Etude biblique premier article- Parashat Noa’H, « Noa’H, nouvel espoir de l’Humanité »

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L’hébreu biblique – Le blog de Haïm Ouizemann

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La naissance chaotique de Noa’H, dont l’origine s’enracine chez ENoSh,  le père de l’ensemble du genre humain, s’inscrit essentiellement dans un processus de brisure, d’éclatement et de dégradation morale.

ש«וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים לְנֹחַ קֵץ כָּל-בָּשָׂר בָּא לְפָנַי כִּי-מָלְאָה הָאָרֶץ חָמָס מִפְּנֵיהֶם וְהִנְנִי מַשְׁחִיתָם אֶת-הָאָרֶץ» (בראשית ו, יג).ש

«Et Dieu dit à Noa’H: « Le terme de toutes les créatures est arrivé à mes yeux, parce que la terre, à cause d’elles, est remplie d’iniquité; et je vais les détruire avec la terre». (Gen. 6: 13).[1]

En effet, SheT, le troisième fils d’ADaM et de ‘HaVaH, né après le fratricide de CaÏN, en donnant la vie à ENOSh, recommence à s’adresser à l’Eternel: Noah inaugure une nouvelle ère d’espoir pour l’Humanité, après la chute d’ADaM et de CaÏN.

Pourquoi la source biblique précise-t-elle que Noah fut également un «homme de la terre, אִישׁ הָאֲדָמָה» (Gen. 9: 20)? En fait, Noa’H, pour réparer la dégradation de la terre, se doit impérativement de redresser la chute primordiale d’ADaM et de CaÏN. Le nom même de Noa’H est porteur d’une lourde symbolique: l’Eternel, «regrette» d’avoir créé l’humanité et la Création:

ש«וַיִּנָּחֶם יְהוָה כִּי-עָשָׂה אֶת-הָאָדָם בָּאָרֶץ וַיִּתְעַצֵּב אֶל-לִבּוֹ» (בראשית ו: ו)ש

«et l’Éternel regretta d’avoir créé l’homme sur la terre, et il s’affligea en lui-même.» (Gen. 6: 6).

Or, la racine du verbe «regretter» est נ.ח. , celle qui veut dire: «consoler» et qui sera à l’origine du nom: Noa’H, Noé.

Apparaissant dans l’Histoire afin de «consoler» l’Humanité [זֶה יְנַחֲמֵנוּ מִמַּעֲשֵׂנוּ (Gen. 5: 29)] du mal et de l’iniquité régnant entre les créatures, Noa’H est considéré comme le nouvel ADaM de la Création, le Premier Homme resté seul après le Déluge.

ש«וַיֹּאמֶר קַיִן אֶל-הֶבֶל אָחִיו וַיְהִי בִּהְיוֹתָם בַּשָּׂדֶה וַיָּקָם קַיִן אֶל-הֶבֶל אָחִיו וַיַּהַרְגֵהוּ» (בראשית ד: ח).ש

«CaÏN parla à son frère HeVeL; mais il advint, comme ils étaient aux champs, que CaÏN se jeta sur HeVeL, son frère, et le tua» (Gen. 4: 8)

Le meurtre d’ABel par son frère CaÏN prend place dans les champs. La terre, lieu fécond, source première de Vie, devient pour la première fois le théâtre du plus grand drame de l’Histoire humaine: le fratricide! Comment deux frères-  terme mentionné à deux reprises dans le verset-  ont-ils pu développer autant de haine et de jalousie au point que tous deux disparaîtront de l’Histoire? Nous ne connaissons point  les propos de CaÏN mais auraient-ils vraiment pu justifier l’impensable?! Nul doute que cette absence de paroles entre les deux frères, ce mutisme (אִילֵם) temporaire de CaÏN envers HeVeL a été à la source de ce débordement de violence (אָלִים) qui constitue ce meurtre prémédité.

Ces derniers, l’un homme de la terre et l’autre berger, manquent à leur mission de parfaire la Création divine par l’amour fraternel, reflet de l’amour divin sans lequel la Création serait vouée à sa destruction. Autrement dit, Noah émerge dans l’Histoire de l’Humanité à la suite de la nouvelle et profonde brisure causée par CaÏN qui, ne pouvant point contenir son irréductible pulsion de jalousie, assassine son frère HeVeL. Cette brisure originelle, prenant source déjà dans la tentation d’Eve par le serpent et la désobéissance d’ADaM au premier commandement donné par l’Eternel, va, de génération en génération, se dégrader jusqu’à aboutir à l’affront fait par la génération de Babel à l’Eternel d’atteindre le ciel, ou plutôt, de se mesurer à l’Eternel,  avec pour but de Lui faire concurrence.

Mais comment réparer cette catastrophe du meurtre de HeVeL? Assassiner un homme, enseignent les Sages d’Israël, équivaut à assassiner l’Humanité entière, en ce sens que les générations futures,  promesse d’un monde meilleur, ne verront jamais le jour (Gen. 4: 10).

Cette réparation s’opère et s’exprime par le biais de la construction de l’Arche en bois qui portera en son sein, comme une mère son enfant, les restes d’un monde brisé.

ש«עֲשֵׂה לְךָ תֵּבַת עֲצֵי-גֹפֶר קִנִּים תַּעֲשֶׂה אֶת-הַתֵּבָה וְכָפַרְתָּ אֹתָהּ מִבַּיִת וּמִחוּץ בַּכֹּפֶר» (בראשית ו, יד).ש

«Fais-toi une arche de bois de gôfèr; tu distribueras cette arche en cellules, et tu l’enduiras  וְכָפַרְתָּ, en dedans et en dehors, de poix בַּכֹּפֶר» (Gen. 6: 14).

La racine verbale K.P.R (כ.פ.ר) signifie «calmer la colère» (cf. Rashi sur Gen. 32: 21) ou «recouvrir la faute», autrement dit «pardonner» (cf. Exode 30, 16), exactement comme le Jour du Kippour (du Grand Pardon), Dieu «recouvre les fautes» des Benei Israël (Lev. 23, 26-32). De même, le propitiatoire de l’Arche d’Alliance se nomme  «KaPoReT  כַּפֹּרֶת». Ainsi, le dessein de l’édification de l’Arche vise à effacer la faute des hommes. La terre recouvre ses lettres d’honneur: la croissance du bois témoigne du retour en force à la vie de la terre alors que celle-ci cesse de «faire part de sa fécondité» (Gen. 4: 12). Puis, expulsé du Jardin d’Eden, l’Homme, par le biais de Noa’H, est rappelé à réintégrer son lieu originel. L’Arche, matrice préservatrice, passive, de toutes les espèces animales, devra accoucher d’un monde meilleur.

De plus, l’Arche de Noa’H, loin d’être totalement close et repliée sur elle-même, comprend une ouverture que traverse  la lumière du jour.

«צֹהַר תַּעֲשֶׂה לַתֵּבָה» (בראשית ו, טז).

«Tu feras une ouverture à l’arche», (Gen. 6: 16).

La racine Ts. H. R. (צ. ה. ר) renvoie au substantif YTs’HaR יִצְהָר»  (Nb. 18, 12; Dt. 7, 13; 11, 14…) signifiant «huile», cette même huile qui, d’un très haut degré de pureté, servait à allumer la Menorah du Temple (Nb. 8, 2-3), à oindre les prêtres (Ex. 29, 7), les rois d’Israël (I Sam. 16, 12-13…) et les instruments du Temple (Ex. 30, 25-28). Le livre du Prophète Zacharie mentionne le nom des deux fils de ITs’HaR  (Zach. 4, 14), Zorobabel et Josué, dont le rôle est de reconstruire le Temple, le lieu du Pardon pour Israël et l’ensemble du monde.

Quant à l’épisode de la colombe tenant une feuille d’olivier en son «bec» (Littéralement «bouche, בְּפִיהָ»), il témoigne que la Création n’est pas intégralement détruite:

ש«וַתָּבֹא אֵלָיו הַיּוֹנָה לְעֵת עֶרֶב וְהִנֵּה עֲלֵה-זַיִת טָרָף בְּפִיהָ וַיֵּדַע נֹחַ כִּי-קַלּוּ הַמַּיִם מֵעַל הָאָרֶץ» (בראשית ח, יא).ש

«La colombe revint vers lui sur le soir, tenant dans son bec une seule feuille d’olivier. Noa’H jugea que les eaux avaient baissé sur la terre». (Gen. 8: 11)

La colombe («YONaH, יוֹנָה») symbolise non seulement la Paix mais l’Alliance perpétuelle de l’Eternel avec les hommes. Lors de l’Alliance entre  les morceaux (Gen. 15, 9-18), la colombe est la seule et unique créature animale à ne  point subir la division de sa chair comme le reste des animaux (Gen. 15, 10). La Brisure n’est jamais totalement absolue. Même lorsque l’Eternel décide de détruire les cinq cités, à savoir Sodome, Gomorrhe, Adma, Tsvoyim et Tsoar en raison de l’iniquité et de leur transgression volontaire de la loi naturelle régissant la fragile formation du tissu social, il épargne la cité de Tsoar, en faveur de Lot et de ses filles.

Noah réussira-t-il finalement à sauver la Planète Terre et l’Humanité?

ש«וַיָּחֶל נֹחַ אִישׁ הָאֲדָמָה וַיִּטַּע כָּרֶם.כא וַיֵּשְׁתְּ מִן הַיַּיִן וַיִּשְׁכָּר וַיִּתְגַּל בְּתוֹךְ אָהֳלֹה.» (בראשית ט: כ-כא).ש

«Noé, cultivateur [homme de la terre] planta une vigne. 21 Il but de son vin et s’enivra, et il se mit à nu au milieu de sa tente.» (Gen. 9: 20-21).

Il semble que la dégradation morale de Noa’H, ancêtre de l’humanité ait repris de plus belle (quoique dans une moindre mesure) après le Déluge, dégradation morale favorisée par l’autorisation forcée de consommer de la chair animale:

ש«וּמוֹרַאֲכֶם וְחִתְּכֶם יִהְיֶה, עַל כָּל-חַיַּת הָאָרֶץ וְעַל כָּל-עוֹף הַשָּׁמָיִם בְּכֹל אֲשֶׁר תִּרְמֹשׂ הָאֲדָמָה וּבְכָל-דְּגֵי הַיָּם בְּיֶדְכֶם נִתָּנוּ. ג כָּל-רֶמֶשׂ אֲשֶׁר הוּא-חַי לָכֶם יִהְיֶה לְאָכְלָה: כְּיֶרֶק עֵשֶׂב נָתַתִּי לָכֶם אֶת-כֹּל» (בראשית ט: ב).ש

«Que votre ascendant et votre terreur soient sur tous les animaux de la terre et sur tous les oiseaux du ciel; tous les êtres dont fourmille le sol, tous les poissons de la mer, est livrés en vos mains». (Gen. 9: 2).

Les prophètes d’Israël promettent l’avènement d’une ère radieuse et harmonieuse où tous les êtres vivants vivront en paix:

ש«וְכָרַתִּי לָהֶם בְּרִית בַּיּוֹם הַהוּא עִם-חַיַּת הַשָּׂדֶה וְעִם-עוֹף הַשָּׁמַיִם וְרֶמֶשׂ הָאֲדָמָה וְקֶשֶׁת וְחֶרֶב וּמִלְחָמָה אֶשְׁבּוֹר מִן-הָאָרֶץ וְהִשְׁכַּבְתִּים לָבֶטַח» (הושע ב, כ)ש

« A cette époque, je ferai une Alliance en leur faveur avec les animaux des champs, avec les oiseaux du ciel et les reptiles de la terre; arcs, épées, tout attirail guerrier, je les briserai dans le pays, et je ferai en sorte que chacun y dorme en paix ». (Osée 2: 20).

Là où la  violence et la barbarie des hommes déchiraient l’image de l’autre, apparaîtra, alors,  un océan infini d’amour et de justice:

ש«לֹא-יָרֵעוּ וְלֹא-יַשְׁחִיתוּ בְּכָל-הַר קָדְשִׁי כִּי-מָלְאָה הָאָרֶץ דֵּעָה אֶת-יְהוָה כַּמַּיִם לַיָּם מְכַסִּים» (ישעיהו יא: ט). ש

«Plus de méfaits, plus de violences sur toute ma sainte montagne; car la terre sera pleine de la connaissance de Dieu, comme l’eau abonde dans le lit des mers» (Isaïe 11: 9)

Quelle sera la voie de ce long Retour cosmique, de ce Tikkoun universel tant espéré?

Si l’étude du TaNaKh vous fait rêver, n’hésitez pas à me joindre:

hebreubiblique@gmail.com

Au plaisir de vous retrouver,

Shabbat shalom!

,Avec toutes mes amitiés

Haïm Ouizemann

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