peau peut donner de plus amples renseignements sur la
cause de la maladie. S’il est impossible de poser un
diagnostic clair, alors aucun traitement ciblé n’est
envisageable et il ne reste plus que le traitement
symptomatique.

À propos de Wotan, berger allemand mâle, âgé de quatre mois,
allergique aux acariens de poussière et de stockage, nourri au Royal
Canin Junior pour berger allemand, sous cortisone :

Bonjour,
Notre chien à une allergie aux acariens de poussière et de
stockage diagnostiquée par un test sanguin. Pour supprimer
les démangeaisons, nous sommes obligés de lui donner des
comprimés de cortisone, ce qui, évidemment, est très
mauvais pour un chiot. Mais nous n’avons pas trouvé
d’autre solution jusqu’à présent. Nous mettons les croquettes
à ramollir dans de l’eau et nous lui donnons une fois par jour
un peu d’huile de carthame. Sinon, c’est un petit bout de
chien plein de vie. Que pouvons-nous lui donner de plus
contre les démangeaisons ?

La réponse de l’équipe vétérinaire est pour l’essentiel identique à
celle fournie pour le premier cas, si ce n’est la recommandation de passer
fréquemment l’aspirateur à filtre spécial parallèlement à la
désensibilisation et de consulter un spécialiste des maladies de peau.

À propos de Toby, Golden Retriever mâle de sept ans, castré.
Antécédents : troubles de la prostate. Nourriture :Bosch Active.
Aussitôt après avoir mangé, notre chien a des
démangeaisons, il se roule sur son tapis, se gratte la
mâchoire et tout le long des pattes. Il est actif et en liberté
trois à quatre heures par jour.

L’équipe vétérinaire conseille d’essayer différentes marques
d’aliments hypoallergéniques généralement recommandées (toutes sous
forme de croquettes).

À propos de Mr. Spock, chien croisé mâle, six ans. Nourriture :
RoyalCanin antiallergique.
Depuis environ un an, Spocky est en traitement presque
toutes les semaines. Le test d’allergie est positif à la viande
de bœuf, à l’agneau, au poulet, à la dinde, au soja, à l’orge,
au riz, au mais et au lait de vache (tous classe 5 sur une
échelle de 6 classant les niveaux d’allergénicité). Il a de très
fortes démangeaisons, des pustules sèches sur tout le corps,
des plaques rouges de la taille d’une pièce de deux euros sur
la face interne des cuisses et disséminées sur le ventre, ainsi
qu’une importante desquamation. Notre chien perd ses poils,
sent fort et il est très agité. Chiot déjà, il lui est arrivé de se
gratter de manière impressionnante et de ramper sur le dos
sur le tapis… Aussitôt après le résultat des tests d’allergie, je
lui ai donné l’aliment recommandé par la vétérinaire. Nous
ne lui avons rien donné d’autre depuis trois mois. Aucun
succès. Nous ne lui donnons le bain qu’avec un shampoing
spécial. Nous lui avons aussi fait prendre des comprimés
d’Atopica. Nous avons arrêté avec l’accord de la vétérinaire,
car les manifestations empiraient. Spocky reprend
maintenant du Cefazic(2) 600 mg (qui a assez souvent fait
effet sur lui). Un nouveau test d’allergie aux herbacées a été
réalisé et s’est avéré négatif. La vétérinaire a considéré que
seule l’autohémothérapie pouvait encore être tentée et qu’en
cas d’échec, il ne restait plus que la cortisone. Le traitement
à base de cortisone fonctionne-t-il toujours et quels sont ses
ef ets secondaires ? Étant donné que l’aliment antiallergique
ne donne rien, faut-il que je le remplace par Nova Foods(3)
(poisson et pomme de terre), ou bien peut-il être utile que je
prépare moi-même la nourriture ? Que dois-je faire pour
rendre la vie de Spocky supportable ? Je n’ai pas regardé à
la dépense et aucun ef ort ne m’a fait reculer, sans succès
jusqu’à présent. C’est vraiment épuisant.

Réponse de l’équipe vétérinaire :

Vous pouvez tout à fait commencer par préparer la
nourriture vous-même, le régime hypoallergénique classique
se composant de viande de cheval accompagnée de pommes
de terre. Une amélioration devrait intervenir en quelques
jours. Si vous ne souhaitez pas tout préparer vous-même,
vous pouvez passer ensuite ou des maintenant à Nova
Foods…
Mon commentaire : Qu’est-ce que cela signifie ? L’équipe vétérinaire
est visiblement perdue. Commencer par conseiller de préparer la
nourriture, ce qui est juste en effet, et recommander dans le même temps
un aliment tout prêt… Les confrères ne semblent avoir aucune
conscience de l’absurdité de leur proposition. Si un chien est allergique
aux aliments tout prêts, je ne peux pas me contenter de changer de
marque ! Sinon, il ne reste plus que la cortisone. Dans le cas présent,
Spocky a pris des médicaments qui atténuent les réactions de son
système immunitaire (Atopica est utilisé lors des transplantations
d’organes pour empêcher le rejet), puis des antibiotiques (Cefazid). Le
fait que son système immunitaire, trop sollicité depuis des années déjà,
s’effondre, n’est qu’une conséquence logique.

Ce que j’ai du mal à comprendre, c’est pourquoi certains vétérinaires
recommandent bien de préparer soi-même la nourriture – ils ne se fient,
semble-t-il, pas tant que cela aux différents aliments antiallergiques –,
mais pour repasser ensuite aux bonnes vielles croquettes, une fois le
succès obtenu. Conseiller de préparer les repas en choisissant une seule
source de protéines est juste et permet de détecter progressivement
quelles allergies sont présentes. Mais n’oublions pas que certaines
allergies, à la viande de bœuf par exemple, ne sont souvent présentes que
lorsque cette viande a été l’objet d’une transformation industrielle et ne
concerne pas la nourriture fraîche préparée chez soi. En cas de retour
aux croquettes, avec leur viande de bœuf transformée industriellement,
c’est reparti pour la même galère. Impossible également, en s’y prenant
de cette façon, de maîtriser les allergies liées aux divers additifs présents
dans les aliments tout prêts.

Et que devient notre Paul ? Il restera sensible à vie. Alors qu’un chien
en bonne santé tolère de temps à autre une portion d’aliments tout prêts,
quand ses propriétaires sont en vacances ou qu’il n’y a plus de viande,
Paul lui réagit immédiatement. Sylvia H. en est bien consciente, si bien
qu’elle veille scrupuleusement à ce que son chien ne mange rien qui ait
subi une quelconque transformation industrielle, ce qui exclut par exemple
toute charcuterie. Depuis qu’elle respecte ces précautions, Paul va très
bien.

Face à ce type de tableau clinique complexe, nous vétérinaires,
devrions si possible travailler de manière globale, avoir une démarche
explicative et informative envers les propriétaires et nous abstenir d’avoir
recours à un nouveau traitement chimique chaque fois qu’un nouveau
symptôme apparaît.

Des médicaments toujours nouveaux et des variétés d’aliments toujours plus saugrenues ne sont sûrement pas la solution.

Et s’il vous plaît, ne touchez pas aux aliments de régime !
Voici pour clore ce chapitre le récit de Madame P. à propos du
parcours médical de sa chienne bergère, Luna :

Luna, un chiot de type berger, est arrivée il y a trois ans et
demi dans notre famille. Luna est devenue une chienne très
active et un membre de la famille très af ectueux. À l’âge de
deux ans et demi, nous avons découvert une zone enflammée
et suintante sur sa patte arrière. Mon vétérinaire de l’époque
a pensé qu’il pouvait s’agir d’une allergie. Il fallait que je
change la garniture de son panier et que je passe une
pommade sur la zone touchée. Aucune amélioration à la clé,
bien au contraire. Luna a commencé à se gratter le ventre
sans arrêt et a perdu beaucoup de poil. C’est alors que j’ai
découvert que le poil de son abdomen était en train de
tomber complètement et que la peau de cette zone devenait
toute noire. De nouvelles zones enflammées sont apparues
sur la face interne des pattes avant et arrière. Le vétérinaire
m’a expliqué qu’il s’agissait d’une grave allergie.

À mes questions visant à identifier les causes possibles, il me
dit que cela pouvait être dû à beaucoup de choses, que les
problèmes ne faisaient que commencer et que seul un
traitement à base de cortisone pourrait la soulager. Il fit
donc à Luna une piqûre de cortisone et prescrivit des
comprimés. Les inflammations régressèrent et une
amélioration au niveau de la peau du ventre fut visible. À
cause de la cortisone, Luna avait très faim et très soif, ce qui
entraîna une prise de poids sensible.

Au bout de quatre semaines environ, elle recommença à se
gratter et deux zones très enflammées sont apparues sur son
corps. Son pelage devint terne et sa peau desquamait
beaucoup. Mon vétérinaire m’expliqua alors que Luna avait
développé en plus une infection bactérienne, ce qui est
fréquent en cas d’allergie, la peau étant très fragile. Il s’est
abstenu de me dire que la cortisone elle-même rend la peau
très sèche et fragile. Luna prit alors un antibiotique puissant
tout en continuant les comprimés de cortisone. Je demandai
à nouveau si une autre solution était envisageable sans
obtenir de réponse utile. Les jours qui suivirent, l’état de
Luna ne s’améliora guère. Du fait de sa peau sèche, elle se
grattait beaucoup et ses poils tombaient énormément. Je me
dis que ça ne pouvait pas continuer comme ça. Les
médicaments ne faisaient qu’aggraver l’état de mon chien.
C’est alors que j’ai appelé l’éleveuse de Luna au téléphone
qui m’a conseillé daller voir le docteur Ziegler. Je l’ai
appelée le jour même et lui ai décrit les antécédents de Luna.
Le docteur m’a demandé ce que je lui donnais à manger. Un
aliment tout prêt, toujours le même, ai-je répondu. Le
docteur Ziegler m’a expliqué que dans plus de quatre-vingts
pour cent des cas d’allergie, la nourriture est la cause
principale et que de nombreux chiens développent des
réactions allergiques à des aliments pour chiens ordinaires. Il
fallait donc commencer par assainir l’intestin, puis changer
de nourriture.
J’ai d’abord donné à Luna pendant trois jours uniquement
du yaourt à lactobacilles vivants (ferments lactiques). Puis je
l’ai emmenée chez le docteur Ziegler. Elle m’a expliqué que
la cortisone avait contribué à beaucoup dessécher sa peau et
qu’il fallait passer à une nourriture crue. C’était tout
nouveau pour moi puisqu’on entend toujours que la viande
crue rend les chiens agressifs.

L’enthousiasme et la compétence du docteur Ziegler m’ont
cependant convaincue de me tourner vers cette nourriture et
je suis repartie avec un programme alimentaire pour Luna :
légumes vapeur ou réduits en menus morceaux, viande crue,
panses, os, yaourt. Je me suis mise à la recherche d’un
boucher proche de mon domicile chez qui me procurer
parures de viande, panses, abats et os. Puis j’ai
immédiatement commencé à donner à Luna la nourriture
prévue.
Le matin à jeun, il y avait une coupelle de yaourt additionné
d’un peu d’argile, d’herbes séchées, de compote de
cynorrhodon et de deux cuillères à soupe d’huile de poisson.
Plus tard, c’était l’heure de la viande ou des abats
accompagnés de légumes mixés. Le soir, Luna mangeait un
os charnu, de la panse ou de la gorge.

Luna a tout de suite accepté cette nourriture, elle faisait
craquer les os et engloutissait les panses, les gorges et les
morceaux d’organes entiers. En quinze jours, elle se grattait
déjà beaucoup moins. Quelque temps plus tard, son pelage
aussi devint plus beau et les poils de son ventre
commencèrent lentement à repousser. J’étais très heureuse
des progrès et pris beaucoup de plaisir à me procurer de la
bonne viande pour mon chien, ainsi qu’à constater avec
quelle joie et quelle persévérance Luna venait à bout d’un
gros os.

Au bout de cinq semaines environ, Luna fit une rechute.
Elle recommença à se gratter beaucoup, des zones
enflammées réapparurent et elle perdit de nouveau son poil.

Le docteur Ziegler m’expliqua qu’une telle rechute n’avait
rien d’inhabituel. Il me fallait désormais entreprendre un
régime d’élimination, c’est-à-dire changer de type de viande
toutes les six semaines, afin de déterminer quelle viande
Luna supportait bien. Je commençai donc, six semaines
durant, à ne lui donner que des morceaux de bœuf, puis je
passai à la volaille. Les démangeaisons se calmèrent et
l’aspect de son pelage s’améliora progressivement. Quand je
suis passée à la viande de porc, Luna a recommencé à se
gratter vigoureusement deux jours plus tard. J’ai
immédiatement arrêté. J’ai mis Luna à la diète à base de
yaourt pendant trois jours, puis j’ai repris les repas, à base
de volaille cette fois. En ce moment, Luna mange de la
viande de mouton qu’elle aime beaucoup et qui lui réussit
bien.
Aujourd’hui, six mois environ ont passé et le ventre de Luna
a retrouvé son pelage, les plaques noires et les zones
enflammées ont disparu, et surtout elle ne se gratte presque
plus. Elle digère dorénavant sans problèmes (auparavant,
elle avait souvent la diarrhée) et son pelage est reluisant.
Elle a même retrouvé sa silhouette sportive. Grâce à cette
nourriture à base de viande, de matières grasses, de fruits et
de légumes, j’ai retrouvé un chien en parfaite santé, équilibré
et vif. Et cela sans le moindre médicament.

Par ce récit, je souhaite remercier très sincèrement le
docteur Ziegler pour son suivi plein de sollicitude et pour son
soutien permanent face à mes hésitations initiales
notamment, lorsqu’il s’est agi de passer à une autre
nourriture pour Luna.

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